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    France

    François Hollande: «Les agriculteurs ne doivent pas avoir peur»

    media François Hollande est venu rencontrer éleveurs et agriculteurs avec une sécurité renforcée. AFP PHOTO / POOL / STEPHANE DE SAKUTIN

    Le président François Hollande est ce samedi porte de Versailles, à Paris, pour sa visite inaugurale du salon de l'Agriculture. Veaux, vaches, cochons et poules sont au rendez-vous, comme chaque année. Mais le salon s'ouvre aussi avec une sécurité renforcée et sous tension, après les attentats de janvier dernier.

    Avec notre envoyée spécialeAnissa El Jabri  

    Les services de sécurité, dès l’arrivée du président, sont beaucoup plus nombreux que d’habitude. Ils sont aussi sur les dents, à une heure pourtant où, dans le salon des éleveurs, il n’y a pas encore de public. Un syndicaliste en fait notamment les frais. Alors que président doit échanger quelques mots avec le porte-parole de la Confédération paysanne, les policiers se trompent sur son identité et, en quelques secondes, le jettent à terre. 

    Il y a également un véritable enjeu politique à cette visite, à cinq semaines des élections départementales. Le Front national est donné par les sondages largement en tête, aux environs de 30 %. Or, le parti de Marine Le Pen réalise ses meilleurs scores dans les zones rurales. 

    A chaque fois qu’il s’arrête pour saluer et échanger avec un éleveur, le président de la République argumente : « C’est vrai que ce populisme ronge. On voit bien les campagnes qui se disent : "est-ce que l’on ne va pas être oubliées, on ne va pas être abandonnées ?" Le populisme dit qu’il faut sortir des pays qui adhèrent à l’Union européenne, de ce qui a été finalement la grande construction de ces cinquante dernières années : le marché commun, la Politique agricole commune, l’Union européenne. 

    Si on écoutait ces populistes, quelle serait la situation de l’agriculture aujourd’hui ? Il n’y aurait même plus d’aides qui seraient données aux agriculteurs, il n’y aurait plus de garanties sur un certain nombre de prix. Il n’y aurait plus d’interventions pour assurer justement la protection lors de moments difficiles. Donc rien que pour cette raison, les agriculteurs devraient être attachés à l’Europe. »

    « Maintenant, poursuit le chef de l'Etat, ils peuvent la contester sur un certain nombre de points : [par exemple] la directive Nitrates qui peut parfois leur faire peur. Mais les agriculteurs ne doivent pas avoir peur. Ils ont montré depuis tant de décennies qu’ils sont capables d’affronter un certain nombre de situations. Mais ce qui doit lutter contre le populisme, c’est la force de l’Etat. C’est sa capacité aussi à tracer un chemin d’avenir. »

    Le chef de l’Etat se veut rassurant. Il le répète en boucle face à des agriculteurs inquiets : promis, les ruraux ne seront pas oubliés.

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