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    France

    Visa pour l’image: une fresque à 180°, à la mesure du fleuve Congo

    media La fresque du fleuve Congo en onze photos signées Pascal Maitre au couvent des Minimes de Perpignan. Christophe Carmarans / RFI

    Grand spécialiste de l’Afrique, le photographe français Pascal Maitre expose à Visa pour l’image une série de photos prises sur le fleuve Congo pour le magazine National Geographic. Point d’orgue de l’expo, une fresque gigantesque à 180 degrés sous la coupole du couvent des Minimes de Perpignan.

    Être un habitué de Visa pour l’image offre parfois des privilèges. Modeste comme il est, Pascal Maitre – dont c’est la huitième participation (un record) au festival international de photojournalisme de Perpignan - n’aurait sans doute jamais exigé un tel honneur mais le résultat est là. En plus de ses photos, superbes, prises au cours de quatre voyages successifs sur la partie navigable du fleuve Congo (1 700 km sur une longueur totale de 4 700 km) pour le compte du magazine américain National Geographic, il expose au couvent des Minimes de Perpignan une gigantesque fresque en arc-de-cercle, une œuvre de 4 mètres de long à 180 degrés qui donne la pleine mesure de l’immensité du deuxième plus grand cours d’eau du monde.

    Prise au téléobjectif, cette œuvre hors du commun montre la vie qui se déroule sur un bateau de 450 m de longueur, un décor qui mêle le gigantisme du fleuve (il atteint à certains endroits jusqu’à 16 km de large) et la densité de la forêt équatoriale qui sert de fond à la prise de vue. Et sur le bateau, véritable ville flottante : des hommes, des femmes qui vaquent à leurs occupation. Car Pascal Maitre place toujours l’humain au centre de son travail. Cette fresque, c’est un véritable tour de force et son auteur lui-même n’était pas vraiment sûr du résultat quand il s’y est attelé. « En faisant le reportage, dit-il, je me posais la question de comment j’allais rendre ce travail visible, comment faire tenir un bateau aussi long dans une seule photo. Si vous faites au téléobjectif, vous n’aurez jamais la longueur. Et si vous la mettez en double page dans un magazine, elle fait 3 cm de haut, vous n’y arrivez jamais ! »

    Un tour de force

    Pascal Maitre. Christophe Carmarans / RFI

    Après s’être bien creusé les méninges, Pascal a trouvé la solution : faire une série de photos qui seraient reliées bout à bout, ce qui techniquement était quand même très compliqué. « J’ai pris toutes les photos sur pied et j’ai fait onze images, dans un laps de temps très court, à peine 4-5 secondes. Moi, j’étais sur une pirogue qui bougeait. Et il fallait être très à l’horizontale. Sinon, à la fin, vous n’êtes plus dans le bateau que vous visez et, à la onzième photo, si vous ne faites pas attention, vous photographiez le ciel. Alors, il faut être assez loin pour être au téléobjectif et pour qu’il n’y ait pas de déformation.J’ai fait cinq ou six séries et je n’en ai qu’une seule qui a fonctionné. Et sur les onze photos, au milieu, il y en a quand même une qui est légèrement floue. »Il lui a aussi fallu composer avec des sujets pas très coopératifs au départ, car guère enclins à se faire photographier et à être épiés au téléobjectif. « Les gens sur le bateau étaient fâchés, reconnaît-il. Ils m’ont même envoyé les militaires. »

    « Le plus dur, reprend-il, dans ce type de photos, c’est qu’il faut se faire oublier des gens. Au début, tout le monde s’arrête, tout le monde crie parce ils ne sont pas très contents d’être pris en photo plus ou moins à leur insu. On se fait insulter. Alors, il faut attendre un peu. » La patience étant la meilleure alliée du photographe, Pascal Maitre a fini par se faire oublier. « Sur la photo, il n’y a pratiquement plus personne qui me regarde. C’est parce que c’est la dernière tentative. Si vous regardez bien la photo, il y a quelqu’un qui se fait couper les cheveux, il y en d’autres qui vendent, il y a un pasteur qui fait la prière. Cela représente vraiment le fleuve. Après, l’autre difficulté, c’est qu’il fallait que le point soit bien sur le bateau et pas sur la forêt. ».

    Les prises de vue effectuées, restait à trouver le support adéquat pour exposer ce travail. Nouveau casse-tête. « Je pensais, avoue le natif de Châteauroux, que ça pourrait paraître dans un magazine. Certains le font, sur trois-quatre pages. Mais avec le rapport hauteur / longueur du bateau, vous avez beau tourner le problème dans tous les sens, il n’y avait qu’une immense photo qui pouvait le rendre. »Sa première idée était de présenter sa photo à plat, mais son acolyte Jean-François Bressol, qui s’est chargé des tirages, a eu l’idée de mettre les onze bout à bout en arc-de-cercle. Et c’est au directeur de Visa pour l’image Jean-François Leroy que revient l’astuce d’avoir trouvé la coupole du couvent des Minimes comme support à la fresque.

    Une grande aventure

    Pascal Maitre expose ses photos du fleuve Congo au bord duquel vivent 30 millions de personnes ...et quelques animaux. © Pascal Maitre / Cosmos / National Geographic Magazine

    « Après, reconnait Pascal Maitre, il faut s’appliquer pour que ça ne perde pas en qualité. Ils ont dû refaire le tirage deux fois, car au collage, ça cloquait. C’est vraiment du boulot, il y a vingt-cinq heures d’impression ! Donc, quand il faut recommencer, c’est un peu chaud ! », s’amuse-t-il à présent. Grand spécialiste de l’Afrique qu’il a sillonnée dans tous les sens, Pascal Maitre ne cache pas son admiration pour ces hommes et ces femmes qui vivent sur et autour du fleuve (19 millions de personnes environ le long des rives) car c’est une vie dure, où il faut être costaud. Il y a de la dureté mais très peu de violence, si ce n’est celle de la nature, avec entre autres des orages cataclysmiques dont il a fait plusieurs fois l’expérience.

    Dans cette Afrique entrée de plain-pied dans le XXIe siècle, il tient à le souligner, le rapport au temps n’est pas le même sur le fleuve. « On ne sait jamais exactement quel jour le bateau part et on sait encore moins quand il va arriver, précise-t-il. Donc vous partez pour quatre semaines et parfois ça peut durer quatre mois. » « Il y a par exemple un bateau que j’ai vu une fois lors de mon premier voyage. Je l’ai croisé sept mois plus tard et il n’était toujours pas arrivé ! J’ai vu des gens qui avaient déjà passé sept mois sur le bateau ! Et pendant ce temps-là, il faut se nourrir, il faut se débrouiller. Les gens voyagent pour des raisons familiales, économiques, tout ce dont on a besoin. Beaucoup de gens voyagent seuls, mais il y a de l’entraide. C’est une grande leçon de courage et d’énergie. Et c’est aussi une grande aventure », conclut-il.

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