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    France

    Cybersécurité: lutter contre le terrorisme sur le terrain virtuel

    media La lutte contre le terrorisme se déplace de plus en plus sur le terrain du web. REUTERS/Kacper Pempel/Files

    Comment éviter de nouveaux attentats ? Comment mieux lutter contre les jihadistes ? Ces questions occupent le débat public en France depuis quinze jours. Ce mercredi matin, le gouvernement doit présenter ses enseignements des attaques menées par les frères Kouachi et Amedy Coulibaly contre Charlie Hebdo, une policière de Montrouge et une épicerie juive. Ces mesures présentées en conseil des ministres ce mercredi portent sur le travail des services de renseignement mais aussi sur le contrôle d’internet, car la cyber-sécurité est un enjeu majeur de la lutte contre le terrorisme.

    Il y a tout d’abord les contenus qui circulent sur la toile. Internet, on le sait, est un puissant moyen de propagande pour les groupes jihadistes et, pour Bernard Cazeneuve, le ministre français de l’Intérieur, le mouvement va croissant. « Même si les sociétés gestionnaires de ces médias sociaux sont aujourd’hui beaucoup plus soucieuses qu’elles ne l’étaient hier des contenus postés, l’utilisation d’internet par les groupes ou organisation terroristes s’est considérablement amplifiée en 2014. »

    Bernard Cazeneuve en veut pour preuve les signalements faits à Pharos, cette plateforme mise en place pour que les internautes puissent signaler les contenus qui leur semblent illicites, ces signalements ont été multipliés par trois en 2014 par rapport à 2013.

    Toucher les plus jeunes

    Et comme ils se savent surveillés, les jihadistes cryptent leurs messages. Une pratique pas totalement nouvelle, mais qui là aussi se généralise, selon Julie Gommes, analyste en cyber-sécurité chez Cybelangel, attachée à la veille sur les canaux de communication des groupes jihadistes.

    « En 2007, ils utilisaient la plateforme moudjahidine secrète qui leur permettait de chiffrer des messages, plutôt sur du format email et message long. En 2013, l’affaire Snowden a été plutôt un coup de booster pour eux et ils se sont mis à créer de nouvelles applications, mais surtout sur du mobile, surtout sur de la messagerie instantanée. Parce qu'encore une fois, on veut toucher plus large, on veut toucher nouveau, on veut toucher plus jeune. Qui a toujours son téléphone dans sa poche ? Ce sont bien les personnes qu’ils cherchent à allier à leur cause. »

    Les secteurs vitaux très surveillés

    Cette réalité s’est d’ailleurs rappelée à la France ces dernières semaines, dans la foulée de l’attentat qui a visé Charlie Hebdo. « Il a ensuite fallu faire face aux cyber-attaques malveillantes. Prenant la circonstance l’aspect d’un phénomène de masse inédit. Plus de 1300 attaques ont en effet été revendiquées par des équipes de hackers se revendiquant d’organisations islamistes ou saisissant l’opportunité de démontrer leurs capacités malfaisantes », affirme Bernard Cazeneuve.

    Des attaques de faible niveau technique qui n’ont pas eu d’impact sur le pays, mais Guillaume Poupard, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), veut anticiper des attaques de plus grande ampleur : « Nous nous  intéressons particulièrement à ceux qu’on appelle les opérateurs d’importance vitale, l’énergie, les transports, la finance. Tous ces opérateurs qui, en cas de dysfonctionnement, ont un impact pour eux-mêmes, très clairement, mais ont aussi un impact pour le reste de la nation. Imaginez quand il n’y a plus d’électricité, de train, c’est très grave. Très vite cela peut prendre des proportions [importantes]. C’est vraiment sur eux que l’on focalise une bonne part de notre attention aujourd’hui. » La loi impose désormais des règles de sécurité à ces opérateurs d’importance vitale.

    Les acteurs doivent prendre leurs responsabilités

    Certaines voix se sont fait entendre pour dénoncer ces mesures annoncées comme une atteinte aux libertés publiques. Un argument opposé à d’autres législations nationales, mais que rejette Thomas de Maizière, le ministre allemand de l’Intérieur. Pour lui, les Etats ne font que pallier certaines défaillances des acteurs du secteur.

    « Quelques minutes après les attentats de Paris, on pouvait voir, sur les réseaux sociaux, la terrible vidéo où le policier est abattu. J’ai exprimé mon indignation et demandé aux opérateurs de retirer eux-mêmes cette vidéo. Ils ne devraient pas attendre les instructions d’un ministre pour le faire. C’est toujours la même chose : plus les gens prendront leurs responsabilités, moins il y aura de lois. »

    Son homologue français, Bernard Cazeneuve, reconnait qu’instaurer un contrôle abusif serait une victoire pour les terroristes, mais il assure « tout faire pour que le cyberespace allie sécurité et libertés fondamentales ».

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