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    France

    «Marguerite et Julien», l’inceste entre kitsch et conte

    media « Marguerite & Julien » de Valérie Donzelli, en lice pour la Palme d'or du Festival de Cannes 2015. Céline Nieszawer

    Il était une fois… « Marguerite et Julien », une histoire d’inceste qui faisait, le mardi 19 mai, la montée des marches au Festival de Cannes. C’est sous forme d’un conte très particulier que la réalisatrice française Valérie Donzelli aborde ce tabou à travers une histoire d’amour du XVIIe siècle entre une sœur et un frère dans le nord de la France.

    Ils se jurent l’amour éternel et seront décapités le 2 décembre 1603, accusés d’inceste. L’histoire est vite racontée : un frère et une sœur s’aiment au-delà de la complicité fraternelle. Même une longue séparation pendant l’adolescence n’y change rien. Alors que les regards et les mots se cherchent encore, les corps se sont déjà trouvés. Pour verrouiller la tentation jugée diabolique à l’époque, les parents marient leur fille, qui souffre déjà d’une mauvaise réputation, à un vieux et riche collecteur d’impôts. Mais on n’arrête pas une tempête, ni deux âmes sœurs qui cherchent la fusion…

    Valérie Donzelle transforme l’histoire de Marguerite et Julien en un drame qui joue sur beaucoup de registres et saute entre de nombreuses époques : cela va de la Vierge Marie et Jésus jusqu’à l’apparition d’un tourne-disque et d’un poste de radio. L’inceste côtoie ici le kitsch et le conte, et on se perd un peu entre les effets recherchés par tous les moyens, du papier découpé jusqu’au frère déguisé comme une sorte de Zorro pour sauver sa sœur et son enfant, fruit de l’inceste.

    Une histoire bien connue

    Basée sur la légende de Julien et Marguerite de Ravalet, fils et fille du seigneur de Tourlaville, c’est une histoire bien connue dans le Cotentin. 40 ans après que François Truffaut eut abandonné le projet d’adapter pour le cinéma le scénario écrit par le scénariste Jean Gruault (Jules et Jim, L’Enfant sauvage), Valérie Donzelli, bien connue et beaucoup aimée depuis son bouleversant La Guerre est déclarée, a finalement relevé le défi et même tourné dans le véritable château de Tourlaville.

    Ce qui reste curieux, c’est que Valérie Donzelli traite de tout sauf de l’inceste qui reste illustré d’une manière superficielle. L’acte entre Marguerite (interprétée par une Anaïs Demoustier naïve et innocente) et Julien (campé par un Jérémie Elkaim plutôt raide) est montré comme n’importe quel amour interdit, condamné à vaguer dans une nébuleuse bulle de faits divers et mythologie : « Si nous sommes mariés, on est à la fois frère et sœur et mari et épouse, et nous serons à la fois père et mère et oncle et tante pour nos enfants. Et nos enfants seront à la fois frère et sœur et cousins germains. C’est grave », s’exclame Marguerite après la fuite. « Mais nous ne sommes pas mariés. Et quelque chose qui n’existe pas ne peut pas poser problème », s’en tire le frère par une pirouette.

    Libérer l'histoire des contraintes de son siècle

    Le côté ostentatoire et éclectique de la mise en scène frôle souvent l’artificiel, accompagné par une bande-son qui part de Vivaldi pour arriver aux années 1980 avec Midnight Summer Dream des Stranglers. Plutôt réussis sont les arrêts sur image, façon peintures à l’huile, où les acteurs arrêtent le temps et seules les flammes de bougie ont le droit de bouger. Donzelli voulait visiblement libérer l’histoire des contraintes de son siècle. Quoiqu’on comprenne l’apparition d’un cheval nommé Pégase, même d’un cerf, d’une biche ou d’un hibou dans l’histoire, il est quand même un peu douteux de faire traverser l’inceste de la fratrie des siècles sans aborder les évolutions sociales et politiques. À la fin, le thème de l’inceste a l’air d’un accessoire pour mettre en scène la virtuosité de la réalisatrice.

    ► Qui gagnera la Palme d’or 2015? Le classement au jour le jour

     

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