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    France

    A la Fiac 2015, l’art se regarde dans un miroir

    media Un visiteur de la Fiac regarde « Civitas Solis » (2015) de l’artiste sud-coréen Lee Bul sous la nef du Grand Palais, Paris. AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT

    L’art contemporain est-il notre contemporain ? Mettez la Fiac à l’épreuve. La 42e édition de la plus grande Foire d’art contemporain en France ouvre ses portes, ce jeudi 22 octobre. Jusqu’au dimanche 25 octobre, 173 galeries internationales dont 42 françaises exposent plus de 3 000 artistes sous la nef du Grand Palais et attendent des passionnés et des collectionneurs du monde entier. L’occasion d’aller à la rencontre d’œuvres d'art qui semblent de plus en plus hermétiques aux turbulences du monde actuel.

    Deux fenêtres, tout un symbole. Mais au lieu d’être une ouverture sur le monde, The Stillness (2014) et The Nowhere (2015), de l’artiste new-yorkais de nationalité suisse Ugo Rondinone, renvoient vers une introspection qui nous enferme sur nous-mêmes.

    « Une fenêtre est censée ouvrir vers le monde extérieur », explique Maxime de la Brousse, de la galerie Gladstone, « mais dans le cas des deux fenêtres, la vue est bouchée par des panneaux de couleurs, rouge et noir. Donc au lieu d’avoir le regard qui peut s’échapper sur un paysage ou quelque chose qui soit extérieur à la pièce dans laquelle on se trouve, les fenêtres nous renvoient à nous-mêmes. En plus, le plexiglas nous renvoie d’une manière de plus ou moins floue notre image. »

    Une absence criante dans une cage dorée

    A la Fiac, le monde entier est invité, sauf le monde qui nous entoure, qui lui semble être exclu. Sur les toiles qui dominent les cimaises, il y a une absence criante des défis qui remplissent les journaux. Sous la coupole du Grand Palais, aucun réfugié, aucune crise ou catastrophe à l’horizon. Ici, la fenêtre du marché de l’art s’ouvre sur une cage dorée, presque exclusivement centrée sur un univers que les fortunés de ce monde veulent bien collectionner et regarder chez eux.

    Pas étonnant alors que le miroir et la réflexion sur soi, soient des thèmes qu’on retrouve souvent sur ces stands bondés de visiteurs. Céleste Boursier-Mougenot, une immense artiste qui nous a déjà fait rêver, nous tend aux Xippas Galleries un Miroir (2015) qui intègre le contour de notre tête dans un écran d’ordinateur, le tout encadré comme une toile de maître.

    Un miroir cassé pour conjurer le sort ?

    À la galerie berlinoise Nagel Draxler, Kader Attia soigne nos blessures intimes avec Repaired Broken Mirror (2015), une œuvre où des agrafes clouées retiennent le passé et le présent en une seule pièce. Un peu plus loin, un tableau de Rudolf Stingel (Untitled, 2013) couvert de peinture dorée nous renvoie notre propre image sur le tableau. Reste la question, la seule qui vaille à la Fiac: qui est prêt à débourser 450 000 dollars pour se regarder en face ?

    Détail de l'oeuvre de Carol Bove : Untitled, 2014. Peacock feathers on linen. 4 part sculpture 245,1 x 492,8 x 12,7 cm. Galery David Zwirner, New York. Siegfried Forster / RFI

    À la galerie David Zwirner, le paon se dépasse, ne fait pas seulement la roue, mais un tableau tout entier. Des centaines de plumes de paon composées comme un rêve sur cinq mètres de large et deux mètres et demi de haut. Une mer de nuances de bleu-vert, violet, dorée avec des reflets métalliques. Une œuvre magique qui n’a pas besoin de titre (Untitled, peacock feathers on linen, 2014), créée par l’artiste new-yorkaise Carol Bove.

    Le paon dans l'art

    Dans Peacock Vanitas (2015) de l’artiste belge Hans Op de Beeck, le paon, fier de sa splendeur, prend encore la pose, mais se trouve plongé dans une ambiance de gris morose, au-dessus d’un crâne. À la galerie autrichienne Krinzinger, notre admiration pour la légendaire beauté du plumage est retournée et détournée.

    Chez le galeriste parisien Kamel Mennour, Huang Yong Ping a peut-être trouvé la parade aux questions qu’on ne se pose pas ici à la Fiac. D’origine chinoise et naturalisé français, cette figure majeure de l’art d’avant-garde chinois a réussi à exprimer la tension culturelle et spirituelle qui règne à l’intérieur de lui-même entre Occident et Orient. Résultat : une chimère en poils de chien, un daim coupé en deux, avant que l’artiste relie littéralement d’une manière nouvelle les deux parties du corps animalier, grâce à la mythologie de L’Arc de Saint-Gilles (2015) qui a donné à l’œuvre son titre.

    Est-ce l’art qui fait l’autruche ?

    Bien sûr, à la Fiac, il y a encore plein d’autres occasions pour découvrir comment les artistes et galeristes font exister l’art à l’abri du monde qui nous entoure. À la Johnen Galerie, au lieu de mettre la tête dans le sable, l’artiste française Dominique Gonzalez-Foerster -à qui le Centre Pompidou-Paris consacre actuellement une grande rétrospective- met dix lampes blanches dans dix seaux rouges (Untitled, 1987/2015) pour éclaircir nos esprits. Est-ce l’art qui fait l’autruche ? Honni soit qui mal y pense. 

    Dominique Gonzalez-Foerster : Untitled, 1987/2015. Plastic red buckets and white architect lamps. Installation présentée à la Fiac 2015 par la Johnen Galerie. Siegfried Forster / RFI

    FIAC 2015 : Comment vendre dix seaux rouges et dix lampes blanches de l’artiste Dominique Gonzalez-Foerster ? Ecouter (en anglais) les explications de Lea Turner de la Galerie Esther Schipper, Berlin. 22/10/2015 - par Siegfried Forster Écouter

    42e Fiac, du 22 au 25 octobre au Grand Palais, Paris.

     

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