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    Jihadistes français en Syrie: une démarche solitaire?

    media Des manifestants ont défilé le 8 février à Strasbourg pour s'élever contre l'endoctrinement des jeunes à aller mener le jihad en Surie. AFP/Frédéric Florin

    La publication ce jeudi par France 24 et Libération du témoignage d’un jihadiste français en Syrie, ainsi que les multiples affaires judiciaires ayant lieu en France actuellement, permettent de mieux appréhender les ressorts qui poussent des Français à partir faire le jihad. Avec, en premier lieu, des phénomènes de radicalisation solitaire et l’absence de filière organisée.

    Le témoignage du jihadiste français Salahoudine al-Faransi, publié par France 24 et Libération, est édifiant :« Dès le début du conflit syrien, en 2011, j’ai mal supporté l’indifférence du monde à l’égard de mes frères musulmans. […] Dans les mosquées françaises, on ne te parle pas de ça. […] On ne te dit jamais que dans un contexte d’affrontement, l’islam, c’est œil pour œil, dent pour dent. Ca, je l’ai appris sur Internet. »

    « Je n’allais pas bien à l’époque [en décembre 2011], poursuit-il, j’avais arrêté d’aller à la fac, je passais mes journées dans ma chambre à regarder des vidéos, à cliquer de lien en lien. C’est comme ça que je me suis radicalisé, en regardant des prêches d’imams extrémistes, des vidéos appelant au jihad. »

    Prise de conscience ou radicalisation ?

    Combats près de la place al-Milh à Alep, le 7 février 2014. REUTERS/Abdalrhman Ismail

    Qu’il s’agisse de Salahoudine, 27 ans, qui s’est rendu en Syrie avec sa famille et qui a répondu aux questions de notre consœur de France 24, ou de Fares Farsi, jugé le mois dernier avec deux autres personnes pour avoir essayé de se rendre en Syrie y mener le jihad, l’explication qu’ils donnent de leur radicalisation est la même. Idem pour les deux adolescents toulousains de 15 et 16 ans, suspectés d’avoir voulu réaliser le même voyage et dont Le Monde daté du 13 février retrace le périple.

    Si, comme Salahoudine, certains rejettent le terme de « radicalisation » pour lui préférer une « prise de conscience », le but final que leur reproche la justice française est le même : l’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Et plus on en apprend sur leur histoire, plus on se rend compte que si cette radicalisation peut se faire seul, avec Internet, Youtube et Facebook. Le périple vers les champs de bataille syriens peut se faire de la même façon, sans filière ou logistique.

    « Je n’ai fréquenté aucun réseau », écrit Salahoudine. « J’ai préparé mon voyage tout seul, pendant une semaine entière, j’ai retiré 1 000 euros par jour à la banque. Puis, ce fut le grand départ. Depuis Lyon, nous avons transité par avion à Istanbul, Antalya puis Hatay, en Turquie, avant d’atteindre, en car, Killis, à la frontière turco-syrienne. »


    Les deux adolescents toulousains auraient suivi le même parcours en France, car il n’y a plus besoin d’autorisation de quitter le territoire signée par les parents pour voyager à l’étranger. A cette différence près, qu’ils avaient, eux, un contact sur place, rencontré sur Facebook et qui a fourni une feuille de route. Fares Farsi et ses comparses avaient le même plan, mais se sont fait arrêter à l’aéroport de Saint-Etienne avant d’avoir pu décoller.

    Sur place, Salahoudine en était sûr : « Je vais mourir. » Les deux adolescents, eux, ont pris peur et ont décidé de rentrer. Tous ont cependant été en contact avec des groupes terroristes, qu’il s’agisse de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) ou du Front al-Nosra, proche d’al-Qaïda.
     

    Manifestation d'opposants syriens à Genève, le 24 janvier 2014. REUTERS/Jamal Saidi

    Si Salahoudine n’imagine pas rentrer, ceux qui le font ou qui n’ont pas pu quitter la France doivent répondre aux questions de la justice. Prendre les armes pour aller combattre en Syrie, ou entreprendre les démarches pour le faire, peut valoir une inculpation pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Un crime passible de dix ans d’emprisonnement.

    Et cela soulève des questions, comme l’a plaidé Mathieu de Valois, l’avocat de Fares Farsi lors de son procès en janvier. Peut-on condamner une intention, sans que celle-ci ne se soit réalisée ? Quelle différence y a-t-il entre une personne qui rejoint un groupe terroriste en Syrie, et une autre qui rejoint les rangs de l’Armée syrienne libre (ASL), alors qu’elles combattront toutes les deux le même ennemi, le régime de Bachar el-Assad ?

    Deux cent cinquante jihadistes français en Syrie

    « Le tribunal part du postulat que jihad = terrorisme », regrette Me de Valois.« C’est assez gênant car on n’est pas sur une qualification d’association de malfaiteurs en vue de faire le jihad, mais dans le cadre d’une association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme, ce qui a des critères bien spécifiques qui, à mon sens, ne sont pas remplis dans le cadre du jihad », fait-il remarquer. Dans cette affaire, le tribunal correctionnel de Paris a mis sa décision en délibéré au 7 mars prochain. 

    Du côté de la défense des deux adolescents toulousains, on regrette que le seul fait qu’ils se soient rendus en Syrie leur vaille des poursuites judiciaires. Yassine Bouzrou est l’avocat de l’un d’entre eux, et selon lui, il n’a jamais été question pour eux de se battre en Syrie. Ils s’y sont rendus pour des raisons humanitaires, contrairement à ce qu’affirme la presse : « Du haut de ses 15 ans, lui qui n’a jamais combattu de sa vie n’avait pas la prétention de faire la guerre. Simplement, il souhaitait apporter une aide aux civils sur place, et ce, quelle que soit sa religion. »

    Selon le ministère de l’Intérieur, ce sont quelque deux cent cinquante Français qui combattent actuellement en Syrie. Le parquet de Paris, qui a une compétence nationale pour les affaires de terrorisme, a trente-quatre procédures en cours. Vingt-cinq personnes sont pour l’instant mises en examen, dont quatorze en détention provisoire. Point commun à tous ces dossiers : les enquêteurs ne font pas face à des filières ou des réseaux d’acheminement. Il s’agit plutôt d’une diffusion virale de l’information, facilitée par des contacts en Turquie, dont les noms reviennent fréquemment dans les investigations.

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