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    France

    «La 50e édition du Festival Off d’Avignon marquera un tournant»

    media Des artistes du Festival Off collent leurs affiches dans les rues d’Avignon pour l’édition 2015 qui aura lieu du 4 au 26 juillet. AFP PHOTO / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

    Ce vendredi 3 juillet au soir, la Grande parade festive et colorée lancera la 50e édition du Festival Off d’Avignon qui aura lieu du 4 au 26 juillet. En un demi-siècle, ce rassemblement libre de compagnies indépendantes est devenu le plus grand rendez-vous théâtral d’Europe voire au monde. Cette année, 1336 spectacles de 1071 compagnies transformeront cette ville dans le sud de la France en une vaste scène de théâtre avec 1,3 million d'entrées prévues. Pour la première fois, la ministre de la Culture sera présente à l’ouverture. Entretien avec Greg Germain, acteur et réalisateur devenu le patron du Off, sur les « révolutions coperniciennes » du Festival.

    RFI : Est-ce que pour le Festival Off, la Grande parade dans les rues d’Avignon représente ce que la Cour d’honneur du Palais des Papes signifie pour le Festival In ?

    Greg Germain : Oui, on peut dire cela, parce que le Festival Off ne répond pas à une seule demande. Le Festival Off, ce sont beaucoup de théâtres et beaucoup de compagnies. Chacun ouvre et travaille quand il veut, mais nous avons décidé de faire une Grande parade d’ouverture, une fête, parce que c’est un festival pour pouvoir dire au monde, aux médias, aux compagnies, aux théâtres et au public que le Festival Off est lancé.

    C’est la 50e édition. Quelle est l’édition qui vous a marquée le plus ?

    Chacune me marque, mais l’édition 2003 quand il y avait la grève dans le In et où le Off avait continué à jouer, est pour moi un marqueur symbolique. Pour la première fois, les gens du Off se sont aperçus qu’ils pouvaient exister sans le In. Non pas contre le In, mais si le In n’est pas là, on peut quand même jouer. C’était une révolution copernicienne. C’est exactement la même révolution qui a eu lieu quand André Benedetto, en 1966, avait décidé de jouer. Il n’avait pas été invité par Jean Vilar, mais il avait un théâtre, une compagnie, une pièce, et il a décidé de jouer. [L’auteur et metteur en scène André Benedetto (1934-2009) avait créé en 1966 son spectacle « Statues » au théâtre des Carmes, en marge du programme officiel du festival, ndlr]. Et je crois que le Festival Off 2015, la cinquantième édition, va également marquer un tournant, parce que, pour la première fois, la ministre de la Culture décide en tant que telle de venir symboliquement à l’ouverture du Off.

    Cette année, le Festival In présentera une cinquantaine de spectacles pendant que le Off a programmé 1336 et pourtant, habituellement, les médias parlent surtout du In. Est-ce que c’est injuste ?

    Vous savez, ce que font les médias… On a besoin des médias, mais les compagnies viennent ici pour plusieurs choses : pour vendre leur spectacle, pour jouer devant un public et ensuite, les compagnies viennent aussi pour avoir un article de presse. Eh oui, nous sommes toujours un peu navrés quand la presse nous dit : « comprenez, nous ne pouvons pas couvrir le Off, il y a trop de pièces ». Mais aujourd’hui, il y a de plus en plus de presses alternatives et c’est cela que nous sommes en train de développer : il y a des blogs, des radios, des télévisions et nous-mêmes nous nous sommes dotés d’une télévision, la Festival Off WebTV, pour répondre à cette demande et ce besoin de nos compagnies.

    Depuis des mois, la « Cartocrise » fait des vagues, une infographie qui énumère et affiche une centaine de festivals en France qui ont été annulés ou supprimés. Pendant ce temps, le succès du Festival Off d’Avignon ne se dément pas. Néanmoins, certains disent que l’augmentation du nombre de compagnies et de comédiens qui participent au Festival Off n’est pas forcément un signe de vitalité du théâtre en France, mais peut-être aussi le résultat d’une certaine paupérisation des artistes et du théâtre. Qu’en pensez-vous ?

    Je suis tout à fait contre cette façon de voir les choses. Parce qu’il y en aurait beaucoup, cela se serait paupérisé ? On de devrait alors faire que du théâtre subventionné, à grands coups de millions [d’euros, ndlr] ? Moi, j’ai envie de faire du théâtre, que je sois subventionné ou pas. C’est ce que prouvent régulièrement les jeunes acteurs du Off. Ne nous ne trompons pas : ce sont des jeunes personnes qui font le Off, ce ne sont pas de personnes qui se disent : je ne travaille pas, je n’ai pas d’argent. Elles veulent travailler, parce qu’elles veulent faire leur art. Elles ont l’impression de vivre leur vie en faisant cela. Donc, cela n’est pas du tout une paupérisation. C’est un raisonnement abominable, un raisonnement de nantis. Ce n’est pas, parce que les gens n’ont pas d’argent qu’ils ne doivent pas faire du théâtre. C’est quelque chose de fondamental pour moi. C’est difficile de faire du théâtre. C’est difficile de venir dans le Off, de passer 23 jours à tracter, à coller ses affiches, à jouer… Mais quel plaisir immense de parler avec un spectateur dans la rue, de lui distribuer un tract, de lui parler de votre spectacle. C’est Molière, c’est Shakespeare, c’est Racine, c’est Corneille ! Parler de ça à quelqu’un qui n’en a peut-être jamais entendu parler et de retrouver cette personne-là dans la salle en train de vous applaudir, parce que vous l’avez convaincue, ceci est de la vraie démocratisation culturelle, de la vraie médiation culturelle. Et dans cela que le Festival Off est vertueux.

    Olivier Py signe son deuxième Festival d’Avignon en tant que directeur. Il a joué dans le In et le Off. Avec lui, la relation entre le In et le Off a-t-elle changé ?

    Non, je crois qu’Olivier Py représente l’institution et en tant que telle l’institution n’a pas pour habitude de regarder le Off. Tous les metteurs en scène, acteurs, scénographes ou auteurs de renom ont joué, joueront ou sont en train de jouer dans le Off. C’est comme ça. Monsieur Py ne fait que représenter l’institution. Si l’institution ne regarde pas le Off, Monsieur Py, qui est l’institution, ne regardera pas le Off non plus. Et je ne lui en tiens pas rigueur. Les choses sont comme ça.

    Beaucoup de comédiens et directeurs de théâtre expriment leur inquiétude concernant une véritable crise de la culture en France. Ils se sentent de plus en plus isolés. En même temps, suite aux attentats contre Charlie Hebdo, le Festival In a créé l’édition 2015 sur le thème « Je suis l’autre ». Est-ce que le rôle du théâtre et de la culture a changé ?

    Il est évident que les budgets sont contraints et c’est difficile pour un acteur ou un metteur en scène. Quant à votre deuxième question, nous avons besoin de créer du lien social. C’est en cela que le Off est vertueux. Il est anormal que le Off soit dans cette ville depuis 50 ans et le In depuis 70 ans et qu’il y ait autant de gens qui votent pour la fermeture et la non-ouverture à l’autre dans cette région où il y a une extrême droite très forte qui vote pour qu’il n’y ait pas d’étrangers. Or, le Off répond évidemment, sans le savoir, à cette chose. En France, qui est le plus grand festival de compagnies étrangères ? C’est le festival Off d’Avignon. Cette année, il y a 126 compagnies étrangères de 27 pays. C’est un vrai témoignage de l’ouverture vers l’autre. Nous n’avons pas besoin de montrer que « nous sommes Charlie ». Nous sommes des Charlies de toute façon. 

    Greg Germain, le patron du Festival Off d'Avignon qui fête en 2015 sa 50e édition. Charlotte Schousboe

    ► Le programme du 50e Festival Off d’Avignon, du 4 au 26 juillet
    ► Le programme du 69e Festival In d’Avignon, du 4 au 25 juillet

     

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