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    Chantage contre le Maroc: l’avocat de la journaliste évoque un «piège»

    media Le roi du Maroc Mohammed VI en octobre 2008. (Photo : AFP)

    Les deux journalistes français soupçonnés d'avoir voulu faire chanter le royaume du Maroc avec des informations supposées gênantes et d'avoir extorqué un acompte de 40 000 euros, ont été déférés devant la justice ce vendredi soir.
     

    Maître Eric Moutet, l'avocat de la journaliste Catherine Graciet, soupçonnée avec son confrère Eric Laurent d'avoir voulu faire chanter le Maroc, confirme : un « deal financier » a bien eu lieu entre le royaume et les deux journalistes. Mais ils ont été « piégés » par des « enregistrements sauvages », a-t-il affirmé à l'AFP. « Le contexte du dossier est très troublant : le royaume marocain a des comptes évidents à solder avec Catherine Graciet et un nouveau livre sur l'entourage du roi est en préparation au moment où le deal financier se met en place », a estimé Me Eric Moutet. En 2012, Catherine Graciet et Eric Laurent avaient publié Le Roi prédateur, une enquête à charge contre Mohammed VI.

    Les deux journalistes français ont été interpellés jeudi 27 août alors qu'ils participaient à un rendez-vous organisé dans un restaurant parisien. La rencontre était surveillée par la police française, saisie après une plainte déposée par le Maroc pour tentative de chantage et d'extorsion de fonds. Une information judiciaire est d'ailleurs ouverte, à Paris, depuis mercredi, pour ces mêmes délits. Selon une source judiciaire, une somme d'argent a bien été échangée et acceptée.

    L'avocat du Maroc, maître Eric Dupont-Moretti, affirme pour sa part qu'Eric Laurent aurait contacté le palais royal marocain le 23 juillet pour prévenir qu'il préparait, avec Catherine Graciet, un livre « compromettant » pour Mohammed VI. Selon l'avocat, Eric Laurent aurait par ailleurs demandé trois millions d'euros pour ne pas publier le livre. Cette demande aurait même été réitérée jeudi, alors qu'il était surveillé par la police.

    Placés jeudi en garde à vue, les deux journalistes sont arrivés ce vendredi soir au palais de justice de Paris pour être présentés à un juge d'instruction qui doit décider de leur éventuelle mise en examen.

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