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    France

    Mariage pour tous: un an après, les catholiques toujours divisés

    media Défilé de la Manif pour tous en février dernier contre la loi portant sur le mariage homosexuel. Reuters/Robert Pratta

    Pâques coïncide cette année avec l'anniversaire de la loi sur le mariage pour tous en France. Mercredi cela fera un an que le Parlement a adopté la loi Taubira autorisant le mariage homosexuel qui avait donné lieu à des débats houleux. Les partisans du mouvement de la Manif pour tous avaient organisé des manifestations géantes, parfois teintées de violences.

    Les représentants religieux et en particulier les catholiques avaient pris position contre. Un an après, le dialogue entre catholiques progressistes et conservateurs peine à se rétablir.

    Les catholiques étaient particulièrement nombreux dans les manifestations d'opposition à la loi Taubira dite du « mariage pour tous » autorisant le mariage civil entre personnes de même sexe. Le mariage a un sens particulier pour les catholiques, c'est un sacrement - comme le baptême par exemple. Monseigneur Patrick Jacquin, recteur et archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris explique que pour le clergé, la famille est fondée sur le mariage, qui est une union établie par Dieu et donc sacrée. « On estime toujours que le mariage est une union entre un homme et une femme pour faire des enfants, explique-t-il. Si des gens veulent faire autrement et si l’Etat décide autrement, on l’entend. Mais pourquoi appeler ça "mariage" ? Cela peut être un pacte républicain par exemple ! Pour nous, le mariage c’est pour faire des enfants », insiste Mgr Jacquin. Ce sont donc les termes « mariage » et « famille » qui sont importants aux yeux des catholiques. Un an après l’adoption du mariage homosexuel, l'institution religieuse ne semble pas vouloir faire évoluer sa vision.

    Les mentalités évoluent

    Pourtant les sondages d’opinion montrent qu’environ 40 % des catholiques pratiquants sont favorables à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Un chiffre qui est resté stable tout au long du débat dans la société française. La loi a donc fait apparaître au grand jour différents courants au sein de l'Eglise : ceux qui sont favorables à l’évolution des mœurs, les progressistes, et ceux qui ne le sont pas, les conservateurs et les identitaires. Nicolas Neiertz est co-président du mouvement homosexuel chrétien David & Jonathan. L’association a milité pour la loi et aujourd'hui, il veut porter un nouveau regard sur les événements d'il y a un an. « Les catholiques relisent ce qui s’est passé avec du recul et se demandent comment on a pu en arriver là. Comment y a-t-il pu y avoir une telle violence dans certains discours, y compris d’autorités religieuses catholiques ? » Il estime d’ailleurs que certains « sont sortis de leur rôle en tenant un discours politique ».

     ►A (RE)ECOUTER : La Manif pour tous se remobilise

    Nicolas Neiertz pense toutefois que les catholiques tentent maintenant de se réconcilier, « de renouer le dialogue ». « Dans tout le pays, des gens qui n’avaient jamais vu un couple de même sexe voient ces couples se marier. Ils voient que ce sont des gens normaux, qui s’aiment et ça les fait changer. Ça les fait évoluer ».

    Le « baroud d’honneur » des identitaires

    Il compte beaucoup sur le nouveau pape François qui se montre plus ouvert que son prédécesseur. Mais le pape pourra-t-il réformer l’Eglise sur ces questions de société qui s’attaquent à des sujets essentiels aux yeux des catholiques ? La mobilisation des catholiques identitaires, sentant leurs convictions mises en danger par la loi du mariage pour tous, a été forte. Pour le sociologue des religions Olivier Bobineau, l’Eglise doit changer si elle veut survivre à son époque, car la société évolue et les mœurs se libèrent. « Le premier pilier de la société paroissiale qui a structuré l’occident chrétien s’effondre avec cette loi qui atteint le mariage, le sacré. Le deuxième pilier, le prêtre qui incarne une perfection, s’est déjà effondré avec le scandale des prêtres pédophiles. On s’est rendu compte qu’ils sont des hommes comme les autres ». Pour lui, la loi du mariage pour tous a montré les limites de l'institution religieuse. « Elle a provoqué un sursaut identitaire et c’est un baroud d’honneur », analyse-t-il. En même temps, Olivier Bobineau n’est pas sûr que le changement soit proche, au vu des critiques de plus en plus nombreuses des catholiques identitaires « sur internet notamment » contre le nouveau pape plus progressiste. Et puis, dit-il, « l'Eglise a toujours réussi à passer toutes les épreuves, tous les âges, depuis 1 500 ans ».

     ►A (RE)ECOUTER : Quid du mariage gay ?

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