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«Le Vent se lève», le dernier rêve de Hayao Miyazaki

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Nominé aux Oscars dans la catégorie Meilleur film d’animation, Le Vent se lève vient de sortir en salles en France. Il s’agit de l’un des films les plus attendus de l’année, puisqu’il est signé Hayao Miyazaki. D’ordinaire plutôt enclin à raconter des histoires fantastiques, le grand maitre de l’animation japonaise s’inspire ici d’un personnage réel, Jiro Horikoshi, qui inventa dans les années 1930 le chasseur Zéro, un avion révolutionnaire.

Il ne faut jamais renoncer à ses rêves d’enfant. C’est ce que nous dit Le Vent se lève, l’histoire d’un homme dont le rêve vieux comme le monde est si fermement ancré en lui qu’il va l’arracher à son destin… Faute de pouvoir devenir aviateur à cause d’une vue défaillante, Jiro Horikoshi sublime son désir frustré en concevant un avion et pas n’importe lequel : le chasseur Zéro, le cercueil des kamikazes durant la Deuxième Guerre mondiale.

Le Vent se lève est le dernier film du grand maitre japonais qui, en septembre dernier, a annoncé son départ à la retraite à un parterre de journalistes médusés. À 73 ans, celui qui est considéré comme un dieu vivant par ses concitoyens ne réalisera plus de long métrage.

Un film romantique

Sa dernière œuvre dévoile tout un pan de l'histoire du Japon : le tremblement de terre de Kanto en 1923, la grande dépression et le basculement progressif du pays dans la Seconde Guerre mondiale. Mais c’est aussi un film romantique, qui raconte, en deux heures de temps, la grande histoire d’amour d’Horikoshi avec Nahoko, une jeune femme dont il a croisé la destinée en lui sauvant la vie. Pour raconter la vie de Jiro Horikoshi, Miyazaki s'est inspiré d'un roman de l'écrivain japonais Tatsuo Hori. « Ce qui m’attirait dans ces deux personnalités, c’est leur rêve. À 42 ans, Jiro a vu sa carrière d’ingénieur s’arrêter subitement. Et Tatsuo est mort de tuberculose à 48 ans. Malgré l’échec qui fut leur vie, je les aime beaucoup. »

Sorti au Japon en juillet dernier, Le Vent se lève a déclenché une violente polémique, certains l’accusant d’être anti-Japonais en décrivant les ravages créés par une science au service du politique. On peut, à l’inverse, s’étonner de l’angélisme du film qui évacue la dimension guerrière du chasseur Zéro. Mais Miyazaki, lui, n’y voit aucune contradiction. « Il est facile d’accuser des gens des dizaines d’années des faits. Mais, je pense que nier leurs actes risquerait de nous faire passer à côté de quelque chose d’essentiel. »

Des paysages nimbés de lumière

Ici, l’essentiel est plutôt le talent visuel et narratif de Miyazaki : les images d’avions volant dans des paysages nimbés de lumière ou balayés par la tempête sont incroyables. Et les correspondances entre la petite Histoire et la grande, le roman familial et le roman historique, le contraste entre séquences oniriques aux couleurs et aux formes extravagantes et la réalité tragique de la guerre, approchent de la perfection, composant un film d’une beauté et d’une intelligence à couper le souffle. 

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