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    France

    Le cinéma français au service de la prévention routière

    media Le but n'est plus de faire peur mais de sensibiliser. AFP PHOTO/ DAMIEN MEYER

    Au moment où le Festival de Cannes met en valeur la fine fleur du cinéma mondial et hexagonal, deux courts-métrages de qualité tournés pour la prévention routière font leurs débuts dans les salles. Signés du duo Eric Toledano-Olivier Nakache et par Erick Zonca, ils abordent le sujet avec une sensibilité particulière.

    C’est la scène centrale d’un film qui a profondément marqué l’histoire du cinéma français : l’accident de la route à la suite duquel Pierre, le personnage interprété par Michel Piccoli, va trouver la mort au volant de son coupé Alfa Romeo dans Les Choses de la vie, de Claude Sautet (1970). Sans doute plus qu’aucune autre, cette scène – qui avait nécessité dix jours de tournage – a fait prendre conscience, à une époque où l’on se tuait beaucoup sur les routes de France, de la fragilité de l’existence tout en démontrant l’impact de la chose filmée sur l’inconscient collectif.

    Depuis, nombre de réalisateurs ont été mis à contribution par la Sécurité routière pour tourner des clips prévenant des dangers de la route et des risques dûs à la consommation d’alcool, à la vitesse excessive ou à l’inattention au volant, souvent en forçant le trait sur le côté brutal de l’accident. En 2015, la tendance a changé. Moins de violence et plus d'émotion, c’est à présent l’effet recherché pour continuer à toucher un public désormais saturé d'images choc, à une époque où les écrans sont partout.

    La Prévention routière fait donc désormais appel à des cinéastes qui préfèrent raconter les vies brisées plutôt que de choquer en montrant les accidents et sur des formats assez long pour ce type d'exercice (environ 5 mn.). Après Guillaume Canet, Rémi Bezançon, Mathieu Amalric ou Erick Zonca, Eric Toledano et Olivier Nakache sont les derniers à s'être prêtés à l'exercice avec un court métrage intitulé Le Bon vivant, sorti mercredi 20 mai et réalisé pour l'association Ferdinand - créée par l'acteur et réalisateur Patrick Chesnais suite à la mort de son fils dans un accident - avec la Fondation Vinci Autoroutes.
     
    Moins de scènes choc
     
    Les réalisateurs d'Intouchables y montrent Lucas, meneur d'une bande de potes avec qui il se déguise à la fac, s'incruste en soirée, rencontre des filles, et qui a « adoré la vie ». « J'aurais juste aimé qu'elle dure plus longtemps », précise-t-il alors que son visage s'efface sous un drap de morgue. Dans ce film, comme dans les autres, aucune image d'accident et quasiment aucune voiture.
     
    Les cinéastes racontent la vie heureuse qu'un accident peut briser, les relations difficiles d'un couple après l'accident, le quotidien qui doit continuer en l'absence d'un conjoint tué sur la route ou avec le poids de la responsabilité d'un accident mortel. « On a voulu créer un choc mais en le déplaçant : célébrer la "vie normale" de gamins de 20 ans insouciants mais qui peut, sur un moment, avoir une fin plus "trash", qui contraste avec la  légèreté ambiante », a expliqué Eric Toledano à l’Agence France-Presse.

    Erick Zonca a lui aussi signé un court métrage d’une grande délicatesse pour la Sécurité routière, film qui passe dans les salles depuis le 5 mai. Tourné sur près de 6 mn. Lorsque l'Amour sera mort montre « de la vie, qui file entre les doigts comme du sable ». Celui qui avait été couronné d’un César pour La Vie rêvée des anges met en scène une mère de famille interprétée par Elodie Bouchez qui fait ses courses dans un supermarché avec ses deux garçons un peu turbulents et un mari, Pascal Elbé, qui lui raconte avec ardeur sa journée de travail. On ne se rend compte qu’à la fin du film, que ce n’était qu’une illusion ...

    Surplus d’images

    Les images choc d'accidents ont longtemps été un ressort pour la prévention routière, avec une efficacité reconnue. Mais aujourd'hui, « les jeunes vivent dans une société d'images, ils en ont tout le temps, partout », explique Patrick Chesnais, qui a impulsé ce renouvellement avec Guillaume Canet à qui il a donné « carte blanche » en 2013. « Ils voient des choses mille fois plus trash, ce n'est pas un choc monumental pour eux de voir un accident », souligne Toledano. « Avec cette génération en surplus d'images, on se dit qu'on est peut-être plus fort dans la suggestion que dans la démonstration », complète Olivier Nakache.

    La Sécurité routière a également pris ce virage. « On a choisi de travailler sur l'après-accident, de ne pas montrer l'accident pour des raisons de budget - ça coûte cher - mais aussi pour être plus fort dans l'émotion (...) avec une fibre plus intime », explique Pascal Couvry, directeur de création chez Publicis qui élabore les scénarios des campagnes de la Sécurité routière. Les cinéastes apportent leur savoir-faire technique et un parti pris artistique. Toledano et Nakache ont ainsi filmé une scène au smartphone, donnant « un grain d'image identifiable » par les jeunes selon François-Brice Hincker de la Fondation Vinci Autoroutes; Guillaume Canet avait choisi de clore son film avec 25 secondes d'écran noir couvert du son d'un accident.

    Leur notoriété assure également un meilleur écho dans les plus de 700 salles de cinéma où ces petits films sont diffusés, à la télévision et sur internet pour un sujet plus que jamais d'actualité avec une mortalité routière repartie à la hausse en 2014 (3 388 morts, +3,7%) et début 2015. Face à ces mauvais chiffres, la Sécurité routière s'interroge toutefois sur l'opportunité d'un retour à quelques campagnes choc pour réveiller les automobilistes. Patrick Chesnais veut, lui, continuer à renouveler le genre avec des « petites œuvres cinématographiques ». « Comme pour le cinéma, il y a différents registres: du gore, du burlesque, du fantastique... Tout est possible », estime le réalisateur, qui rêve que Maïwenn, l’auteure de Polisse, rejoigne son projet l'an prochain.
     
    Avec AFP

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