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    France

    «Mon roi» de Maïwenn, du lit à la thérapie

    media Emmanuelle Bercot et Vincent Cassel dans « Mon Roi » de Maïwenn, en lice pour la Palme d'or du Festival de Cannes 2015. Shanna Besson

    La réalisatrice française Maïwenn est pour l'instant la reine du rire du Festival de Cannes. Et pourtant, l’histoire de « Mon roi » s’annonçait plutôt lourdingue. Après un accident de ski, avec un genou en compote, Tony commence à comprendre pourquoi elle aime toujours l'homme qui l’a détruite. Au fur et à mesure de sa rééducation, elle accèdera à la compréhension de cette dépendance sentimentale. Un feu d’artifice de jeux de mots, pétages de plombs et crises de larmes, magistralement orchestré par un Vincent Cassel en très grande forme.

    « On se quitte toujours pour les mêmes raisons pour lesquelles on s’est aimé ». C’est Georgio (Vincent Cassel) qui avance la formule, un coureur de jupons jamais en manque d’un bon mot pour séduire et tromper les femmes qui l’entourent. Cette fois, c’est Tony (Emmanuelle Bercot), une avocate brillante et blessée, qui se retrouve sous l’emprise de ce prédateur qui met à genoux toutes ses conquêtes féminines avec une facilité déconcertante.

    Une séance chez la psy est offerte par la maison

    « Tu veux mon téléphone ? » Quatre mots suffisent pour charmer Tony, parce que le tombeur-restaurateur friqué ne lui laisse pas seulement son numéro, mais tout l’appareil pour rester en contact. Alors le petit flirt d’une nuit va se transformer en coup de foudre et mariage heureux. L’homme viril devenu son roi sera même le père de son enfant. Pour arriver à l’histoire d’amour qui finit mal, nous sommes invités à revivre le parcours de ce couple qui commence au lit et finit en thérapie.

    Au début du film, Marie-Antoinette (le vrai nom de Tony) se retrouve avec les ligaments croisés cassés au centre de rééducation. Pour apprendre à remarcher, une séance chez la psy est offerte par la maison. « Prononcez lentement le mot genou » lui demande la psychologue pour trouver ensuite à la vitesse de la lumière les vraies causes psychologiques de l’accident : pour elle, le « genou » renvoie à « je-nous ».

    Maïwenn a dédié son film « à tous les amoureux incompris ». Elle a aussi révélé que c’est l’expérience avec un ex-amoureux (« ni Luc Besson, ni Joey Starr ») qui lui avait donné l’idée du scénario qui grouille d’idées et de détails croustillants.

    La mode des flashbacks

    On aura aussi compris : les histoires rythmées par les flashbacks sont cette année la grande mode dans la compétition du Festival de Cannes. La majorité des films déjà présentés ont recours à la recette du retour an arrière : du Japonais Kore-Eda Hirokazuen passant par l’Italien Nanni Moretti ou le Norvégien Joachim Trier, jusqu’à l’Américain Gus Van Sant. Maïwenn nous offre la version la plus pétillante : avec des dialogues tranchés dans le vif, des scènes de ménage homériques et plein d’autres petits détails qui font qu’on ne s’ennuie pas une seconde pendant les deux heures du film.

    Cela surtout grâce à Vincent Cassel. L’acteur nous épate avec son interprétation ingénieuse de cet homme bipolaire qui pousse les femmes à bout. Sans oublier que c’est l’interprétation extrêmement souple de Tony par Emmanuelle Bercot qui permet à Cassel de briller si fort.

    Les atouts du film, l’énergie et l'émotion débordante représentent à la fin ses plus grandes faiblesses. L’esprit moqueur du début finit en système à provoquer les rires. L’équilibre entre comédie sociale et thérapie familiale bascule vers un nombrilisme peu alléchant. Maïwenn donne alors des réponses à des questions qui n’intéressent plus vraiment.

     

     

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