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    France

    Au Fipa, une «Anarchy» transmédia s’empare de la France

    media Anarchy, une proposition d'Olivier Bennoun et Michel Hassan. L'histoire ? Paris, novembre 2014. Le système bancaire français est en passe de s’écrouler et c’est toute la zone euro qui est menacée... Telfrance / Fipa

    Face à cette approche transmédia présentée au Festival international de programmes audiovisuel (Fipa) à Biarritz, le roman fiction de Michel Houellebecq sur la «Soumission» d’une France islamisée semble pâle comme la lune face au soleil. «Anarchy» est un webdocumentaire participatif, élaboré sur la base d’un scénario d’une France qui quitte la zone Euro et risque de tomber dans le chaos. Plusieurs millions de gens ont été touchés par cette histoire qui a été déployée sur plusieurs supports pour offrir une nouvelle expérience aux téléspectateurs, selon Boris Razon, à l’origine de ce projet innovateur, et directeur des nouvelles écritures et du transmédia à France Télévision. Entretien.

    RFI : Le modèle pour Anarchy, est-ce que c’était La Guerre des mondes, la célèbre adaptation radiophonique par Orson Welles en 1938 qui a fait croire à des millions d’Américains qu’une véritable invasion martienne avait lieu ?

    Boriz Razon : Pas vraiment. Evidemment, le fameux hoax d’Orson Welles est une source d’inspiration pour beaucoup de gens, mais nous avons eu la volonté et le désir qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur le côté fictionnel d’Anarchy. On ne voulait pas faire peur aux gens. On ne voulait pas créer de situation d’inquiétude. On voulait plutôt travailler sur le vertige qu'il peut y avoir entre fiction et réalité.

    Qu’est-ce qui a déclenché la décision de créer ce scénario d’une France qui sort en octobre 2014 de l’euro et risque de tomber dans le chaos ?

    Quand on avait commencé à imaginer cette histoire, c’était en 2007. C’était avant la crise financière internationale. En revanche, il y avait peu de temps avant la crise islandaise. On avait envie d’écrire une chronique et on s’est dit : qu’est-ce qui se passe quand on va jusqu’au bout de la crise islandaise ? Si, au lieu de l’appliquer à l’Islande, on l’appliquait à l’Europe ? Si, au lieu de l’appliquer à l’Europe, on l’appliquait à la France ? Donc on a tiré les fils de la crise islandaise et cela a donné cette histoire.

    Envoyer le 30 octobre 2014 un « urgent » avec l’annonce d’une conférence de presse convoquée par François Hollande, détourner des tweets, des photos, des articles du journal Le Monde, des chroniques sur France Inter, est-ce que cela ne risque pas de créer après un scénario réel ?

    Non, pas du tout. On l’a tristement vu. Pour le dire simplement, les gens sont aujourd’hui capables de jouer avec les codes de l’information et ils le comprennent très bien et ils sont aussi capables de jouer avec les codes de la fiction, d’écrire et de produire. C’est ça qui est bouleversant. Ils ne perdent jamais pied, ils comprennent bien dans quel monde ils sont et que le monde [virtuel, ndlr] dans lequel ils sont n’est pas la réalité. Et ils sont capables de jouer avec. C’est cela qui nous intéressait. De jouer ensemble à une grande histoire.

    Vous avez donné des chiffres : par exemple 2633 personnes se sont engagées et inscrites sur Anarchy. Par rapport aux 64 millions de Français, c’est un petit nombre, pourquoi cela est tout de même un projet grandiose à vos yeux ?

    Sur le site d’Anarchy et concernant le nombre de gens touchés par Anarchy, je pense qu’il y a eu plusieurs millions ! Au moins une centaine de milliers à l’antenne, il y avait 150 000 personnes sur le site, et parmi les 2633 personnes, il y avait environ 500 personnes qui ont écrit, et parfois énormément. Anarchy est comme publier un roman de 206 pages chaque jour ! Sur ces millions de personnes touchées, il y avait des gens qui ont pris le temps pour devenir romancier ou scénariste d’un personnage. Quelques-uns ont écrit un chapitre tous les jours. Et c’est cela qui est fou et qui rend ce projet gigantesque. C'est-à-dire comment on transforme des personnes qui ont l’habitude de s’asseoir dans un fauteuil et de regarder la télé ou twitter, en personnes qui commencent à écrire une histoire.

    Vous avez décliné Anarchy au-delà du site sur beaucoup d’autres supports dont la télé, avec un épisode chaque jeudi soir à 22h45 sur France 4. Avec quel succès ?

    A la télé, cela a marché moyennement, cela faisait 80 000 téléspectateurs avec le « replay ». Probablement, parce qu’on avait choisi un point de vue un peu décalé et « belge » sur cette histoire. Et, au fond, ce que les gens avait envie de voir, c’était plutôt cette histoire mise en scène – non pas dans un huis clos belge en France – mais de voir vraiment comment cette histoire se déploie dans le pays. Il nous manquait un peu de moyens pour faire cela. On n’avait pas assez d’argent.

    On sait qu’il y a des jeux vidéo comme Actav qui ont été lancés et détournés par les militaires pour affiner leurs stratégies militaires, et cela sans que les internautes fussent au courant. Est-ce que les renseignements généraux ou l’Elysée vous ont abordés pour savoir comment Anarchy fonctionne, comment cette fiction pourrait devenir réalité ?

    Non. Après, on ne sait pas ce qu’ont fait les services de renseignements…, mais on n’était pas abordé par l’Elysée. Il y avait quelques personnes qui ont signalé leur intérêt sur la méthode de travail en prospective, c'est-à-dire : est-ce que, en utilisant la fiction, il n’y a pas une manière collective de faire de la prospection. Evidemment, cela nous intéresse et on commence à y réfléchir. C’est notamment l’objet de la recherche universitaire qui a lieu en ce moment sur ce projet. De voir qu’est-ce que cela dit aussi de la société et qu’est-ce qu’elle peut devenir.

    Quel était le budget pour Anarchy ?

    Pour tout, c'est-à-dire : un site Internet avec une rédaction en temps réel présente pendant deux mois, une application et un site internet avec un développement lourd et compliqué avec des règles de jeu, une série de 8 x 25 minutes à l’antenne, une page dans le journal Le Monde, le budget total était un million d’euros.

    Combien de personnes étaient rémunérées dans le projet ?

    Il y avait environ 85 personnes qui travaillaient sur le projet, qui étaient rémunérées et qui étaient des professionnels, mais tous les auteurs dont les personnages ont été sélectionnés dans la série, ont aussi été rémunérés. Et enfin, les cent premiers auteurs gagnants ont chacun reçu un lot qui était une caméra GoPro.

    ► Le site de Anarchy sur France 4

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