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    France

    Attentat contre Charlie Hebdo: élan de solidarité dans le monde

    media Manifestation à New York après l'attentat contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. REUTERS/Carlo Allegri

    L'attaque qui a décimé mercredi 7 janvier la rédaction de l'hebomadaire satirique français Charlie Hebdo a soulevé une vague d'indignation internationale. Mercredi soir, en France mais aussi dans plusieurs pays du monde, des rassemblements ont eu lieu en signe de solidarité, derrière le slogan  « Je suis Charlie ».

    Dans plusieurs villes de l'Hexagone, 100 000 personnes se sont rassemblées pour rendre hommage aux victimes de l'attentat, mercredi soir.

    A Paris, la place de la République était noire de monde. Un rassemblement spontané, organisé sur les réseaux sociaux, auxquels ont participé de nombreux Parisiens, lecteurs ou non de Charlie Hebdo. « Ensemble, unis pour la démocratie », scandent les manifestants. Ils ont posé sur le sol quelques bougies et une vieille édition de Charlie Hebdo.

    Dominique
    La liberté d'expression et la liberté de pensée, c'est ce que l'on a de plus cher au monde, et je suis là pour le défendre.
    Participante au rassemblement, Place de la République, le 7 janvier 2015 08/01/2015 Écouter

    François et ses amis sont arrivés sur la place de la République à Paris, dès la fin de l’après-midi. Sur le front, ils portent une simple feuille sur laquelle ils ont marqué les mots : « Je suis Charlie », le slogan adopté par la plupart des manifestants. « C’est juste un message de solidarité pour dire qu’on est tous victimes de cet affreux attentat. On est là pour la démocratie. » Pour Dominique, « si pour continuer, il faut s'abonner en masse à Charlie Hebdo, on n'hésitera pas à le faire. »

    « C’est difficile de réaliser, témoigne un autre manifestant, c’est arrivé à deux pas de mon bureau et quand on voit les vidéos de ces gens cagoulés qui tirent sur des gens, c’est très choquant. Moi, je ne suis pas particulièrement lecteur de Charlie Hebdo, mais ils jouent un rôle dans le fonctionnement de notre société, dans la démocratie. Et heureusement qu’il y a des journaux comme ça qui existent. Ce qui est encore plus grave, c’est ce qui va se passer maintenant pour les autres journalistes qui peuvent avoir peur de faire leur métier. »

    Autour de la statue de la République, un sentiment de colère, mais surtout de gravité et de tristesse. Dans la foule, certains évoquent leur premier numéro de Charlie Hebdo, acheté dans les années 1970. « Ces dessinateurs, ces journalistes, nous ont accompagnés toute notre vie. C’est impossible d’imaginer que nous ne verrons plus jamais leurs signatures. »

    « Ne pas se laisser intimider »

    A Trafalgar Square, en plein cœur de Londres, plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux Français, se sont rassemblées en signe de soutien. La Marseillaise a été entonnée spontanément en haut des marches de Trafalgar Square, tandis que, le visage grave, les participants tenaient des pancartes « Je suis Charlie » ou brandissaient un stylo, rapporte la correspondante de RFI à Londres, Muriel Delcroix.

    Dans cette foule débordée par l’émotion, recueillie, de nombreux Français, mais aussi des citoyens britanniques parmi lesquels le philosophe Anthony Grayling, qui refuse de se laisser intimider : « Cette attaque devrait nous rendre encore plus déterminés à dire " non ". Non, nous n’accepterons pas votre façon de penser et d’agir ; nous, nous utilisons les stylos, les micros. Vous, vous utilisez les armes. Ce n’est pas ça la civilisation. »

    A Trafalgar square, le 7 janvier dans la soirée, lors d'une veillée de soutien à Charlie Hebdo REUTERS/Stefan Wermuth

    A ses côtés, un journaliste indépendant, Chris White, est encore abasourdi : « Je suis fort choqué, oui. Quelque chose comme ça, de si sauvage, de nihiliste, c’est bouleversant. »

    Le Royaume-Uni multiplie les messages de soutien à la France. La reine Elisabeth a adressé ses condoléances aux familles des victimes. Le Premier ministre David Cameron a dénoncé des meurtres révoltants. Le pays est inquiet. Si, pour l’instant, il n’est pas question d’accroître le niveau d’alerte déjà relevé depuis plusieurs mois à « sévère », une réunion d’urgence COBRA est prévue ce jeudi pour discuter et éventuellement revoir le dispositif antiterroriste à la lumière de l’attentat parisien.

    L’Espagne relève son niveau d’alerte

    L'Espagne est aussi dans la ligne de mire des jihadistes. En 2004, 192 personnes avaient été assassinées à Madrid par des islamistes. Un dispositif d'alerte spécifique a donc été mis en place dans le pays. Et avec l’attentat de Paris, il est passé de niveau 2 à niveau 3, selon notre correspondant à Madrid François Musseau. Le ministre de l'Intérieur Fernandez Diaz a annoncé que tous les intérêts français seront protégés.

    Plus généralement, on a peur ici d'être aussi une cible de prédilection pour les terroristes. Juan José, fonctionnaire, se dit même fataliste : « Je crois que c'est un problème dont on ne va pas se débarrasser de sitôt. Pendant très longtemps, je n'ai aucun doute que nous allons souffrir des attentats terroristes. »

    Pour beaucoup, ce n'est pas seulement la liberté d'expression qui est en jeu, c'est aussi la sensation de vulnérabilité dans n'importe quel secteur, n'importe quel endroit. Miki, hôtelier, invite toutefois à la prudence : « Je crois qu'il faut faire attention à ce que l'islamophobie ne s'installe pas en profondeur et que désormais, l'ennemi public ne devienne pas le musulman, le Maghrébin ou le Français d'origine culturelle arabe. Attention à cela ! » Pour l'instant, c'est la consternation générale, en particulier dans les rédactions des journaux qui, tous, ont manifesté leur colère.

    Danemark : sécurité renforcée autour du journal qui avait caricaturé Mahomet

    Apparemment, rien d’inhabituel sur la place de la mairie de Copenhague où se trouvent les bureaux de la rédaction du Jyllands-Posten, le journal qui avait caricaturé Mahomet, commente notre correspondante sur place Sung-Shim Courier. Du côté du journal, c’est le silence complet. Le quotidien a néanmoins posté une vidéo sur son site internet où le rédacteur du service étranger Flemming Rose s’est exprimé : « C’est intéressant de noter que le Jyllands-Posten est un journal avec une sensibilité qu’on peut qualifier de plutôt centre-droit, tandis que Charlie Hebdo est à la gauche du centre. Certains les appelleraient socialistes, mais ce que nous partageons, et c’est de cela qu’il s’agit ici, ce sont les fondements de la démocratie libérale. »

    Un jeune homme qui travaille dans les mêmes bâtiments que les journalistes du Jyllands-Posten confirme que les mesures de sécurité ont été considérablement renforcées par rapport à hier, bien qu’il rappelle que cela fait plusieurs années que d’importants dispositifs de sécurité ont été pris. Et ce, depuis des tentatives d’attentat en 2010. Pour lui, comme pour tous ceux qui fréquentent les bureaux, les instructions sont claires : aucun commentaire.

    A Bruxelles, une attaque contre les valeurs de l'Europe

    Ils étaient près d’un millier, ce mercredi soir, réunis au Parlement européen, indique notre bureau à Bruxelles. Les Unes de Charlie Hebdo à la main, des panneaux « Je suis Charlie », chacun a voulu marquer à sa façon son soutien et son hommage à l’hebdomadaire satirique. Malgré la tragédie, certains essaient de trouver dans ce rassemblement des motifs d’espoir, comme Elodie, une petite lanterne à la main : « J’ai regardé la presse et j’ai trouvé ça assez génial de revoir leurs dessins et de rire. Ils ont réussi à me faire rire aujourd’hui, et ça, je crois que c’est leur victoire. Et pour tout le monde ici aussi, c’est aussi la victoire contre le fanatisme. »

    Rassemblement de membres du Parlement européen, le 7 janvier 2015. REUTERS/Francois Lenoir

    Située dans le quartier européen de Bruxelles, la manifestation a aussi rassemblé des citoyens issus de toute l’Europe. Pour Jens, l’impact de cet attentat va en effet bien au-delà des frontières françaises. « On est complètement choqués de ce qui s’est passé, car c’est vraiment une attaque contre des valeurs fondamentales de l’Europe entière. » Le soutien à Charlie Hebdo, à la défense de valeurs communes à l’ensemble de l’Union européenne, tels étaient d’une certaine façon les mots d’ordre de ce rassemblement. En fait, mercredi, tout le monde se sentait un peu français.

    Aux Etats-Unis, élan de soutien malgré le froid polaire

    Les manifestations de solidarité se sont multipliées aux Etats-Unis mercredi. A Washington, un rassemblement a été organisé devant le musée de la presse, le Newseum, à l’initiative de la communauté française. Quelques centaines de personnes se sont retrouvées avec les « amis américains », indique notre correspondante sur place Anne-Marie Capomaccio.

    « Mon cœur est en France à Tours, à Paris et en Normandie, clame Adam. La France est le cœur de la démocratie et de la liberté de la presse. » Adam a vécu en France et il a tenu à participer mercredi soir devant le Newseum à une manifestation de solidarité. Un immense panneau « Je suis Charlie » s’affiche en lettres lumineuses.

    Zyed, un Tunisien, est venu avec son épouse. Ils arrivent tout droit de l’aéroport. Le couple a appris la nouvelle de l’attentat en descendant de l’avion qui les ramenait dans la capitale américaine. « Ce qui est très important, souligne-t-il, c’est de montrer que la solidarité n’est pas uniquement entre Français ou entre Européens, mais que nous aussi, en tant que musulmans, on est très solidaires. La liberté de la presse, c’est quelque chose de sacré. »

    Il faisait -10 degrés mercredi soir à Washington, et parmi les quelques centaines de personnes qui ont bravé le froid, des citoyens américains étaient là pour montrer leur solidarité avec les amis français. « Je suis là car je pense que nous ne devrions pas avoir peur, où que ce soit. Nous avons déjà expérimenté ça en Amérique : pas de peur ici, peur nulle part, pas de peur en France. Je suis Charlie ! »

    Rassemblement de soutien à Charlie Hebdo, à Union square, New York, le 7 janvier 2015.
    Le regard rieur de Cabu imprimé sur les banderoles [...] semble se demander ce qu'il fait là, parmi cette foule qui allume des bougies en son souvenir.
    Reportage 08/01/2015 Écouter

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