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    France

    Crise à l'UMP: «Beaucoup de gens ont intérêt à la tenue de primaires»

    media Les anciens ministres UMP Xavier Bertrand, Bruno Le Maire et Frédéric Lefebvre, en septembre 2013 à Paris. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY

    Depuis l’annonce de la démission de son président Jean-François Copé, qui partira le 15 juin, l'apaisement et la reconstruction semblent loin d'être gagnés à l'UMP. En cause : la légitimité du triumvirat Fillon-Juppé-Raffarin - trois anciens Premiers ministres chargés d'assurer l'intérim jusqu'à l'organisation d'un congrès en octobre. Un bureau politique du parti se tient ce mardi 10 juin 2014. Pour en parler : Emmanuel Rivière, directeur de l'unité opinion chez TNS Sofres.

    RFI : Sur quel scénario peut déboucher la réunion de ce mardi au bureau politique ?

    Emmanuel Rivière : Le scénario principal, c’est que ce bureau politique ne soit qu’une étape du feuilleton. C’est bien le problème pour l’UMP : le feuilleton est destiné, je crois, à durer jusqu’au congrès annoncé pour l’automne (peut-être au mois d’octobre). Dans ce scénario, il va y avoir l’exposition des rivalités entre les stratégies des uns et des autres, puisque tout le monde a bien compris que ce qui se décide là, c’est 2017. Donc, on voit des choses se mettre en place : déjà, la contestation de ce trio de sages, trois anciens Premiers ministres qui devaient présider aux destinées de l’UMP jusqu’à ce congrès. Ca, c’est remis en cause, et effectivement, ce n'est pas dans les statuts.

    Le très grand risque, pour l’image de ce parti - dont on a vu déjà dans notre baromètre pour Le Figaro Magazine publié la semaine dernière qu’elle était esquintée –, c’est qu’on arrive à nouveau à des querelles d’ordre quasi judiciaire, des discussions sur les statures, des recours à des autorités supérieures, et que de cela ne ressortent, comme étant visibles pour l’opinion, que des rivalités personnelles et des gens qui s’entredéchirent en oubliant l’intérêt du parti, voire l’intérêt du pays.

    Au-delà de cette gouvernance de transition, c’est bien la bataille pour la présidentielle française de 2017 qui est engagée. Et avec elle, bien sûr, le possible retour de Nicolas Sarkozy. Quelle est sa stratégie ? Etouffer tous ses concurrents potentiels, à commencer par Alain Juppé ?

    Sa stratégie est forcément amenée à être revisitée en fonction des circonstances, et c’est en ce sens que la position de Nicolas Sarkozy est quand même un petit peu affaiblie. Avant, elle était à l’extérieur, et d’une certaine manière la présence de Jean-François Copé à la tête du parti lui convenait ; il était maître de son calendrier. Là, le calendrier s’impose un petit peu à lui, et effectivement on a vu des gens très proches de Nicolas Sarkozy prendre la parole, ce qui lui évite de rentrer directement dans l’arène. Il s’expose ainsi un petit peu moins. Mais malgré tout, il est obligé d’être au cœur de cette action.

    D’une position qui lui permettait d’être une forme de recours auquel on ferait appel parce qu’il est un chef naturel, notamment pour les sympathisants UMP, il devient l’un des acteurs de cette rivalité interne. On a bien vu ce qui s’était passé à la fin de l’année 2012 ; les dégâts que pouvait produire cette rivalité sur l’image des deux concernés, François Fillon et Jean-François Copé. Là, ce qui est un problème pour Nicolas Sarkozy, c’est qu’il faut qu’il soit un petit peu plus partie prenante de cette aventure, ce qui risque d’esquinter un peu son image. On a déjà vu qu’effectivement, le fait d’être impliqué dans l’affaire Bygmalion, en tout cas le fait que sa campagne le soit, lui a fait perdre quelques points en cote d’avenir, et notamment chez les sympathisants UMP.

    Un retour de Nicolas Sarkozy, cela voudrait dire qu’on écarte totalement les primaires à droite pour 2017 ?

    Nicolas Sarkozy, auréolé de la stature d’ancien président, voudrait imposer qu’il n’y ait pas de primaires. Mais c’est là qu'il va sans doute se heurter à une difficulté, parce que les cadres, les ténors de l’UMP, ont vu aussi ce que produisaient les primaires au Parti socialiste. Non seulement ça a permis de conduire à une victoire de François Hollande, mais ça a aussi permis de faire émerger des personnalités comme Arnaud Montebourg, comme Manuel Valls. Et quand on a dans un coin de sa tête que des primaires, même si on les perd, permettent de devenir Premier ministre, ça donne quand même envie d’y aller. Donc, il y aura ce match-là aussi, avec beaucoup de gens qui ont intérêt à ce qu’il y ait des primaires.

    C’est là que la situation peut devenir plus compliquée pour Nicolas Sarkozy, parce que pour beaucoup de sympathisants de droite, il apparaissait, au cours des derniers mois, confronté aux affaires, comme une victime de l’acharnement judiciaire. On entendait même parler d'une espèce de complot téléguidé par les dirigeants socialistes. Mais là, le conflit va être à l’intérieur de l’UMP, et ce qui risque d’arriver à Nicolas Sarkozy, ce qui ne s’était pas encore tellement produit en tout cas aux vues de l’opinion, c’est que des personnalités de l’UMP s’expriment contre lui, ce qui rend plus compliqué d’avoir cette position de hauteur qui permettrait d’enjamber les primaires auxquelles il pouvait prétendre tant qu’il était relativement extérieur.

    Ca veut dire que les électeurs ne vont pas continuer à le suivre coûte que coûte ?

    Pour l’instant, ils le suivent. Pour l’instant, Nicolas Sarkozy reste la personnalité que les sympathisants UMP ont le plus envie de voir. Mais c’est vrai que cette suprématie est un petit peu contestée : 70% des électeurs UMP souhaitent qu’il joue un rôle important dans les mois et années à venir, c’est 11 points de moins que le mois dernier, et il est talonné à ce niveau par Alain Juppé ; quasiment 67% d’électeurs UMP voudraient qu’il joue un rôle. Donc, tout va se jouer aussi dans le casting qui pourrait maintenant émerger jusqu'au mois d’octobre. Il se peut que Nicolas Sarkozy - et dans ce cas-là ce serait un succès - arrive à faire en sorte qu’il y ait à nouveau à la tête de l’UMP quelqu’un qui soit compatible avec un retour, différé, au premier plan de l’ancien président.

    Certaines figures de l’UMP - c’est le cas notamment de Nathalie Kosciusko-Morizet - réclament un changement de nom du parti pour tourner la page. C’est imaginable ?

    C’est peut-être effectivement nécessaire. Parce qu’il y a un autre calendrier qu’on n'a pas encore évoqué, c’est le calendrier judiciaire, avec la suite des révélations autour de l’affaire Bygmalion et du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy. Et c’est vrai que ce serait sans doute profitable de donner le signe d’une régénération. Maintenant, il n’y a pas forcément besoin de le faire. Le Parti socialiste a aussi été confronté à une grave crise interne après le congrès de Reims et la défaite aux Européennes de 2009. Puis il a su trouver en lui-même les ressources pour recréer une dynamique, la modernisation effectuée sous Martine Aubry, et finalement une trajectoire de victoire vers 2012. C’est vrai que l’UMP est peut-être un peu plus fragile. D’abord parce qu’à droite, les partis ont davantage changé de nom, se sont réorganisés, ont pu réapparaître et disparaître. Donc, ce n'est pas forcément un scénario à écarter : un changement de visage et peut-être de nom de l’UMP.

    Cette division peut-elle profiter, cette fois-ci réellement, au centre ?

    On a vu qu'effectivement, il y avait une forme d’intérêt accru, peut-être pas tant aux élections européennes, mais depuis, pour les personnalités comme François Bayrou et Jean-Louis Borloo, qui progressent dans notre baromètre parce qu’un certain nombre d’électeurs de droite, dès aujourd’hui, se cherchent un nouvel horizon, déçus qu’ils sont par ce qui se passe à l’UMP.

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