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    France

    De jeunes officiers qatariens à l’école de la mer française

    media Un élève officier qatarien à l'écoute du commandant de l'«Almak». RFI/Romain Mielcarek

    Pour sa visite au Qatar ce week-end, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian se fait accompagner de Jean-Michel Palagos. Le patron de DCI, entreprise française spécialisée dans la formation militaire, est un acteur clef de l'influence tricolore dans la région. RFI a pu visiter, en Bretagne, un navire sur lequel sont formés des élèves officiers qatariens.

    On aurait presque l’impression d’une classe des plus normales. Les élèves hésitants. Les instructeurs patients. Les rigolards cachés dans le fond. A ceci près que l’on se trouve tout de même sur le pont d’un navire destiné à la formation de futurs officiers. « 212 degrés ? » « Non, 212 tu peux pas. » « 217 ? » « Voila. Et attention, ici, tu n’attends pas le dernier moment sinon on va taper la digue. Anticipe ! » Dialogue du quotidien entre des vétérans des marines militaire et marchande et leurs apprentis... en provenance du Golfe persique.

    Depuis un an, l’entreprise DCI, spécialisée dans les prestations de formation militaire, déploie l’Almak au large de la Bretagne. Ce navire école vise à soulager l’Ecole navale des heures de navigation consacrées aux stagiaires de pays « amis ». Pendant quatre ans, des promotions d’une trentaine d’élèves étrangers se relaient pour apprendre les bases de leur futur métier d’officiers : des Saoudiens, des Koweitiens, des Libyens, des Emiratis… et aujourd’hui, des Qatariens.

    La construction de ce navire d’une valeur de dix petits millions d’euros répond à un besoin de DCI pour répondre à l'attente des pays du Golfe. « Il fallait résoudre un problème simple, explique le vice-amiral d’escadre Bruno Nielly, qui dirige la branche navale de DCI : gagner des heures en mer pour les stagiaires qui nous sont confiés. » Les jeunes marins vont ainsi passer 16 semaines en mer au cours de leur formation. « C’est plutôt un bon pari, assure l’ancien officier, aujourd’hui retiré du service. Les élèves qui sont formés font toutes leurs heures sur le même bateau, avec le même équipage. Chacun est suivi individuellement, ce qui permet d’assurer une progression. »

    Instruction de luxe

    L'Almak, à quai à Concarneau. DR

    L’Almak bénéficie d’un confort dernier cri qui ferait pâlir de jalousie les élèves officiers français, soumis à une toute autre rusticité. Flambant neuf, ce navire de 44 mètres est moins soumis aux mouvements de la mer que ses homologues plus anciens, servant au sein de la Marine nationale. Les élèves y profitent même d'un semblant d'intimité, en étant que deux par cabine (contre neufs pour leurs homologues français !). Un bien-être favorable à l’apprentissage, assure-t-on chez DCI. Le tout a cependant un coût : 100 000 euros par an et par stagiaire.

    Pendant que les élèves se relaient à la barre du navire, au large de l’île bretonne de Groix, les instructeurs, presque aussi nombreux que leurs apprentis, corrigent les erreurs. L’un d’eux glisse tout de même avec un soupir qu’il « faut être patient ». « L’apprentissage va plus ou moins vite, confie-t-il. Il n’y a aucune présence de leur hiérarchie alors parfois, c’est un peu à la carte… »

    Les jeunes Qatariens, parachutés directement au fin fond de la Bretagne, se retrouvent dans un monde radicalement différent. Outre la culture et les réalités sociales, ils doivent s'habituer à la langue. La première année est consacrée à l’apprentissage du français ainsi qu’à une remise à niveau dans les matières scientifiques. En fin de formation, ils ont un diplôme spécifique, différent de celui de leurs collègues français de l’Ecole navale qui sont eux gratifiés d’un niveau ingénieur. Les retards poussent parfois à des mesures drastiques : l’année passée, deux stagiaires ont du redoubler.

    Un outil d’influence

    La formation de ces jeunes officiers est pourtant cruciale pour la France, qui sait pouvoir profiter ainsi d’une influence dans les différents Etats du Golfe persique. L’amiral Nielly se souvient avoir recroisé au cours de sa carrière des collègues étrangers formés comme lui, à Navale. Chaque fois, ils se souvenaient avec plaisir de leurs années en France. Les jeunes Qatariens qui tâtonnent aujourd'hui pour faire leurs relevés topographiques seront peut-être, demain, des hauts-responsables militaires ou politiques dans leur pays.

    DCI, qui table sur une longue histoire de coopération avec les pays de cette région, sait que la formation académique est un revenu stable et pérenne. L’ambition est désormais d’amener ces marines à commander leurs propres bateaux écoles… avec des équipes d’instruction française. Le vice-amiral Nielly se félicite d’avoir pu attirer le chef d’état-major saoudien à bord de l’Almak lors d’une visite en France. Il aurait été impressionné par la qualité du navire et se serait montré intéressé. S’il a « mordu à l’hameçon », il reste encore à faire signer Riyad.

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