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    France

    Auschwitz, 70 ans après: l'antisémitisme n'a pas disparu

    media Le nombre d'actes antisémites a doublé en France en 2014 par rapport à 2013. © www.licra.org

    Alors qu’ont lieu aujourd’hui les commémorations du 70ème anniversaire de la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz en Pologne, l’antisémitisme n'est toujours pas un thème réservé aux livres d'histoire. En France l’an dernier, le nombre d’actes antisémites a doublé par rapport à 2013, indique le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Michel Wieviorka, sociologue et auteur du livre L’antisémitisme expliqué aux jeunes, répond aux questions de RFI.

    Est-ce que vous pouvez nous donner une définition de ce qu’est aujourd’hui l’antisémitisme en France ?

    Michel Wieviorka : L’antisémitisme, c’est la haine, le mépris, le rejet d’un groupe qu’on appelle les Juifs, un groupe lui-même compliqué puisque c’est un groupe qui ne se définit pas uniquement par la religion, contrairement par exemple aux musulmans.

    Mais comment cet antisémitisme se traduit-il en France ?

    Cet antisémitisme est d’une certaine façon moins répandu qu’il pouvait l’être il y a un siècle en France où presque la moitié du pays était du côté des dreyfusards, du côté d’un certain antisémitisme. Il est moins répandu, mais là où il existe et où d’ailleurs il s’est déplacé, il est beaucoup plus virulent et même meurtrier. A l'époque, il était chrétien, catholique, protestant, orthodoxe éventuellement ; il était réparti essentiellement à droite et à l’extrême droite, avec aussi de l’antisémitisme de gauche par anticapitalisme. Aujourd’hui, il se retrouve essentiellement dans des secteurs issus de l’immigration ou dans une certaine jeunesse qui, au nom d’une certaine conception de la liberté d’expression, voudrait que tout puisse être dit.

    Qu’est-ce qui nourrit cet antisémitisme ?

    Le moteur initial, c’est une haine vieille de plus de 2 000 ans vis-à-vis d’un groupe qui a toujours fonctionné comme une sorte de bouc-émissaire des problèmes de la société. Il se nourrit donc d’abord de ces sources. Il se nourrit des transformations de la société. Il se nourrit aussi d’un conflit mal géré qui est le conflit israélo-palestinien et il se nourrit aussi de l’action très active de certains idéologues qui veulent absolument le développer. Ça a été le cas, par exemple dans les années 1980, de ce qu’on appelle le négationnisme, c’est-à-dire l’idée que, depuis 70 ans qu’on a découvert les camps, les chambres à gaz n’ont pas existé.

    Mais est-ce qu’il se nourrit davantage du conflit israélo-arabe ou des préjugés finalement qui persistent en France ?

    J’allais vous répondre « les deux ». Ce conflit non traité évidemment pourrit la situation à bien des égards. Est-ce que la haine d’Israël est première ou est-ce que c’est la haine des Juifs ? Ça doit dépendre des individus. C’est très compliqué à démêler, mais il y a aujourd’hui deux phénomènes importants. Le premier, c’est que contrairement aux années 50, 60 ou 70, après la compréhension de ce qu'avait impliqué Auschwitz et les chambres à gaz, il n’y avait pas beaucoup d’espace pour l’antisémitisme. C’était totalement criminel. Puis les coups de butoir ont été donnés et aujourd’hui l’espace antisémitisme est élargi. Deuxièmement, la haine d’Israël, pour différentes raisons, sous différentes formes, a évidemment alimenté l’essor récent de l’antisémitisme depuis une vingtaine d’années.

    Est-ce qu’il y a également des événements comme ce qui s’est passé début janvier, la prise d’otages dans un supermarché casher. Ce type d’événements peut-il également alimenter l’antisémitisme en France ?

    J’espère que c’est au contraire un événement qui donne à réfléchir et qui montre où peut conduire la détestation d’un groupe humain. Que des gens n’aiment pas des groupes auxquels ils n’appartiennent pas, c’est banal... Qu’ils n’aient pas spécialement envie de vivre avec eux, mais qu'ils s’en accommodent.... Qu’il y ait parfois des préjugés, ça ne fait pas plaisir... Mais de voir que tout ceci se transcrit en boucherie, en tuerie dans un magasin où les gens font leurs courses, je pense que ça doit au contraire soulever une indignation tellement large que ça doit plutôt faire reculer l’antisémitisme que de donner des idées à des gens. C’est en tout cas ce qu’on peut espérer.

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