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    France

    Sarkozy et les juges: une longue histoire d’inimitié

    media Accusé d'avoir porté atteinte à leurs pouvoirs quand il était à la tête de l'Etat, Nicolas Sarkozy se dit aujourd'hui victime des magistrats. AFP PHOTO / VALERY HACHE

    Mis en examen dans une affaire de corruption et de trafic d’influence, Nicolas Sarkozy s’est défendu avec virulence, mercredi 2 juillet dans une interview à TF1 et Europe 1, en remettant en cause l’impartialité d’une des juges en charge de l’affaire. Un nouvel épisode dans les relations souvent tendues entre l'ancien président et la magistrature.

    Pour se défendre après sa mise en examen, Nicolas Sarkozy a donc choisi l’attaque. Sa cible : Claire Thépaut, l’une des deux juges chargées de l’instruction. Mercredi soir, lors de son entretien sur TF1 et Europe 1, l’ancien président a multiplié les questions rhétoriques mettant en cause l’impartialité de la magistrate. « Est-il normal […] qu'on choisisse pour instruire une affaire où mon nom est cité […] un magistrat qui appartient au Syndicat de la magistrature ? », a-t-il ainsi interrogé, en référence à ce syndicat classé à gauche. Et d’insister : « Qui aimerait, pour avoir à trancher un différend entre lui et la justice, en face de lui un magistrat dont l’obsession politique est de détruire la personne contre qui il doit instruire à charge et décharge ? » Pour l’ex-chef de l’Etat, Claire Thépaut ne serait pas simplement partiale, elle voudrait carrément lui nuire.

    L’accusation est grave. Mais cela n'a pas empêché les cadres de l'UMP de la reprendre. Sur France Inter, Nathalie Kosciusko-Morizet a ainsi déclaré qu’il était « inacceptable d’être jugé par ses ennemis ». Mercredi, Nadine Morano avait quant à elle fustigé « une juge engagée », auteur d’une tribune contre Nicolas Sarkozy dans Mediapart en 2012 – qui n’était en réalité qu’une réponse faite à un journaliste venu réaliser un reportage sur le tribunal de Bobigny, où elle se plaignait des difficultés à exercer son métier.

    Jeter le discrédit sur les juges, une tactique déjà éprouvée

    En remettant en cause l’impartialité de Claire Thépaut, l’ex-chef de l’Etat ne fait que renouveler une stratégie maintes fois éprouvée, et dont le juge Renaud Van Ruymbeke semble avoir été la cible privilégiée, comme le rappelle le quotidien Le Monde. En 2006, lorsqu’il instruisait l’affaire Clearstream, Nicolas Sarkozy l’avait accusé d’être le complice du corbeau. En 2010, alors que le juge était en charge du dossier Karachi, le président avait sous-entendu être l'objet d'un acharnement personnel : « Pendant deux ans, on m'a poursuivi pour l'affaire Clearstream. Tiens, c'était Van Ruymbeke aussi ! C'était le même alors. C'est curieux, non ? »

    En mars 2013, après la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « abus de faiblesse » à l’encontre de la milliardaire Liliane Bettencourt (et pour lequel il a bénéficié d’un non-lieu), ce sont ses proches qui étaient montés au front pour dénoncer le parti pris du juge Jean-Michel Gentil. Son avocat, Me Thierry Herzog, l’avait désigné – à tort – comme l’un des cosignataires d’une tribune contre l’ancien président. Henri Guaino l’avait, quant à lui, accusé d’avoir « déshonoré la justice ». Un propos qui lui vaudra d’être jugé devant un tribunal correctionnel pour « outrage à magistrat ».

    Et puis, en mars dernier, cette question posée dans une longue tribune publiée dans Le Figaro et sur Facebook, où Nicolas Sarkozy faisait déjà allusion à Claire Thépaut : « Dois-je considérer comme une anecdote le fait que cette magistrate soit membre du Syndicat de la magistrature ? Ce syndicat désormais célèbre pour avoir affiché dans ses locaux le tristement fameux " mur des cons ", où j'occupe une place de choix ! »

    Défiance des magistrats

    Filmé dans les locaux du Syndicat de la magistrature par un journaliste de France Télévisions et révélé par le site Atlantico en avril 2013, ce « mur des cons » avait été particulièrement révélateur de la défiance des magistrats envers Nicolas Sarkozy. On y voyait des photos de personnalités politiques et journalistes épinglées sur un tableau, avec comme indication : « Avant d’ajouter un con, vérifiez qu’il n’y est pas déjà ».

    Dans une tribune publiée dans Le Monde en mai, deux magistrats avaient justifié cet affichage comme l’expression d’une réaction « affective, hystérique, magique » après dix années de politique « de haine des juges ». Une politique entamée en 2003, alors que Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur, et qui s’était poursuivie durant son mandat présidentiel. En 2007, l’instauration des peines plancher avait ainsi été considérée par les magistrats comme une vexation, une atteinte à leur pouvoir décisionnel (la loi a été abrogée par l’Assemblée nationale le 5 juin dernier). En 2009, c’est l’existence même d’une partie de la profession qui avait été menacée lorsque Nicolas Sarkozy avait annoncé vouloir la suppression du juge d’instruction au profit d’un « juge de l’instruction », ainsi que celle du juge des libertés et de la détention.

    Jamais les magistrats n’ont autant manifesté que durant ces cinq ans de présidence. En 2011, lorsque leur responsabilité avait été mise en cause par Nicolas Sarkozy lui-même après le meurtre de la jeune Laëtitia par un multirécidiviste, ils avaient été au moins un millier rassemblés sur les marches du Palais de justice de Paris. « Du jamais-vu », selon plusieurs participants. En France, ils avaient été plus de 10 000 professionnels de la justice à se mobiliser, soit plus que le nombre de magistrats eux-mêmes (environ 8 300). Trois ans plus tard, les tensions entre l’ancien chef de l’Etat et la magistrature ne sont pas près de s’apaiser : Nicolas Sarkozy est encore mêlé à sept affaires.

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