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    France

    Série d’attaques en France: le gouvernement veut rassurer

    media Le Premier ministre Manuel Valls appelle «à la vigilance, à l'unité et au rassemblement ». Photo: le Premier ministre à l'Assemblé nationale en septembre. REUTERS/Gonzalo Fuentes

    Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé un déploiement de 200 à 300 militaires supplémentaires pendant la période des fêtes après la série d'attaques que la France vient de vivre. Dans la ville de Nantes, lundi 22 décembre, un homme a foncé avec sa camionnette sur des passants en plein marché de Noël. Le chef de l'Etat François Hollande a annoncé ce mardi le décès d'une de ces personnes touchées dans cette attaque. La veille, un autre homme avait blessé treize personnes à Dijon dans des circonstances similaires. Le gouvernement reste très prudent sur la façon de qualifier ces affaires. S'il appelle à la vigilance, il veut éviter toute panique.

    Le conducteur de Dijon aurait, selon des témoins, crié : « Allah Akbar » (« Dieu est plus grand » en arabe), une phrase également prononcée par le jeune homme qui a blessé au couteau trois policiers en plein commissariat près de Tours. Il est alors facile de conclure à une série d'attentats terroristes. Mais cette qualification n'est pour l'instant retenue que dans le cas de l'agression des policiers. A Dijon, la procureure a écarté cette piste. Elle affirme que l'auteur de l'attaque souffre de troubles psychiatriques anciens qui lui ont déjà valu 157 passages à l'hôpital.

    Dans le cas de Nantes, la procureure a là aussi très rapidement écarté la thèse terroriste. « Il s'agit d'un acte isolé », a-t-elle affirmé quelques heures après le drame. Le conducteur est là aussi décrit comme souffrant de troubles psychologiques. L'homme ne s'est pour l'instant pas exprimé, il n'a pas livré les motivations de son geste. Mais un carnet a été retrouvé dans sa camionnette ; il contient des propos confus témoignant de difficultés psychologiques et familiales.

    Vigilance, mot d’ordre des autorités

    Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s’est déplacé pour chacune de ces affaires. Après s'être rendu à Joué-lès-Tours samedi, puis Dijon lundi matin, il était à Nantes dans la soirée de lundi, quelques heures après le drame. Bernard Cazeneuve en appelle à la responsabilité de chacun. Ce sont des actes isolés, sans rapport entre eux, et qui semblent être l'œuvre de déséquilibrés. « Des actes plus difficiles à prévenir », reconnaît le premier policier de France.

    Mais pour rassurer, le gouvernement ne veut pas non plus sous-estimer la menace. « Jamais nous n'avons connu un aussi grand danger en matière de terrorisme », a reconnu pour sa part le Premier ministre Manuel Valls, qui appelle « à la vigilance, à l'unité et au rassemblement ». Manuel Valls a également annoncer un renforcement du plan Vigipirate pendant les fêtes de Noël. « Le nombre de patrouilles sera augmenté pendant toute cette période, 200 à 300 militaires supplémentaires seront donc déployés », a assuré le Premier ministre. Et le président de la République, François Hollande, lui a demandé d'organiser dès ce mardi matin une réunion ministérielle pour « mobiliser les services de l'Etat » après cette série de drames.


    ■ Marine Le Pen accuse le pouvoir de minimiser ces agressions

    Pour la présidente du Front national, les événements de Joué-lès-Tours et de Dijon ne sont pas de simples agressions mais de véritables attentats : « Si on n’appelle pas ça un attentat, on appelle ça comment ? », fait-elle valoir. Marine Le Pen ne fait pas de distinction entre les deux événements, et ce malgré les déclarations de la procureure de Dijon.

    Le profil de l’agresseur n’a rien à voir avec celui de Joué-lès-Tours ; il s’agirait là d’un déséquilibré. Maic cet argument, Marine Le Pen ne veut pas l'entendre : « Même si ce garçon a des antécédents psychiatriques, ça n’empêche pas ! Moi, je crois qu’il y a une montée incontestable, je le dis déjà depuis un certain nombre d’années, du fondamentalisme islamique dans notre pays, que se déclenche des attaques qui sont certes individuelles mais qui s’appellent du terrorisme, que si le gouvernement n’est pas capable de prendre la mesure de cette situation alors il n’est pas capable de mettre en œuvre les méthodes pour s’y opposer. »

    Marine Le Pen et le Front national jettent-ils de l’huile sur le feu dans cette affaire ? C’est ce que pensent certains membres de la majorité. Il faut dire que ce genre de faits divers ne fait que servir le FN, qui a depuis longtemps fait de l’insécurité son fond de commerce. Manuel Valls a indirectement répondu à la présidente du parti ce mardi : « Nous ne minimisons pas, mais l'objectif du gouvernement, c'est de rassurer et comprendre ce qu'il s'est passé. »

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