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2015 : une année cruciale pour le climat

media Conséquences du réchauffement climatique, les phases de sécheresse se multiplient à travers le globe. Ici à Madagascar. CC/by-sa/2.0/Arnaud DG

Du 30 novembre au 11 décembre 2015, Paris va accueillir la 21e Conférence des Nations unies sur le climat (COP21). L’objectif est que tous les pays acceptent de se mobiliser pour enrayer le réchauffement du climat de la planète alors que les émissions de gaz à effet de serre ne cessent d’augmenter.

« La sécheresse est plus forte et quand la pluie arrive enfin, la terre est tellement desséchée qu’elle ne peut pas l’absorber. Je ne sais pas s’il fait plus chaud mais nos rendements baissent », constate Sawadogo Bila Wango face à son champ de mil dans la région de Guié, à 55 kilomètres au nord de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

Perturbations du cycle des pluies, hausse des températures et du niveau de la mer, déplacement des espèces, fonte des glaces, les conséquences des changements climatiques sont sorties des laboratoires des scientifiques du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC) pour devenir des réalités qui affectent désormais tous les continents.

Nous connaissons les causes et les conséquences

Contrairement à ce qui transparaît parfois dans l’opinion, la très grande majorité des scientifiques admet que le climat mondial connaît un réchauffement global. Nous en connaissons les causes : nos activités humaines, comme la combustion d’énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) ou l’agriculture émettent des gaz comme le dioxyde de carbone et le méthane qui s’accumulent depuis deux siècles dans l’atmosphère. Cette accumulation retient les rayons infrarouges du soleil qui se reflètent sur notre planète et la chaleur s’accumule.

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Les températures moyennes ont déjà augmenté de 0,85°C depuis 1880 et, selon le scénario le plus pessimiste des scientifiques du GIEC, l’augmentation pourrait atteindre 4,8°C à l’horizon 2100 si les émissions de gaz à effet de serre continuent à leur rythme actuel. Ces chiffres peuvent sembler dérisoires mais ce sont des moyennes à l’image de celle d’une classe comparée à celle de l’élève.

Si la température moyenne excède les 2 degrés, cela peut signifier + 6°C dans certains pays et -2°C dans d’autres ! Voilà comment les scientifiques sont arrivés à un consensus : pour que notre planète reste vivable dans des conditions acceptables par tous, il ne faut pas dépasser les 2°C de réchauffement global.

Paris Climat 2015 : un sursaut indispensable

La bonne nouvelle est que l’ampleur des dérèglements du climat dépend de la capacité de l’humanité à réagir. Depuis 1992, les Etats membres de la Convention des Nations unies sur le changement climatique négocient pour tenter d’enrayer le phénomène. Ces négociations internationales ont lentement pris de l’ampleur.

Lors de la conférence de 2011 en Afrique du Sud, les 195 pays membres de la Convention ont décidé de créer la plate-forme de Durban (dite « ADP ») pour travailler à un « protocole, à un instrument juridique ou à un résultat ayant force de loi ». Ce texte doit être validé à la Conférence de Paris Climat 2015 qui se déroulera du 30 novembre au 11 décembre. L’enjeu est que, pour la première fois, tous les pays du monde s’engagent à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre et à accompagner les pays les plus vulnérables pour les aider à s’adapter aux conséquences des dérèglements du climat.

Si cette conférence est cruciale, c’est parce que ce texte, une fois adopté par les Nations unies, devra être ratifié par chaque pays. Cela peut prendre cinq années, il ne sera donc effectif qu’à partir de 2020. Or, les scientifiques nous rappellent l’urgence d’agir. C’est dès maintenant qu’il faut mettre en œuvre des mesures ambitieuses si nous voulons respecter l’objectif de +2°C. Tous les secteurs de l’économie - énergie, industrie, transport, bâtiment, gestion des déchets et agriculture - doivent être mis à contribution. Nous connaissons les solutions, il faut les développer à grande échelle.

Restaurer la confiance

« Les changements climatiques sont le premier défi de l’humanité à solidarité obligatoire », rappelle l’expert Pierre Radanne. Si un seul pays se désolidarise, c’est l’ensemble qui est affecté, mais les 195 signataires de la Convention des Nations unies sur le climat ont des niveaux de développement disparates. Il faut donc parvenir à un accord équilibré qui respecte la notion de « responsabilité commune mais différenciée ».

Les pays industrialisés jugés responsables de la situation actuelle doivent non seulement réduire drastiquement leurs émissions mais aussi aider les pays les plus pauvres à s’engager vers un développement sobre en carbone au travers du transfert de technologies. Les plus vulnérables comme les petites îles du Pacifique et les pays africains attendent des engagements financiers clairs pour les aider à s’adapter.

Conséquences attendues des changements climatiques sur la planète. www.developpement-durable.gouv.fr © GIEC, Rapport 2014-volume 2

Quant aux pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud), ils polluent désormais plus que tous les pays industrialisés réunis mais ils refusent d’hypothéquer leur croissance. Il est donc urgent de créer un climat de confiance pour que chacun trouve son intérêt à prendre part au processus. D’autres échelons sont aussi porteurs de solutions comme les villes, les régions et les entreprises. La France a d’ailleurs entamé un travail de recensement de ces initiatives à travers l’« Agenda des solutions ».

RFI s’engage

Grâce à une équipe dédiée de journalistes dans ses rédactions à Paris et à ses 400 correspondants sur les 5 continents, RFI va vous aider à comprendre comment les différents pays du monde relèvent ces défis. Jusqu’en décembre 2015, nous vous proposerons des grands reportages, des invités et des débats dans nos éditions et nos magazines.

Pierre Radanne, expert en énergie et climat, décryptera les avancées des négociations internationales et les enjeux climatiques dans une chronique hebdomadaire le samedi matin à 5h20 (Afrique / Monde), à 7h25 (Monde) et à 8h20 (Afrique) et dans l’émission C’est pas du vent à 11h10 (Monde) et 11h10 TU (Afrique). Vous pourrez aussi retrouver sa chronique en vidéo sur le site internet de RFI : www.rfi.fr

La priorité pour les pays du continent, les populations, l'ensemble des acteurs économiques, des responsables politiques, c'est l'éradication de la pauvreté dans un continent où il y a encore des problèmes d'alimentation considérable, d'accès à l'énergie, de conditions de logements... Et on a aujourd'hui en Afrique encore une augmentation du nombre de populations qui est en bidonville compte tenu de la croissance démographique. Donc la question de la pauvreté est une question principale.
Pierre Radanne 03/03/2015 - par Anne-Cécile Bras Écouter

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