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    France

    La beuh, les selfies et les bitcoins arrivent dans le dictionnaire

    media L'édfition 2015 du Larousse avait intronisé, entre autres, 'vapoter' et 'zénitude' ... FRED DUFOUR / AFP

    Comme chaque année à la même époque, les éditeurs Larousse et Robert font connaître la liste des mots nouveaux qui font leur entrée dans la cuvée 2016 de leurs dictionnaires. Apparus dans le langage courant parfois depuis fort longtemps, ils sont néanmoins révélateurs de l’air du temps.

    Au fil des ans, c’est devenu un marronnier. Entendez par là, nous précise Le Petit Robert « un sujet rebattu qui reparaît régulièrement, en langage journalistique ». De quoi s’agit-il ? De l’annonce, tous les mois de mai, des mots nouveaux et des expressions nouvelles qui font leur apparition dans le dictionnaire, en l’occurrence dans Le Petit Larousse et Le Petit Robert, les deux ouvrages de référence les plus vendus en France.

    Cet événement annuel permet aux publications en question de se faire un peu de publicité tout en officialisant des mots ou expressions souvent entrés dans le langage courant depuis plusieurs années. Les éditions Larousse et Robert prouvent aussi, en creux, que les linguistes sont parfois en retard de quelques longueurs sur le monde dans lequel nous vivons tous. Ainsi, Le Petit Larousse découvre cette année que la sape est « un vêtement élégant et à la dernière mode », ce que la plupart d’entre vous saviez sans doute, déjà, depuis plusieurs décennies.

    Décalage linguistique

    Créé en 2008, le bitcoin fait désormais partie de la langue française. DR

    Le Petit Robert n’est pas en reste quand il nous révèle l’existence du bitcoin, cette « unité monétaire que l'on utilise sur internet » et qui a été créé en 2008. C'est-à-dire il y a quand même sept ans. Il faut cependant se montrer indulgent avec les éditeurs car ils se sont fixé des critères tout à fait respectables et compréhensibles pour consacrer un mot. Il faut qu’il soit « populaire », « souvent repris par les médias » et, par conséquent, « en rapport avec l’actualité sans risquer de disparaître rapidement ». Voilà d’où vient parfois le décalage avec le langage courant, et en particulier avec le langage médiatique.

    Exemple type de vocable médiatisé, le mot zadiste qui est, hélas, entré définitivement dans le langage usuel après un événement dramatique survenu le 26 octobre dernier : la mort de Rémi Fraisse, ce manifestant de 21 ans tué après l’explosion d’une grenade lancée par un gendarme sur le site du projet de barrage de Sivens, dans le Tarn, un homicide involontaire qui a connu un retentissement considérable en France. Le site de Sivens était désigné par le mouvement écologiste comme une Zone à défendre, donc une ZAD, d’où le mot zadiste qui a été prononcé des milliers de fois cette semaine-là et qui fait donc, logiquement, son apparition dans le dictionnaire quelques mois plus tard.

    Cette année, le Larousse et le Robert ajoutent ainsi chacun environ 150 mots et expressions nouvelles à leur répertoire riche de plus de 60 000 entrées. Comme souvent, la technologie est une grande pourvoyeuse de vocables nouveaux. Au bitcoin cité plus haut viennent ainsi s’ajouter le selfie - ou  égoportrait comme le décrivent fort à propos les Québécois – mais aussi le big data connu également dans le langage informatique sous le nom de mégadonnées et puis l’open data, ou donnée ouverte, qui est tout simplement une donnée numérique d'origine publique ou privée. Nouveau aussi, le captcha une association de lettres permettant de différencier de manière automatisée un utilisateur humain d’un ordinateur et donc d'éviter l'envoi de spams. Et enfin le titre de community manager, ou gestionnaire de communauté, fonction qui consiste à animer et à fédérer des communautés sur internet. Nous en avons même un, et non des moindres, à rfi.fr.

    Autre domaine créateur de néologismes, les transports et leur dérivés qui ont cette année mis au goût du jour les particules fines émises entre autres par les moteurs diesel et qui ont imposé en région parisienne la pratique, peu utilisée, de la circulation alternée, laquelle consiste à interdire la circulation à certaines catégories de véhicules en se fondant, par exemple, sur les plaques minéralogique (pairs un jour, impairs un autre jour). Cette pollution intempestive a également favorisé le covoiturage, autrement dit l'utilisation conjointe et organisée d'un véhicule, voire même à l’utilisation d’un gyropode ou transporteur personnel qui n’est autre un véhicule électrique monoplace à deux roues.

    Les bolos de l’anthropocène

    Le duo français Daft Punk est passé à la postérité. AFP

    La gastronomie (bistronomie), les sciences en général (anthropocène), mais aussi la politique (dédiabolisation) alimentent aussi régulièrement les dictionnaires en mots nouveaux et nous vous laisserons le soin d’assouvir votre curiosité en découvrant par vous-même l’origine et la signification de ces trois mots, si vous ne les connaissez pas déjà. Plus stupéfiante cette année, l’apparition du mot beuh dans le Petit Robert, mot d’argot très usuel qui désigne la marijuana ou encore celui de bolos qui dépeint une personne cérébralement défavorisée. Surprise aussi avec la reconnaissance de certaines expressions comme tendu comme un string ou maquillée comme un camion volé tellement imagées qu’elles ne nécessitent pas forcément, ici, d’explication détaillée.

    Comme il ne faut oublier personne, on terminera cette revue de détail par l’arrivée dans les dictionnaires de nouveaux noms propres . Le Larousse accueille dans les pages de son édition 2016 le philosophe Bernard Henri-Lévy, la pâtissier Pierre Hermé, l’acteur Michael Caine, l’artiste urbain Banksy mais aussi la sonde Rosetta et les studios d’animation Pixar. De son côté, Le Robert  fait passer à la postérité, pêle-mêle, le cybermilitant (ce mot n’existe pas encore mais tant pis, ce sera pour 2017) Julian Assange, l’auteur à succès Dan Brown, le duo électro Daft Punk, les cinéastes Ashgar Farhadi et Michel Gondry, le biathlète Martin Fourcade, la NSA, sans oublier évidemment la Zumba puisqu'il faut bien faire danser tous ces mots…

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