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    France

    Fiac 2014: l'art, l’argent, le pouvoir et le sexe

    media A la Fiac 2014, des visiteurs regardent « Untitled (Bikini Loop #2) », (1994/2007), une œuvre de Cosima von Bonin. REUTERS/Charles Platiau

    Faites vos « ach-arts ». C’est dans une ambiance survoltée que s’ouvre ce jeudi 23 octobre la 41e édition de la Foire internationale d’art contemporain à Paris. Accompagnée de l’ouverture de la nouvelle Fondation Louis-Vuitton et de la réouverture très attendue du musée Picasso, la Fiac se hisse cette année au premier rang des rendez-vous de l’art contemporain au niveau mondial. Jusqu’au 26 octobre, même le futur s’y achète ici et maintenant.

    Il y a du beau linge qui se promène au vernissage VIP sous la verrière du Grand Palais. Parmi le gratin invité, les artistes Orlan et Fabrice Hyber déambulent côte à côte dans les allées de la foire où l’on aperçoit aussi Bernard Arnault, François Pinault ou Sofia Coppola. Le premier ministre Manuel Valls et sa ministre de la Culture Fleur Pellerin consacrent une bonne heure de leur agenda serré pour contempler quelques-unes des œuvres des 1 451 artistes qui attendent les collectionneurs, conservateurs et acheteurs du monde entier. Quand le Premier ministre et la ministre de la Culture s’arrêtent au stand de la Galleria Continua devant Les Flâneurs, des gigantesques sculptures colorées de l’artiste camerounais Pascale Marthine Tayou, à 50 000 euros la pièce, le galeriste Lorenzo Fiaschi leur explique que « nous travaillons sur la décentralisation. Nous avons des espaces hors de Paris, à Coulommiers, à Pékin et en Italie, à San Gimignano. Notre galerie est aussi dans les campagnes, là où l’on n’attend pas la culture ou l’art contemporain. »

    Jennifer Flay, sur un air hollywoodien

    Petit clin d’œil à un Premier ministre et à une ministre de la Culture ? Pour le week-end, il y a même la venue du président de la République annoncée, une présence politique jamais vue dans l’histoire de la foire, fondée en 1974. Ce qu’ils y cherchent ? Contrairement au gouvernement, le marché de l’art ne connaît pas de crise et à l’inverse de l’économie française, il affiche, depuis des années, des bénéfices et des taux de croissance incroyables. A la Fiac, l’origine pour cet engouement possède bien un nom : Jennifer Flay. Depuis qu’elle dirige la Fiac, cette Néo-Zélandaise, devenue aussi Française, a entraîné avec son enthousiasme et sa compétence les galeristes et les collectionneurs du monde entier. Elle a porté la Fiac à des sommets jusqu’ici inconnus. Comme le Grand Palais avec 191 galeries venues de 26 pays, installées sur 13 000 mètres carrés de la nef, atteint ses limites, Jennifer Flay a décidé d’« élargir » la Fiac. La première édition de la foire « Off(icielle) » rassemble 68 galeries aux Docks de la Cité de la mode et du design. Une politique d’expansion qui essaie de « contrôler » et « complètement cadenasser » le marché, critique Bruno Hadjadj, le directeur de la foire off cutlog qui a suspendu la sixième édition faute « d’espaces potentiellement exploitables ». Quant à Jennifer Flay, sans aucune fausse modestie, elle ne compte pas s’arrêter là. En mars 2015, sur un air hollywoodien, la Fiac vivra sa première édition à l’étranger, à Los Angeles.

    L’Arbre, Le Baiser et le buzz

    En attendant, le buzz se fait encore à Paris. 37 ans après Le Baiser de l’artiste à 5 francs donné par Orlan, la foire peut se vanter de susciter toujours des réactions imprévues, voire de créer un scandale. C’était vendredi dernier, lors de l’ouverture de la Fiac hors les murs, quand l’artiste américain Paul McCarthy a été agressé sur la place Vendôme par un inconnu et Tree, son œuvre de 24 mètres de haut qui laisse à la fois penser à un sapin de Noël qu’à un sex toy géant, a été dégonflé dans la nuit de vendredi à samedi. C’est alors François Hollande qui a pris la défense de l’artiste et de l’art en France : « La France sera toujours aux côtés des artistes, comme je suis aux côtés de Paul McCarthy ».

    Dublinesca (Installation) 2012, 4 bunk beds, oeuvre de l'artiste française Dominique Gonzalez Foerster, proposée à la galerie Esther Schipper pour 70 000 euros. Siegfried Forster / RFI

    Dans le Grand Palais, pas de scandales artistiques en vue, ici règne le business as usual, loin des turpitudes d’un monde secoué par les crises et les guerres. « D’années en années, la Fiac prend de l’importance. La Fiac est devenue une des plus importantes foires du monde », déclare Marie-Laure Gilles de la galerie Chantal Crousel qui présente The Mask et Skull (2014), deux crânes en béton ciré et à 32 000 euros la pièce de Jean-Luc Moulène, l’un des principaux artistes français de notre temps.

    La Fiac vend des tubes fluorescents et des briques rouges

    Yvon Lambert, 78 ans, figure parmi les grands seigneurs des galeristes français. A la fin de l’année, et après une carrière exemplaire, il va mettre la clé sous la porte pour quitter cet univers de plus en plus fou du marché de l’art. A sa dernière Fiac en tant que galeriste, il épate avec une magnifique installation (Jusqu’à preuve du contraire, déjà réservée pour un prix autour de 35 000 euros) de 50 tubes fluorescents de Mounir Fatmi, l’artiste d’origine marocaine qui est actuellement aussi présent au Maroc contemporain et dont une vidéo-hommage à l’écrivain Salman Rushdie avait été retirée (censurée ?) en 2012 lors d’une exposition à l’Institut du monde arabe. En 2014, il montre « une pièce réalisée cette année, déclare Yvon Lambert avec fierté. Elle est faite de branches de néons sur lesquelles il y a écrit des versets du Coran, dans différentes langues, aussi bien en français, arabe, hébreux ou anglais. Une sorte d’explosion vers le ciel, mais en même temps calée sur le sol. Comme pour dire : " vivons ensemble ". »

    Combien vous êtes prêt à payer pour un mur de briques rouges ? Et s’il y a intégré une brique originale d’une invention de 1903 de Thomas Edison ? La galerie italienne Franco Noero demande 45 000 euros hors taxes pour Wall (After Thomas Edison) (2004-2014) de Kirsten Pieroth, une œuvre de quatre mètres de long qui se veut emblématique pour notre vie contemporaine et l’histoire de la modernité.

    Le galeriste italien Franco Noero propose deux oeuvres de l'artiste allemande Kirsten Pieroth : The Wall (after Thomas Edison) (2004-2014) 380 x 200 x 30 cm pour 45 000 euros (HT) et Le Tambour pour 15 000 euros (HT). Siegfried Forster / RFI

    « The Jungle Shop »

    A la galerie Nagel Draxler, on surprend la galeriste avec une coupe de champagne à la main. Elle vient de vendre pour un montant à six chiffres The Jungle Shop de Mark Dion. Une petite cabane en bois qui sent les épices de l’Amazonie. Une affaire qui s’avère être symptomatique pour le marché de l’art aujourd’hui. Le collectionneur est venu d’Asie pour acheter dans une foire parisienne l’œuvre d’un artiste new-yorkais sur le stand d’une galerie allemande : « C’est la réplique d’une petite cabane en Amazonie, avance Saskia Draxler, située dans un endroit très isolé où des marginaux du monde entier qui se sont installés là-bas peuvent trouver toutes les choses nécessaires pour survivre : de la nourriture, des outils, de l’essence… Des produits du monde entier, du Coca-Cola des Etats-Unis, du café de Costa Rica, etc. La cabane est emblématique pour un monde globalisé, mais à un niveau très basique. »

    Sur le stand de la galerie new-yorkaise Van de Weghe, un jeune Chinois tourne autour d’un tableau de Calder. Pour ceux qui préfèrent acheter un Richter plutôt que de le regarder à la nouvelle Fondation Louis Vuitton, il y a une très belle toile représentative des années 1980 avec des couleurs flamboyantes, vendue pour la modique somme de trois millions de dollars (2,37 millions d’euros). Deux dessins de Picasso, Nu couché (1969) et Les Déjeuners (1961) affichent des prix de 720 000 et 385 000 dollars. Est-ce que la spectaculaire réouverture du musée Picasso ce 25 octobre tire les prix vers le haut ? « Le fait qu’il y a l’ouverture du musée Picasso, cela veut dire qu’il y a de plus en plus de gens qui apprennent à bien connaître Picasso. Pour moi, en tant que marchand, c’est très intéressant. Pour répondre à la question concernant l’impact sur les prix, je dirais oui. »

    Pistolet ou Pistoletto ?

    Il est loin le temps où les collectionneurs étaient réputés pour venir en aide aux artistes fauchés. Entre juillet 2013 et juillet 2014, le chiffre d’affaires du marché de l’art a dépassé pour la première fois la barre symbolique des deux milliards de dollars. Aujourd’hui, des hommes d’affaires acharnés s’affrontent avec passion sur le marché de l’art en donnant l’impression de duellistes jaloux qui ne cherchent plus les sensations fortes au duel au pistolet, mais plutôt dans l’achat ostentatoire d’un miroir brisé de Pistoletto. Et ils donnent plus de valeur à une voiture compressée de César qu’à une voiture de luxe.

    A la Fiac, même le futur s’achète ici et maintenant : The Future (2014), neuf lettres en métal, bois et émail, mais à prix d’or, une œuvre de Jack Pierson accrochée sur les cimaises de la galerie Thaddaeus Ropac. 

    Les Flâneurs de Montreuil E (2010) et Charcoal K (2012), deux oeuvres de Pascale Marthine Tayou, exposées à la Fiac 2014. Siegfried Forster / RFI

    Pascale Marthine Tayou est un artiste exceptionnel qui touche à tous les médias.
    Lorenzo Fiaschi de Galleria Continua propose à la Fiac pour 50 000 euros Les Flâneurs, œuvre de l’artiste camerounais Pascale Marthine Tayou. 23/10/2014 - par Siegfried Forster Écouter

    41e Foire internationale d’art contemporain (FIAC), du 23 au 26 octobre au Grand Palais de Paris. 

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