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    France

    France: un deuxième cœur artificiel Carmat implanté à Nantes

    media Visuel de présentation du coeur artificiel élaboré par la société française Carmat. © Carmat/www.carmatsa.com

    Un deuxième coeur artificiel a été implanté sur un patient au Centre hospitalier universitaire de Nantes dans l'ouest de la France, il y a quelques semaines. Mais l'information n'a été dévoilée que ce vendredi 5 septembre. En décembre dernier, une première prothèse de coeur, également mise au point par la société Carmat, avait déjà été implantée à l'hôpital Georges Pompidou à Paris. Alors que la première implantation de coeur avait été très médiatisée, cette fois-ci l’intervention s’est faite en toute discrétion.

    Il est inhabituel de communiquer autant lors d'un essai clinique. Mais la première intervention chirurgicale d'un coeur artificiel à l'hôpital Georges Pompidou était quand même une première mondiale. Une opération inédite, avec une prothèse de haute technologie, un petit bijou de miniaturisation. Pour l'entreprise Carmat et son fondateur, le cardiologue Alain Carpentier, c'était le moment de se faire connaître mondialement.

    Car il n'existe encore aucune thérapie pour guérir les coeurs endommagés après une crise cardiaque, et la liste d'attente pour une greffe de coeur humain s'allonge. Plus de quinze millions d’Européens et six millions d’Américains sont atteints d'insuffisance cardiaque et ces chiffres devraient progresser de 25% à l’horizon 2030.

    L'enjeu économique est donc considérable. Après l'annonce dans la presse de cette deuxième opération, l'action de l'entreprise a ouvert en hausse de 18,5% ce matin à la Bourse de Paris. Mais chez Carmat, on explique que tant que les essais cliniques n'étaient pas terminés, l'entreprise n'avait pas le droit de communiquer. Elle craint maintenant d'avoir affaire à l'Autorité des marchés financiers.

    Mutisme sur la deuxième greffe

    La communication est vérouillée sur cette deuxième intervention chirurgicale réalisée à l'hôpital de Nantes, il y a quelques semaines. Ce serait le professeur Daniel Duveau, le chef du service de chirurgie thoracique au CHU de Nantes qui l'aurait supervisée. Il avait déjà assisté à la première opération en décembre dermier, à l'hôpital Georges Pompidou, à Paris.

    On connaît toutefois le profil du patient, car certains critères doivent être respectés pour être éligible à l'essai clinique. Il ne doit pas être susceptible de recevoir une greffe classique et il faut que son pronostic vital soit engagé à brève échéance. Autrement dit, il faut que le coeur artificiel soit la meilleure chance de survie du patient. Il faut également qu'il soit de bonne corpulence, pour pouvoir recevoir la prothèse. Le coeur artificiel pèse en effet 900 grammes contre 300 grammes pour un coeur normal.

    Ces indications font partie de l'accord signé entre Carmat et l'Agence nationale de sécurité de médicament et des produits de santé, l'ASNM, pour quatre premiers essais cliniques.

    Circonstances confuses sur la mort du premier patient

    Claude Dany, le premier patient opéré en décembre n'a pas survécu. Les circonstances de son décès sont assez confuses. Pour comprendre ce qui s'est passé, une expertise a été menée. Mais les conclusions sont restées confidentielles. Le cardiologue Alain Carpentier, fondateur de Carmat, avait tout de même expliqué dans Le Journal du Dimanche qu'il y avait eu un court-circuit, une une défaillance technique de l'appareil. Ce qui avait entraîné un arrêt cardiaque. Il rappelait que la prothèse de coeur était encore un prototype.

    Et malgré cette mort, il restait optimiste. Car dans l'accord signé avec l'ASNM, la survie au delà de trente jours après la greffe est considérée comme un succès. Et le premier patient avait survécu soixante-quinze jours après sa chirurgie. En tout cas, les autorités de contrôle ont jugé que les essais cliniques pouvaient reprendre. C'est ce qui vient vraisemblablement de se passer, avec cette deuxième opération à Nantes.

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