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    France

    Sofitel de New York, trois ans après, que sont-ils devenus ?

    media Dominique Strauss-Kahn entouré des policiers du NYPD, le 15 mai 2011. REUTERS/Mike Segar

    Le 14 mai 2011, éclatait l’affaire du Sofitel de New York. Le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, donné favori de l’élection présidentielle française de 2012, était arrêté pour agression sexuelle sur Nafissatou Diallo, une femme de chambre. Trois ans après, que sont devenus les principaux acteurs de ce scandale ?
     

    Reuters

    Dominique STRAUSS-KAHN
    Politiquement détruit par l’affaire du Sofitel qui l’a obligé à renoncer à la primaire socialiste pour la présidentielle de 2012 puis par l’affaire du Carlton de Lille dans laquelle il est mis en examen pour proxénétisme aggravé (jugement l’année prochaine), l’ancien directeur du Fonds Monétaire International a mis plus d’un an à retrouver de l’oxygène.

    Tourmenté par son dos, quitté par Anne Sinclair au printemps 2012 et lâché par la plupart de ses amis, il s’est ressaisi en créant en septembre 2012 Parnasse, une société de conseil en gestion.
    Grillé sur la scène politique, il met désormais toute son énergie dans les affaires et s’est constitué en peu de temps un joli pactole. Après Parnasse, il s’est associé avec le financier Thierry Leyne pour créer LSK, une banque d’affaires, puis il a fondé en mars DSK Global Investments, une société de conseil en placements où l’a rejoint Vanessa, l’aînée de ses trois filles. Jouissant toujours d’un immense crédit à l’international où son expertise continue d’impressionner, il est l’interlocuteur privilégié de nombreux pays, du Soudan à la Russie, en passant par la Serbie ou la Corée.

    Sur le plan privé, il s’est trouvé, indirectement cette fois, au cœur d’un nouveau scandale lorsqu’en février 2013, l’écrivaine Marcela Iacub a publié « Belle et Bête », un récit autobiographique dans lequel elle relatait, avec force détails, une liaison avec DSK qu’elle dépeint comme un être « mi-homme, mi-cochon ». Depuis, il s’est affiché en compagnie de Myriam L’Aouffir, une responsable de communication de vingt ans sa cadette travaillant pour France Télévisons. Hasard ou coïncidence, c’est sur France 2 que l’ancien directeur du FMI fera son retour jeudi 15 mai dans L’Aventure de l’Euro présenté par David Pujadas. Ce samedi enfin, le film d’Abel Ferrara Welcome to New York, inspiré de l’affaire du Sofitel, sera visible sur internet uniquement, suite à des pressions qu’aurait subi la production, preuve que, trois ans après, l’affaire demeure radioactive. Il sera néanmoins projeté au festival de Cannes mais pas au palais, décision tardive prise seulement ce mercredi par les organisateurs.

    Reuters

    Anne SINCLAIR
    Au cœur de la tourmente, elle a courageusement selon les uns, aveuglément selon les autres (mais l’amour ne rend-il pas aveugle ?) défendu l’homme qu’elle avait épousé vingt ans plus tôt. Sautant dans le premier avion pour New York, elle a accouru pour être aux côtés de DSK dès les premiers instants, se dépensant, et dépensant, sans compter pour organiser la défense de son mari. Arguant qu’ « on ne quitte pas un homme à terre », elle l’a accompagné dans tous les étapes de son combat judiciaire au pénal, avant de prendre ses distances fin 2011 et de se séparer de DSK au printemps 2012.
    Entretemps, l’ancienne présentatrice de 7 sur 7 (émission dominicale à succès qu’elle présenta sur TF1 de 1984 à 1997, ndlr) s’était vu confier la direction éditoriale de la version française du site américain d’information The Huffington Post, lancée en janvier 2012. Le 28 décembre 2013, elle a officialisé sa relation avec l’historien Pierre Nora lorsqu’elle l’a accompagné à l’Elysée où l’académicien a été élevé au grade de Grand officier de la Légion d’Honneur. Le 22 avril, Anne Sinclair s’est pour la première fois confiée en détail sur l’affaire du Sofitel lors de l’émission Un Jour, Un Destin sur France 2.

    Elle a reconnu « être tombée de l’Olympe pour se retrouver dans un cul de basse-fosse » le jour de l’arrestation, au point qu’elle avoue se demander encore à propos de cette histoire -« est-ce que je l’ai vraiment vécue ou est-ce que ça a été un moment de cauchemar ? »-. Ne croyant ni au viol - « je sais que ce n’est pas le cas » -ni au complot -« il n’y a pas eu de complot (mais) je pense qu’il y a eu une volonté d’amplifier beaucoup de choses »-, elle a eu cette phrase définitive sur le comportement de son ancien conjoint: « alors qu’il était à la veille d’une élection, je pense que c’était infantile, pas à la hauteur de l’homme que je croyais qu’il était, ni au destin qu’il ambitionnait ».

    REUTERS/Shannon Stapleton

    Nafissatou DIALLO
    Emportée dans un tourbillon qui la dépassait totalement, la femme de chambre guinéenne du Sofitel - qui ne savait ni lire, ni écrire au moment de l’agression sexuelle - a fini par trouver un terrain d’entente avec DSK pour retirer sa plainte au civil moyennant finances en décembre 2012 (une fois ses avocats payés, il lui serait resté autour d’1 million de dollars). Extrêmement discrète, la Guinéenne âgée aujourd’hui de 35 ans aurait élu domicile dans une banlieue chic au nord de New York où elle s’occuperait de sa fille adolescente qu’elle veut accompagner dans la poursuite de ses études.

    Elle avait fait sa première apparition publique le 28 juillet 2011, six semaines après les faits, à la sortie de son audition par le procureur de Manhattan Cyrus Vance Jr. Trois jours auparavant, elle avait accordé deux interviews exclusives (et très vraisemblablement rémunérées) au magazine Newsweek et à la chaîne ABC, interviews dans lesquelles elle affirmait qu’elle était déterminée à ce que Dominique Strauss-Kahn « aille en prison ».
    Accusée par certains d’être l’instrument d’un complot, et même suspectée d’être une prostituée à mi-temps, elle a toujours cherché à laver son honneur. Décrédibilisée pour avoir menti afin d’obtenir le droit d’asile lors de son arrivée aux Etats-Unis den 2004, elle a été déboutée au pénal le 23 août 2011 pour ne pas avoir donné une version cohérente de l’agression dont elle avait été victime. Mieux conseillée ensuite par ses avocats Kenneth Thompson et Douglas Wigdor, elle a fini par avoir gain de cause au civil en obtenant un dédommagement financier conséquent mais pas exorbitant, au vu du contexte new yorkais. Abandonnée de tous au plus fort de la tempête, hormis de ses avocats, elle se reconstruit peu à peu, semble-t-il dans la solitude.

    REUTERS/Brendan McDermid

    Kenneth THOMPSON
    L’avocat principal de Nafissatou Diallo, avec son associé Douglas Wigdor, a habilement mené le dossier même si, au départ, il a perdu la première manche au pénal face aux stars du barreau new yorkais engagés par Dominique Strauss-Kahn. Nullement impressionné par l’ampleur du scandale du Sofitel, il avait déjà eu à travailler en tant qu’assistant du procureur sur une affaire très médiatisée mettant en cause un policier coupable de violence extrême et de torture sur un Haïtien en 1997. La victime avait fini par être indemnisée de plus de 8,7 millions de dollars, un record dans une affaire impliquant le NYPD, le New York City Police Department.

    Confronté à un rapport du procureur dévastateur pour la crédibilité de la victime du Sofitel, il a su se montrer manœuvrier et opiniâtre, allant par exemple jusqu’à faire traduire à nouveau une conversation téléphonique jugée incriminante entre Nafissatou Diallo et son fiancé incarcéré dans une prison de l’Arizona. Le procureur avait fait traduire les propos par un interprète peul du Sénégal qui avait mal retranscrit les propos prononcé en dialecte foulani de Guinée, faisant du même coup tomber l’accusation de complot.
    Tout au long de la procédure au civil, il a su protéger sa cliente et lui faire garder le même cap, en ne variant jamais d’un iota sa déposition. Même s’il n’a pas obtenu autant d’argent qu’escompté en dédommagement, Kenneth Thompson a rétabli l’honneur de sa cliente et lui a permis de refaire sa vie. La publicité autour de l’affaire lui a par ailleurs servi quand il s’est présenté à la candidature de Procureur de district (District Attorney) à Brooklyn, devenant en septembre dernier le premier Noir à occuper ce poste de pouvoir très convoité.

    ®Reuters

    Benjamin BRAFMAN
    En choisissant pour le défendre Benjamin Brafman sur les conseils de son avocat de Washington William Taylor, Dominique Strauss-Kahn savait qu’il visait juste. Non content de connaître toutes les arcanes du système judiciaire new yorkais, l’avocat originaire de Brooklyn avec sa langue bien pendue et son allure de Joe Pesci du barreau avait déjà tiré de l’embarras des célébrités comme la pop star Michael Jackson, les rappeurs Puff Daddy et Jay-Z ou le joueur de football américain Plaxico Burress, pour n’en citer que quelques-uns.

    D’emblée, il discerne le point faible de l’accusation et attaque la crédibilité de Nafissatou Diallo, une tactique qui s’avère payante, Dominique Strauss-Kahn étant relaxé deux mois à peine après les faits, à la fin août 2011. Gagnant au pénal, Benjamin Brafman ne s’est pas occupé du procès au civil. De nationale, sa notoriété est devenue internationale, grâce à DSK et Anne Sinclair, « deux personne remarquables » qui l’ont impressionné par leur capacité à « garder leur dignité dans les circonstances les plus délicates ».

    Malgré tout son talent, il lui arrive de ne pas parvenir à ses fins comme dans le cas désespéré de Cameron Douglas, le fils de l’acteur Michael Douglas, multiple récidiviste dans des affaires de stupéfiants et actuellement incarcéré en Pennsylvanie. Et s’il est parvenu à faire libérer le jeune playboy Julien Chabbott qui avait roulé sur les pieds d’un policier avec sa Ferrari l'été dernier, il n’a pu éviter la prison à Hillel Nhamad, le fils d’un milliardaire accusé de blanchiment d’argent et d’organiser des parties de poker clandestines auxquelles participaient des stars de Hollywood. Benjamin Brafman s’est également distingué en aidant financièrement un jeune couple dont les fiançailles avaient été ruinées par l’ouragan Sandy.

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