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    France

    Attentat à Charlie Hebdo: cinq dessinateurs emblématiques assassinés

    media Dessin de Plantu en hommage aux dessinateurs de Charlie Hebdo assassinés le 7 janvier 2015 Plantu / Le Monde

    Le choc, la stupeur, l’horreur. Douze personnes sont mortes dans une attaque qui a visé à la mi-journée ce mercredi 7 janvier la rédaction du journal Charlie Hebdo à Paris. La rédaction a été décimée. Ce sont des figures du journal qui ont été assassinées. Les terroristes ont pénétré dans la salle de rédaction tuant les personnes présentes à l'exception d'une femme épargnée. Parmi les victimes, cinq dessinateurs et caricaturistes extrêmement populaires, dont Charb.

    Charb, de son nom de plume, s’appelait Stéphane Charbonnier, 47 ans. Il était le directeur de publication de Charlie Hebdo depuis 2009. Ses dessins fétiches se nomment Maurice et Patapon. Le chien et le chat anticapitalistes se caractérisent par leur esprit corrosif et leur irrévérence. Mensuellement, il signait également une rubrique satirique appelée « la Fatwa de l’Ayatollah Charb » dans la gazette Fluide Glacial.

    ARCHIVE
    Nous on essaye de faire de la provocation toutes les semaines, c'est notre pain quotidien la provocation. On n'en fait pas plus avec l'Islam que sur les autres sujets.
    Charb Dessinateur et directeur de publication de Charlie Hebdo 07/01/2015 - par Sylvie Koffi Écouter

    Charb avait déjà vécu l’incendie du siège de Charlie Hebdo début novembre 2011, le jour de la parution du numéro intitulé Charia Hebdo avec Mahomet comme rédacteur en chef afin de souhaiter la victoire au parti Ennahda en Tunisie.

    Il avait sa rubrique dans Charlie Hebdo intitulée « Charb n'aime pas les gens ». Un de ses derniers dessins dans l’hebdomadaire est intitulé « toujours pas d'attentat en France ». Il montre un terroriste doigt levé qui prédit : « Attendez ! On a jusqu'à la fin janvier pour présenter ses vœux ». Un dessin amèrement prémonitoire.

    Cabu : un des plus célèbres caricaturistes français

    Cabu, Jean Cabut, allait fêter ses 77 ans dans quelques jours. Caricaturiste très populaire, résolument engagé à gauche, politiquement incorrect, rien n’échappait à la vivacité acerbe de sa plume.

    Il était entré au journal satirique Hara-Kiri en 1960, juste après avoir passé plus de deux ans comme appelé pendant la guerre d'Algérie. A Hara-Kiri, journal créé par François Cavanna et Bernier, il retrouve une ambiance qui correspond à ses idées. Il rejoint d'autres dessinateurs de talent : Gébé, Fred, Reiser, Wolinski, qui fait partie des victimes.

    Il collabore aussi au magazine Pilote à partir de 1962. C'est là qu'il crée son personnage fétiche Le Grand Duduche, lycéen lymphatique et maladroit inspiré par ses propres souvenirs d'adolescence à Châlons-en-Champagne, et également le personnage du « Beauf », qui est au départ l'archétype du Français râleur, raciste, violent, odieux en toutes circonstances. Après l'interdiction d'Hara-Kiri en 1970, il collabore à une nouvelle version hebdomadaire puis à Charlie Hebdo, à raison de deux pages par semaine, ainsi qu'au Canard Enchaîné.

    Tignous : l'art des stéréotypes

    Tignous, de son vrai nom Bernard Verlhac, 58 ans, faisait partie de cette équipe résolument ancrée à gauche. Ses caricatures ont vraiment touché tous les sujets. On se souvient par exemple d’un surtitre « Marine Le Pen a dédiabolisé le FN » avec une caricature de la présidente du Front national déguisée en clown avec un nez rouge portant la croix gammée. Un dessin spontané, parfois méchant, mais toujours pertinent.

    Il travaillait beaucoup sur les stéréotypes. Les riches étaient toujours énormes, les ouvriers gringalets. Il avait longtemps travaillé pour le journal communiste l'Humanité. De l'avis de ses proches, c’était vraiment une grande gueule, d'une grande générosité.

    Georges Wolinski très libre malgré ses 80 ans

    C’est dans Hara-Kiri Hebdo devenu par la suite Charlie Hebdo que Wolinski prend sa pleine mesure en dessinant de façon pratiquement hebdomadaire deux personnages : un gros sûr de lui et dominateur, et un maigre d’allure timide, qui tiennent des propos de café du commerce, mais toujours présentés de façon humoristique. Les dialogues entre ces deux personnages commençaient imperturbablement par un « Monsieur », qu’on devine prononcé avec beaucoup d’emphase. Par exemple :

    « Monsieur, je suis pour la liberté de la presse à condition que la presse n’en profite pas pour dire n’importe quoi ! », « Monsieur, il y a des moments où je me demande si ça valait la peine de gagner la guerre contre un homme qui nous aurait débarrassés du communisme ». Ou encore « Le socialisme, c’est comme la marijuana : c’est peut-être inoffensif, mais ça peut conduire à des drogues plus dures comme le communisme ».

    Le directeur du journal l'Humanité, Roland Leroy, qui apprécie l’humour de Wolinski, lui propose de devenir dessinateur officiel du journal, en lui garantissant qu’il pourra « y caracoler en toute liberté ». Au grand désespoir de ses compagnons plus radicaux comme François Cavanna. Wolinski accepte en donnant comme excuse que « ça l’amuse d’être honnête ». Il réserve alors ses dessins les plus corrosifs à Charlie Hebdo et Hara-Kiri.

    Wolinski franchira une dernière étape de sa carrière en devenant également dessinateur de presse à Paris Match : son mode de contestation a fini par faire partie du paysage français.

    Honoré

    Plus tard dans la soirée, la mort d'un cinquième dessinateur, Honoré, a été confirmée. Illustrateur, spécialiste du graphisme en noir et blanc, Philippe Honoré de son vrai nom, avait 73 ans.

    Georges Wolinski, Jean Cabut alias Cabu, Charb et Tignous BERTRAND GUAY, FRANCOIS GUILLOT, GUILLAUME BAPTISTE / AFP

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