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    France

    Marseille: le trafic de drogue au cœur de règlements de comptes

    media L'entrée de l'immeuble où un jeune homme et deux adolescents ont été tués dans la nuit du 24 au 25 octobre 2015, cité des Lauriers à Marseille. AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS

    Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre, trois personnes ont été tuées dans une cité des quartiers nord de Marseille. Les victimes étaient jeunes : l’aîné n'avait que 22 ans, les deux autres avaient moins de 15 ans. Pour l’heure, les enquêteurs privilégient la piste d’un règlement de comptes sur fond de trafic de stupéfiants. «C'est une des hypothèses envisagées (...) mais il n'y a aucune certitude sur le fait que ces trois personnes étaient liées au trafic de stupéfiants», a déclaré lundi le procureur de la République de Marseille.

    Les trois victimes sont jeunes. Il n’a fallu que quelques heures au Premier ministre et au ministre de l’Intérieur pour réagir. Dans un communiqué publié dimanche 25 octobre au matin, Bernard Cazeneuve note « qu'il appartient à l'enquête judiciaire en cours d'établir les faits », mais précise que la piste du trafic de stupéfiants « est privilégiée ».

    Le hall d'immeuble où ces trois jeunes ont été tués est connu comme un haut-lieu de vente de cannabis, et parfois aussi de cocaïne. Tellement connu que les forces de l'ordre y ont d'ailleurs mené une vaste opération en mai dernier : après un an d’enquête, 300 policiers ont été mobilisés pour démanteler le réseau de trafiquants qui y opéraient. Une vingtaine de personnes avaient été interpellées, 30 kilos de marijuana et de résine de cannabis saisis.

    10 à 12 millions d’euros par mois

    Pour les forces de l’ordre, l’opération fut incontestablement un succès. Mais, paradoxalement, elle pourrait être à l'origine de la fusillade de ce dimanche : en démantelant le réseau, les policiers ont laissé le lieu inoccupé. Le contrôle de ce point de vente réputé attise les convoitises des différents groupes opérant dans le quartier. La fusillade pourrait donc être un règlement de comptes entre bandes rivales.

    En octobre dernier, le journal La Provence estimait que le trafic de drogue génèrerait à Marseille 10 à 12 millions d’euros par mois. Le plus gros « plan stup’ » de la ville était la Tour K, dans la Cité de la Castellane : il rapportait 50 000 euros par jour. Comme dans le cas du hall d’immeuble où a eu lieu la dernière fusillade, le réseau de la Tour K avait été démantelé. C’était en juin 2013, et 28 personnes ont été renvoyées devant un juge.

    En juin dernier, un autre réseau de la Cité de la Castellane avait été ciblé par les policiers : 34 personnes ont été interpellées. Les pouvoirs publics veulent accroître la pression sur les trafiquants. Cette lutte est d'ailleurs la raison qui avait poussé, en octobre 2012, le gouvernement à installer dans les Bouches-du-Rhône un préfet de police de plein droit. Le département est avec Paris le seul à en être doté.

    « Papy Connection »

    Et à en croire le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, les résultats sont là. Ce dimanche, il a rappelé que dix réseaux majeurs de trafiquants ont été démantelés depuis le début de l'année et 132 individus écroués. Mais cette action des forces de l'ordre provoque aussi des tensions entre groupes rivaux qui auparavant se côtoyaient : le contrôle des points de vente est devenu plus féroce.

    Autre fait marquant, le trafic implique désormais des gens très jeunes. Deux des victimes de ce dimanche avaient moins de 15 ans et ce n'est pas la première fois que des adolescents sont tués dans des fusillades du genre. En 2010, un jeune de 16 ans avait été tué et un garçon de 11 ans, blessé. Le rôle de ces jeunes recrues des réseaux de trafiquants est d’abord la surveillance de leur quartier. Guetteurs pour le compte de ces organisations, ils sont rémunérés 50 euros par jour.

    Selon la police judiciaire marseillaise, ils sont ainsi une cinquantaine à se relayer 24 heures sur 24 dans la seule cité de la Castellane pour signaler les entrées et va-et-vient ; une première tâche qui peut, les années passant, les amener à d’autres fonctions. Mais l’ouverture du procès de la « Papy Connection » ce lundi à Marseille prouve que le trafic de drogue ne concerne pas que les très jeunes. Quinze personnes comparaissent. Leur moyenne d'âge est de 65 ans, l'aîné en a même 78.

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    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.