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    Mathilde Monnier mène la danse au CND

    media La directrice générale Mathilde Monnier dans son bureau au Centre National de la Danse (CND) à Pantin (Seine-Saint-Denis). Siegfried Forster / RFI

    Elle est la nouvelle patronne du Centre national de la danse (CND) à Pantin. Un outil unique au monde sur 7 000 mètres carrés, doté d'un budget annuel de 10 millions d’euros. À 54 ans, Mathilde Monnier proclame pour cette institution « l’image d’une danse en mouvement ». Précurseur dans la collaboration avec les danseurs africains, connue pour son audace en tant que danseuse, chorégraphe et directrice du Centre chorégraphique à Montpellier, elle constate en guise de fil conducteur : « Le CND n’a peut-être pas eu ce développement international qu’il devrait avoir ». Nommée fin 2013 directrice générale, Mathilde Monnier dévoile pour RFI les grandes orientations de ce centre d'art pour la danse en 2014. Entretien.

    Vous avez toujours déclaré de travailler sur les bords de la danse. Aujourd’hui, vous vous retrouvez à la tête du plus grand centre de danse en Europe.

    Je ne crois pas qu’il y a une évolution logique dans ce parcours et dans cette nomination. Pour moi, c’est plutôt une surprise. C’est peut-être la suite de ce que je commençais à développer à Montpellier. Puisqu’au Centre chorégraphique à Montpellier, j’avais dépassé mon rôle de chorégraphe et je voulais être un peu comme un curateur, quelqu’un qui invite aussi les autres à travailler dans le lieu.

    Ces dernières années, vous et beaucoup d’autres parlaient du CND comme un lieu « mortifère », « manquant d’élan », etc. Successeur de l’énarque Monique Barbaroux, vous êtes la première chorégraphe qui dirige le CND. Qu’est-ce que cela va changer ?

    Je crois que le lieu doit évoluer. Le lieu a une histoire très particulière. Au départ, il réunissait plusieurs associations qui travaillaient sur différents champs dans la danse. C’est un lieu qui doit à la fois être un lieu de ressources professionnelles vers la profession et à la fois vers le public. De mettre à la direction quelqu’un qui vient du milieu professionnel, cela va peut-être ramener une nouvelle dynamique et un lien plus direct avec la profession. C’est extrêmement important que la profession et le public sachent pourquoi ce lieu existe, qu’ils viennent aussi à voir des spectacles.

    Le CND devrait-il avoir le même rôle que celui du CNC pour le cinéma ?

    Cela doit être un espace ressource un peu à tous les niveaux, avec un point de vue national, mais aussi international. La danse a été toujours internationale. Cette dimension, il faut la redynamiser. Aujourd’hui, le CND n’a peut-être pas ce développement international qu’il devrait avoir et qui est pour les artistes professionnels une chose assez « normale ». Tous les artistes professionnels en danse voyagent beaucoup. Ils ont toujours leur valise à la main. Ils se passent d’un lieu à l’autre. Donc ce partenariat avec des lieux internationaux est extrêmement important.

    Au-delà du CND, quelle est pour vous aujourd’hui la place de la danse contemporaine en France et la place de la danse contemporaine française au niveau international ?

    C’est assez étonnant. Après la grande vague des années 1980, il y a eu une vague des années 1990 où l’on a vu sur une danse plus conceptuelle que la danse continuait à évoluer. Il continue d’être une forme de – je ne dirais pas modèle -, mais il y a une vraie tendance française d’invention. Dans les années 2010, on est toujours très innovateur. D’abord, la danse française invite beaucoup, donc on voit beaucoup de choses en France. Et il y a plusieurs écoles en France, ce qui est très dynamisant pour impulser de nouveaux chorégraphes, de nouveaux travaux. Aujourd’hui, la danse française est un point repère et elle est très observée par l’international. Le ministère de la Culture, les festivals, les Centres chorégraphiques nationaux (CCN), tout ce dispositif est encore très puissant.

    Le Centre National de la Danse (CND) est situé sur le canal de l'Ourcq. Siegfried Forster / RFI

    Vous avez passé une grande partie de votre enfance en Afrique, au Maroc, grâce à un père industriel dans le textile. En 1993, vous avez présenté une Antigone noire, c’était la première fois qu’on avait tendu la main aux danseurs burkinabé. 20 ans plus tard, le Festival d’Avignon a conçu une édition 2013 très « africaine ». L’Afrique et la danse, est-ce que c’est une direction que vous allez poursuivre avec le CND ?

    L’Afrique était quelque chose de très important dans mon parcours. À la fois d’aller en Afrique et aussi de découvrir des artistes, de les aider à faire leurs compagnies, de promouvoir leur travail. Aujourd’hui, je n’ai pas véritablement un axe directement vers l’Afrique, même si c’est quelque chose qui me tient beaucoup à cœur, mais je voudrais être beaucoup plus large dans ma relation à l’international. Aujourd’hui, il ne s’agit pas de privilégier juste une direction.

    Sans parler de direction privilégiée, avez-vous prévu un partenariat, des échanges ou des formations avec l’Afrique ?

    L’Afrique va rester forcément un partenaire privilégié. Après, cela fait plus que 20 ans que je travaille avec les compagnies africaines. Le centre chorégraphique à Montpellier a été le premier partenaire de la Termitière à Ouagadougou (Centre de développement chorégraphique) avec Salia Sanou et Seydou Boro. J’ai aussi beaucoup de liens avec des artistes en Afrique du Sud. Je suis très proche de Robyn Orlin, une danseuse et chorégraphe que j’ai accompagnée presque depuis le début. Pour moi, ce qui est important, ce n’est pas d’isoler l’Afrique en disant : voilà l’Afrique, mais d’essayer de faire le lien entre des artistes africains et d’autres artistes internationaux. C’est-à-dire de ne jamais isoler une esthétique ou une culture, mais, au contraire, de créer du dialogue. Le CND doit être un lieu du dialogue pour rencontrer d’autres artistes, pour rencontrer d’autres arts.

    Il y a 20 ans, les institutions françaises vous ont refusé une tournée en Afrique avec votre pièce Pour Antigone déclarant que votre spectacle n'était « pas assez français ». Aujourd’hui, un chorégraphe français qui travaille avec des danseurs africains ou une chorégraphe française qui travaille avec des danseurs indiens, est-ce que ce sont des spectacles français pour vous ?

    Je ne pense pas du tout les choses comme ça. Toutes les créations migrent en permanence. Aujourd’hui, une « création française », cela ne veut pas dire grande chose, parce que les danseurs viennent partout. En ce moment, il y a beaucoup d’Asiatiques. Il se passe quelque chose d’incroyable avec l’Asie, mais aussi avec l’Amérique du Sud, notamment le Brésil. Il y a beaucoup d’artistes qui viennent en Europe. Déjà, on est dans l’Europe et les danseurs avaient anticipé l’Europe depuis très longtemps. Donc ce côté franco-français, pour moi, cela n’a pas de sens.

    Les axes audacieux de Mathilde Monnier, directrice générale du CND 03/02/2014 - par Siegfried Forster Écouter

    En tant que chorégraphe, vous êtes connue et reconnue pour votre audace. Vous avez travaillé avec des malades en phase terminale, avec des autistes, avec le chanteur déjanté Philippe Katerine, avec l’écrivain Christine Angot… Le fil conducteur du CND sera-t-il « l’audace » ?

    L’audace est très importante, parce que, autrement, il ne faut pas prendre la tête d’une telle maison, il faut être un peu inconscient et puis aller de l’avant et foncer. Une de mes premières idées est de voir comment je pourrais inviter des artistes et des chercheurs à travailler avec les ressources du lieu. Cela va être un des axes audacieux.

    Le plus important changement que vous avez prévu au CND pour 2014 ?

    Cela va être de rendre le lieu très accessible à tous les publics. Que le lieu soit très convivial, de travailler sur cet accueil du public, un accueil très ouvert à la fois sur la ville de Pantin et de Paris. Et puis d’arriver que plus de professionnels viennent dans ce lieu. C’est ça le grand changement.

    Le CND fête cette année ses dix ans à Pantin. Jusqu’ici, c’est mission accomplie ?

    Le paradoxe avec ce type d’institution est qu’elle donne l’impression qu’elle ne peut pas bouger, mais moi, au contraire, je souhaite qu’elle donne l’image d’une danse en mouvement, d’une danse qui évolue. Mon pari et mon audace vont se situer là.

    On vit dans un monde extrêmement bouleversé. On a pu observer le côté politique de la danse lors des révolutions et manifestations en Tunisie, en Turquie, au Maroc, en Égypte. En France, est-ce que la danse a encore un impact sur la société et sur la politique ?

    C’est l’art qui a un impact sur la politique. Dans ce monde en difficulté et en crise, l’argent est une des valeurs. Je crois qu’on a besoin d’autres valeurs symboliques. Le spectacle, la danse et l’art en font partie. Je voudrais faire au CND un gros programme sur la jeune enfance : qu’est-ce que l’art représente dans notre vie ?

    ________________________

    → Le site du CND

    → Le 14 et 15 février, Mathilde Monnier présente au Centre Pompidou une nouvelle version de sa pièce chorégraphique Soapéra, créée en 2009 par la chorégraphe et le peintre Dominique Figarella.

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