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    France

    Migrants: Bernard Cazeneuve en visite à Calais

    media Des migrants mangent devant un cordon de policiers à Calais, le 24 octobre 2014. REUTERS/Pascal Rossignol

    Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve est attendu, ce lundi 3 novembre dans l'après-midi à Calais, pour sa première visite sur place depuis sa prise de fonction. Dans la ville, la cohabitation entre migrants qui rêvent d’Angleterre et la population est de plus en plus difficile.

    Avec notre envoyé spécial à Calais, Guilhem Delteil

    Si Bernard Cazeneuve ne s’est pas rendu plus tôt à Calais, c’est qu’« il ne souhaitait pas y faire du spectacle », dit-il. Pas de déplacement alors que, depuis sa prise de fonction, le nombre de migrants dans la ville a été multiplié par sept, entraînant des tensions de plus en grande.

    Mais « Pas de déplacements, ne veut pas dire pas d’action » selon l’entourage du ministre. A la fin de l’été, Bernard Cazeneuve a fait une tournée européenne - Rome, Londres, Bruxelles - et, place Beauvau, on se félicite de l’accord obtenu avec les britanniques. Ces derniers vont investir 15 millions d’euros en trois ans pour sécuriser le port de Calais et venir en aide aux migrants les plus vulnérables.

    Marine Le Pen en visite à Calais, le 24 octobre 2014. REUTERS/Pascal Rossignol

    Bernard Cazeneuve a aussi négocié avec ses partenaires européens le lancement de l’opération Triton, visant à sécuriser les frontières maritimes en Méditerranée. Et en qualité de « premier flic de France », il a envoyé 100 policiers supplémentaires à Calais.

    Mais si ne pas venir n’est pas synonyme de ne pas agir, c’est en tout cas donner le bâton pour se faire battre par ses adversaires politiques. Venue sur place il y a dix jours, la chef de file de l’extrême droite, Marine Le Pen, a dénoncé l’incurie du gouvernement estimant que Calais symbolise la chute de l’Etat. Des propos qui ont poussé le ministre de l’Intérieur à réagir par communiqué tout d’abord et par cette visite ensuite.

    Explosion du nombre de migrants

    Sur le terrain, au-delà de toutes controverses politiques, la situation se dégrade. L'hiver dernier, ce sont 300 à 400 personnes qui attendaient à Calais de pouvoir traverser la Manche. Ils étaient 1500 à la fin de l'été et désormais on en dénombre 2200 à 2300 selon le préfet du département.

    Une véritable explosion alors même que depuis la fermeture du centre de Sangatte en 2002, il n'y a plus de structure d'accueil. Les migrants vivent désormais dans la rue, sous des tentes installées sur des terrains vagues ou squattent illégalement des logements vacants. Il n'y a pas non plus assez de douches ni de sanitaires mis à leur disposition. Et un certain nombre de Calaisiens ne cachent plus leur hostilité à l'égard de personnes responsables, selon eux, de la dégradation de leur ville.

    Des policiers expulsent un migrant d'un camion à Calais. REUTERS/Pascal Rossignol

    Les migrants, aussi, vivent de plus en plus mal cette situation: les conditions de vie et le difficile passage au Royaume-Uni accroissent leur désespoir. Ces dernières semaines, les rixes entre bandes de migrants se sont multipliées.

    Il y a enfin un aspect économique. Désormais, les camions qui attendent à l'entrée du port de pouvoir monter sur un ferry à destination de l'Angleterre sont pris d'assaut par des migrants. S'ils se font contrôler avec des clandestins à leur bord, les camionneurs peuvent être poursuivis en tant que passeurs. La situation pourrait les inciter à choisir une autre route, peut-être plus longue mais plus sûre, ce qui serait un coup dur pour l'économie d'une ville qui a déjà vu son industrie quasiment disparaître et qui est désormais l'une des plus pauvres de France.

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