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    France: enquête sur la mort d’un viticulteur à cause d’un pesticide

    media Epandage de pesticide dans un champ de Villefranche-de-Lauragais, dans le sud de la France, le 3 avril 2015. AFP PHOTO / REMY GABALDA

    Une procédure pénale a été ouverte au sein du pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Paris pour déterminer les responsabilités dans la mort du vigneron James-Bernard Murat, suite à l’utilisation d’arsénite de soude, un pesticide autorisé dans la viticulture, alors qu’ils était interdit dans les autres secteurs agricoles. C’est une première en France.

    En décembre 2012, James-Bernard Murat s’éteignait des suites d’un cancer des bronches fulgurant. Son cancer, avait été reconnu « maladie professionnelle » l’année précédente. La faute à un pesticide, l’arsenite de sodium (ou de soude), qu’il épandait depuis 42 ans sur ses parcelles. Ce produit est depuis longtemps utilisé pour lutter contre l’esca, un champignon ravageur pour les cultures de la vigne.

    Aujourd’hui, sa fille Valérie Murat compte « briser l’omerta » qui règne dans le secteur viticole sur la dangerosité des pesticides. « La consommation de pesticides dans la viticulture est colossale, rappelle Valérie Murat. Les vignes couvrent seulement 3% de la surface agricole en France, mais elles absorbent 20% du tonnage annuel de pesticides. »

    Mais ce qui la taraude le plus, c’est que si les composés à base d’arsénic sont interdits dans l’agriculture depuis 1973, l’arsénite de sodium, lui, est resté autorisé dans la viticulture jusqu’en 2001. « Mon père, comme tous les viticulteurs, a été trompé par les distributeurs et revendeurs qui vantaient ce produit à base d’arsénic. » Un produit efficace, en lequel les viticulteurs « avaient confiance » dès lors qu’il était homologué par le ministère de l’Agriculture, qui autorisait alors sa mise sur le marché.

    Au vu des éléments du dossier, le parquet a décidé de donner suite à la plainte contre X pour homicide involontaire qu’elle avait déposé le 27 avril 2015. Une enquête préliminaire a donc été ouverte.

    Si le lien entre l'usage des produits chimiques et le développement de maladies chez les agriculteurs avait déjà été avéré, c'est la première fois qu'une plainte au pénal est déposée pour faire la lumière sur la responsabilité des firmes qui ont continué à vendre ces produits, malgré l'interdiction légale.

    « Omerta » et maladies

    Difficile de recenser le nombre d’agriculteurs malades à cause des pesticides qu’ils épandent sur leurs parcelles. Avec 65 000 tonnes pulvérisés chaque année, la France est le premier consommateur de pesticides en Europe. Dans sa dernière étude sur le sujet, l’Iinserm (l’Institut national de la santé et de la recherche médicale) conclue qu’il existe un lien entre l’usage de pesticides et les maladies cancérigènes contractées par les agriculteurs, mais qu’il existe encore trop peu d’études quantitatives et épidémiologiques à ce sujet. Du côté des associations qui militent pour une meilleure information sur la nocivité des pesticides - telles que Générations futures ou Phyto-victimes - on estime que de plus en plus d’agriculteurs se plaignent d’affections chroniques et persistantes, certainement liées aux produits chimiques.

    Selon Valérie Murat, les agriculteurs n’osent souvent pas parler des maladies qu’ils développent : « les paysans se sentent à la fois victimes et responsables, car ce sont eux qui les épandent sur leurs terres. Et puis, ils subissent des pressions... » Avant d’ajouter : « depuis que j’ai déposé plainte, je reçois beaucoup de mails d’agriculteurs qui me racontent leurs cas. Tant mieux, parce qu’il faut que la parole se libère. Il y a beaucoup de gens qui veulent nous faire taire, ceux que ça n’arrange pas qu’on dénonce l’impact sanitaire des pesticides. »

    En clair, elle pointe du doigt les firmes qui ont fabriqué ce produit, les services de l'État qui l’ont autorisé et la MSA, la sécurité sociale agricole qui n’a « jamais alerté [son] père des risques encourus » alors qu’elle avait classé l’arsenite de sodium au tableau de ses pathologies professionnelles dès 1955.

    En toile fond de cette enquête qui pourrait durer entre trois mois et un an : l’espoir que des mesures seront prises pour « changer les pratiques et les mentalités » dans les filières agricoles.

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