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    Jean-Marie Le Pen, 30 ans de propos provocateurs

    media Le fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, le 18 janvier 2014 à Nice. REUTERS/Eric Gaillard

    En parlant de faire une « fournée » du chanteur Patrick Bruel, le président d’honneur du FN, Jean-Marie Le Pen, n’a fait qu’allonger sa liste de « bons mots » distillés depuis trente ans.

    Fin mai, Jean-Marie Le Pen avait évoqué « monseigneur Ebola » pour « régler » les problèmes d’immigration. Le voilà qui vient de récidiver en parlant de faire une « fournée » de Patrick Bruel qui s’était alarmé du score du FN lors des élections européennes. Et cette fois, sa fille Marine ne l’a pas défendu, tout comme les ténors du parti d'extrême droite qui ont condamné unanimement un propos jugé « intolérable » et « stupide ».

    Face à cette levée de boucliers, Jean-Marie Le Pen s’est fendu d’un communiqué publié sur le site du Front national : « Le mot " fournée " que j’ai employé dans mon journal de bord hebdomadaire n’a évidemment aucune connotation antisémite, sauf pour des ennemis politiques ou des imbéciles. » Il n’empêche que depuis trente ans, le président d’honneur du FN est coutumier de ce type de sorties.

    • Le Pen et l’histoire

    Dans les années 1980, le Front national, créé en 1972, est un parti en pleine ascension. En 1982, il crée la surprise en obtenant 12,5% des suffrages lors des élections cantonales à Dreux. Deux ans plus tard, il enregistre 10,95% des voix aux européennes. En 1986, il obtient 35 sièges de députés à l’Assemblée nationale. Jean-Marie Le Pen commence alors à être un habitué des plateaux de télé. Invité sur le plateau du Grand Jury-RTL en septembre 1987, lui qui se dit « passionné par l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale » prononce cette phrase restée célèbre 27 ans plus tard : « Je ne dis pas que les chambres à gaz n’ont pas existé […], mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ».

    Six millions de juifs tués dans les camps de concentration, un détail, vraiment ? Visiblement troublé par les questions des journalistes, le président du Front national tente de relativiser comme il peut. Il récidivera cependant en 2005 en déclarant dans les colonnes du magazine d’extrême droite Rivarol : « En France du moins, l'Occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés. » Jean-Marie Le Pen sera condamné en 2012 à trois mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende pour contestation de crime contre l'humanité.

    • Le Pen et les jeux de mots

    Jean-Marie Le Pen n’est pas seulement un amoureux d’histoire, il est aussi un grand amateur de calembours. Le ministre de la Fonction publique Michel Durafour en fait d’ailleurs les frais en 1988 lors de l’université d’été du Front national. « Monsieur Durafour et du moulin », commence, visiblement content de lui, le patron du FN. Et d’enchaîner quelques secondes plus tard : « Monsieur Durafour crématoire ». Ses sympathisants apprécient, la justice beaucoup moins : le propos lui vaudra d’être condamné en 1993 à 10 000 francs d’amende (1 500 euros) pour « injure publique ».

    Les jeux de mots ne lui réussissent décidément pas. En 2012, alors qu’il a laissé la présidence du parti à sa fille l’année précédente, il se fend d’un nouveau « trait d’esprit » à l’encontre des Roms : « Les Roms volent naturellement, comme les oiseaux ». Il est condamné à 5 000 euros d’amende, une condamnation qu’il considérera comme une « décoration ».

    • Le Pen et le sida

    En mai 1987, invité à l’émission L’Heure de vérité sur Antenne 2, Jean-Marie Le Pen appelle à isoler les malades du sida qu’il compare à des lépreux : « Le sidaïque (sic) […] est contagieux par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. C’est une espèce de lépreux. Et celui-là, je souhaiterais qu’il soit dans un centre ».

    Dix ans plus tard, en 1997, il s’interroge : « Que faut-il que je fasse pour ne pas être raciste ? Epouser une Noire ? Avec le sida, si possible ? »

    • Le Pen et les juifs

    En 1986, Europe 1 le suspend d’antenne pendant plus d’un an pour s’en être pris à des journalistes de la station : « Je dédie votre accueil à Jean-François Kahn, à Jean Daniel, à Yvan Levaï, à Elkabbach, à tous les menteurs de la presse de ce pays. Ces gens-là sont la honte de leur profession. Monsieur Lustiger me pardonnera ce moment de colère, puisque même Jésus le connut lorsqu'il chassa les marchands du temple, ce que nous allons faire pour notre pays », avait-il déclaré. Le président du FN est condamné au franc symbolique pour « antisémitisme insidieux ».

    En 1997, nouvelle attaque antisémite. Invité à une conférence de presse par l’association de la presse étrangère à Paris, Jean-Marie Le Pen profite d’une question posée par une journaliste de Radio J, l’un des médias de la communauté juive de Paris, pour qualifier la station de « radio étrangère ».

    • Le Pen et le racisme

    En août 1996, lors d’une université d’été, Jean-Marie Le Pen évoque « l’inégalité des races » : « Je crois à l’inégalité des races, oui, bien sûr, c’est évident. Toute l’histoire le démontre. Elles n’ont pas la même capacité ni le même niveau d’évolution historique ». Des propos qu’il réitère un mois plus tard sur l’antenne d’Europe 1 et qu’il justifie avec un exemple sportif : « Aux Jeux olympiques, il y a une évidente inégalité entre la race noire et la race blanche ».

    Face aux plaintes déposées par les associations antiracistes, Jean-Marie Le Pen accuse en 1998 : « L’antiracisme […] n’est pas un non-racisme, c’est un racisme inversé, un racisme anti-français, antiblancs, antichrétien. » Un thème que reprendra plus tard le patron de l’UMP Jean-François Copé, ainsi que Marine Le Pen en affirmant que le racisme antiblancs et antifrançais « fait des ravages dans les banlieues ».

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