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    France

    La filière Cannes-Torcy, une filière islamiste à la française

    media Explosion d'une bombe dans un supermarché casher à Sarcelles, en banlieue nord de Paris, le 19 Septembre 2012.

    La Direction centrale du renseignement intérieur s'est félicitée cette semaine d'avoir déjoué à la dernière minute un attentat en préparation sur la Côte d'Azur. Suite à l'arrestation d'un suspect à son retour de Syrie, où il était parti faire le jihad, la perquisition de sa dernière planque a en effet permis de mettre la main sur 900 grammes d'explosif. Cet homme appartenait à la filière dite de « Cannes-Torcy ».

    La filière Cannes-Torcy s'est manifestée pour la première fois en septembre 2012, quand une épicerie casher Naouri a été attaquée à la grenade, à Sarcelles, en banlieue parisienne. Fort heureusement, cette grenade, de fabrication yougoslave, s'était coincée sous un chariot, ce qui a permis d'éviter un carnage. Un mois plus tard, les enquêteurs ont arrêté leurs premiers suspects, à Paris, à Cannes et à Strasbourg, et ils ont découvert dans le box d'un parking souterrain de quoi fabriquer des bombes aussi puissantes que celles qui avaient dévasté les stations Saint-Michel et Port-Royal lors des attentats de 1995 et 1996. Le procureur de Paris, François Mollins, a alors considéré le groupe, rebaptisé « Cannes-Torcy », comme le plus dangereux en France depuis les années 1990. Cette réputation ne s'est pas démentie depuis.

    Pourtant, c'est une filière aujourd'hui en grande partie démantelée. Le chef du groupe, Jérémie Louis-Sidney a été abattu le 19 septembre 2012 lors de son interpellation et son bras droit, Jérémy Bailly, a été arrêté par la DCRI trois jours plus tard. A ce jour, vingt-et-une personnes ont été interpellées et une dizaine d'entre elles sont toujours derrière les barreaux. Les deux derniers suspects arrêtés le mois dernier étaient des amis d'enfance, originaires du Cannet, partis faire le jihad pour échapper aux poursuites en France. Dans l'appartement discret qu'Ibrahim B. occupait au dernier étage d'une résidence de luxe à Mandelieu, les enquêteurs ont retrouvé récemment une arme de poing, des vis, des clous, et des canettes remplies d'un explosif rudimentaire : le TATP, celui-là même qui a été utilisé en 2011 lors des attentats de Marrakech. Il y en avait presque un kilo. La DCRI, qui avait l'intuition avant la perquisition de mettre la main sur une sorte de laboratoire clandestin, est persuadée d'avoir évité le pire. De retour de Syrie, le suspect avait manifestement l'envie de « punir la France », sans que l'on sache encore quelle cible il visait.

    Pieds-nickelés peut-être, dangereux sans aucun doute

    En fait, ce n'est pas la première fois que les plans de la filière « Cannes-Torcy » sont déjoués à la dernière minute, soit en raison de l'amateurisme du groupe, soit en raison de l'action des forces de l'ordre. Ainsi, dans l'ordinateur de Jérémy Bailly, les enquêteurs ont, semble-t-il, trouvé la trace d'un projet d'attaque concernant une enseigne de restauration rapide située à Lognes, en Seine-et-Marne, mais le projet aurait échoué en raison d'une panne de réveil de l'un des membres du groupe ! Plus sérieusement, le même Jérémy Bailly détenait une liste de cibles potentielles comprenant plusieurs associations juives, dont le Conseil représentatif des institutions juives de France, ainsi que l'adresse d'un juge antiterroriste très connu, dont il souhaitait se venger à tout prix.

    Si les enquêteurs se sont peu méfiés au départ de ces « apprentis terroristes », c'est que rien en eux ne retenait vraiment l'attention. On avait plutôt affaire à des jeunes gens un peu paumés, sans formation ou presque, à la limite de la délinquance, pour la moitié d'entre eux convertis à l'Islam, fréquentant assidûment internet mais sans grande culture. Il a fallu qu'ils soient interpellés pour que la police et leur entourage découvrent à la fois et leur dérive, et leur endoctrinement, et leur détermination. Cela dit, en ce qui concerne les deux derniers suspects arrêtés récemment, la menace est clairement montée d'un cran, dans la mesure où ces deux-là revenaient d'une scène de guerre, plus affûtés et plus désireux que jamais d'agir. Le retour en France de jihadistes français, prêts à commettre le pire, est d'ailleurs un sujet de préoccupation majeur des autorités : il fait partie des thèmes abordés lundi dernier lors d'un conseil de défense restreint. Un plan de lutte contre les filières islamistes, pour l'instant encore secret, a été adopté à l'Elysée.

     

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