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    France

    Charlie Hebdo: l'hommage mondial aux victimes de l'attentat

    media Face à l’ambassade de France à Rome, une jeune femme tient une pancarte «Je suis Charlie». REUTERS/Alessandro Bianchi

    Au lendemain de l’attaque meurtrière contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, qui a fait 12 morts et 11 blessés, l’émotion reste forte à travers le monde. Des manifestations spontanées avaient eu lieu dès mercredi soir dans de nombreux pays et se sont poursuivies tout au long de la journée.

    ■ En Turquie, des manifestants affligés

    Citoyens, partis politiques et organisations professionnelles de journalistes se sont mobilisés, rapporte notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion. A Istanbul, devant le Consulat général de France, où le drapeau tricolore est en berne, des œillets rouges et des bougies sont disposés par des anonymes, sur les escaliers. Plusieurs rassemblements ont par ailleurs déjà été organisés, et d’autres le seront dans les jours à venir.

    La foule n’est pas nombreuse, mais la gravité sur les visages témoigne d’une réelle affliction. Selma n’en revient pas de ces scènes de guerre dans la capitale française : « On ne s’attendait pas à quelque chose comme ça. Que ça se passe de cette manière en plein centre de Paris, et en plus contre un journal comme Charlie Hebdo qui avait déjà reçu tellement de menaces, c’est extrêmement choquant ».

    Ici, on n’ose dénoncer trop expressément le terrorisme islamiste, mais pour Ali, il était important de marquer son indignation par une présence, fût-elle symbolique : « Pour rendre hommage à ces journalistes, à ces hommes et cette femme qui ont été tués lâchement à Paris, au siège du journalNous sommes sous l'émotion et nous resterons là, je ne sais combien de temps mais on est là ».

    Rappelant leur attachement à la liberté d’expression, ces militants d’un petit parti de gauche se disent les crayons de Charlie Hebdo. Le gouvernement turc a condamné mercredi « une attaque méprisable qui n’a aucune excuse ni circonstance atténuante. »

    ■ A Jérusalem, des applaudissements en hommage aux victimes

    Une centaine de personnes ont bravé le froid pour se rassembler devant le Consulat de France, rapporte notre correspondante sur place, Murielle Paradon. Peggy Cidor est Israélienne et dit comprendre la douleur des Français, parce que les Israéliens connaissent aussi les attentats : « Justement, parce que nous avons vécu ce genre de situation tant de fois, je comprends très bien et je ressens une grande émotion (...) Donc je voulais absolument être là pour donner mon soutien. »

    Daniele Kriegel, elle, est journaliste, franco-israélienne. Pour elle, organiser cet hommage aux victimes de Charlie Hebdo à Jérusalem est très symbolique. « Jérusalem est une ville très difficile où on ne se rassemble pas beaucoup, explique-t-elle. On est chacun dans son groupe, chacun dans sa pensée, chacun avec son Dieu, même si c’est le même Dieu. Donc, c’était d’autant plus important de le faire à Jérusalem pour montrer qu’à Jérusalem on pouvait aussi se rassembler, qu’on pouvait aussi s’unir ». A Jérusalem comme à Paris les manifestants ont observé une minute de silence et brandi des pancartes : « Je suis Charlie Hebdo ».

    ■ Un rassemblement spontané à Moscou

    Une centaine de personnes - Français et Russes - ont pris part à un rassemblement spontané devant l’ambassade de France, a constaté notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne. Ils apportaient des bouquets de fleurs ou des bougies, ou tenaient à la main le slogan : « Je suis Charlie », en français ou en russe.

    « Tout simplement je ne pouvais pas ne pas venir aujourd’hui, affirme une femme. C’est très important. Quel que soit le pays, la France ou ailleurs, il est important que tous les pays expriment leur soutien à Charlie Hebdo, à la liberté d’expression et à la liberté tout simplement. »

    « Cet acte m’a choqué, poursuit une autre dame. Je ne pense pas que les auteurs de ce journal se moquaient des religions, ils se moquaient de ceux qui ne comprennent pas les religions et veulent en faire un dogme. C’est de la satire, mais cela a le droit d’exister. A mon avis, c’est ce qu’on appelle le journalisme, la liberté de la presse et la liberté d’expression. »

    Cet homme a suivi l’événement à la télévision : « Pour moi ça n’a pas d’importance si c’étaient des Français ou des Arabes. J’exprime mes profondes condoléances. »

    « Une ligne a été franchie, estime une participante. Je sais que c’est un journal satirique, humoristique, on peut dire que c’est un journal purement français. En Russie, il n’a pas de journal analogue. Peut-être ont-ils publié des choses qui auraient pu choquer certaines communautés, mais pour s'y opposer il ne faut pas tuer les gens. »

    ■ Rome : une retraite aux flambeaux en signe de solidarité

    Des centaines d'Italiens ont participé ce jeudi soir à la retraite aux flambeaux organisée en signe de solidarité par la fédération nationale de la presse et soutenue par diverses associations. Une retraite aux flambeaux animée par des conversations en tout genre, que notre correspondante à Rome, Anne Le Nir, a suivie. Les Italiens sont eux aussi « Charlie » et tous estiment que seule l'union peut aider à lutter contre toute forme de menace terroriste.

    Rarement la place Farnèse, où se situe le palais qui abrite l’ambassade de France à Rome, aura été aussi peuplée un soir de janvier. Il faut dire que les Italiens se sentent on ne peut plus proches de leurs cousins français. « Nous sommes là en tant que citoyens et citoyennes européens, a dit la réalisatrice Cristina Comencini et nous sommes bouleversés. Nous avons voulu le dire, nous sommes tous Français, nous sommes tous ‘Charlie’. Merci Charlie Hebdo ! »

    Dans la foule, on a pu rencontrer des hommes politiques de tous bords, dont le député de Forza Italia Luciano Malan. « Il est important d’être ici, que toutes les forces politiques italiennes soient présentes, a-t-il estimé. Ce n’est pas une question de droite ou de gauche, c’est une question de liberté. Il ne s’agit pas d’avoir les mêmes idées que celles des journalistes de Charlie Hebdo, il s’agit d’avoir la même idée de liberté. »

    Moins nombreux que prévu, les jeunes étaient surtout des étudiants universitaires, comme Guido âgé de 20 ans : « Je crois fermement dans la liberté de la presse, c’est pour ça que je suis venu, mais je connais aussi un peu le travail de Charlie Hebdo. Je trouve que cette attaque est scandaleuse », a-t-il confié.

    D’autres manifestations se tiendront à Rome ces prochains jours. Notamment à l’appel de l’association des Jeunes musulmans d’Italie (GMI), selon les déclarations du député de gauche Khalid Chaouki.

    ■ Les Néerlandais ont marché en silence

    Aux Pays-Bas également, des milliers de personnes se sont rassemblées en hommage aux victimes. Dans une vingtaine de communes, les Néerlandais ont marché en silence, brandissant des pancartes « Je suis Charlie », des bougies, des stylos ou d'anciennes Unes de l'hebdomadaire.

    A Amsterdam, la capitale néerlédaise, quelques milliers de personnes se sont rassemblées, brandissant également des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Non à l'extrémisme! » ou « Ensemble, nous sommes forts ! ». A Rotterdam, le maire de la ville, Ahmed Aboutaleb, a quant à lui assuré, en français : « Ce soir, je suis parisien et je suis Charlie, ce soir, nous sommes parisiens et nous sommes tous Charlie». A La Haye, un millier de personnes étaient rassemblées à côté des bâtiments du Parlement et du gouvernement néerlandais.

    En Allemagne, un registre de condoléances à l'ambassade

    En Allemagne aussi, l’émotion est grande. Mercredi soir, comme dans de nombreuses villes, près d’un millier de personnes s’étaient rassemblées devant l’ambassade de France, près de la porte de Brandebourg, à Berlin. Une autre manifestation y aura lieu dimanche après-midi. Des personnes y viennent en permanence se recueillir, déposer une fleur ou allumer une bougie.

    « Ça rappelle dans une certaine mesure le 11 septembre 2001, même si les dimensions sont différentes. Cela va changer l’Europe », estime un Berlinois.

    « Ça va bouleverser beaucoup de choses, pense aussi cette Allemande. C’est une atteinte radicale contre les libertés d’expression et de la presse que protège notre Constitution. Et personne ne peut encore dire si une explosion de violences aura lieu. »

    D’autres expriment leur sympathie dans le registre de condoléances mis à disposition au sein de l’ambassade de France. Angela Merkel y a écrit hier : « La France et l’Allemagne défendront ensemble les valeurs de liberté et de démocratie. Nous ferons tout pour défendre la liberté de la presse. »

    L’émotion reste grande en Allemagne. Au-delà de la sphère politico-médiatique, de nombreux anonymes expriment leur solidarité sur les réseaux sociaux ou en affichant « Je suis Charlie » sur leur lieu de travail.

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