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Le président autrichien, Alexander Van der Bellen, issu du parti écologiste, avait remporté le scrutin du 22 mai dernier avec 50,3% des suffrages. Seulement 31 026 votes le séparaient de son concurrent, le candidat du FPÖ (extrême droite) Norbert Hofer. La Cour pointe des irrégularités dans le dépouillement de certains suffrages. Cette décision sans précédent, qui valide le recours déposé par le FPÖ de M. Hofer, ouvre la voie à un nouveau scrutin, sans doute à l'automne.

Le réchauffement climatique a aussi des conséquences en France

media En un siècle, la température moyenne a augmenté de 1 degré. REUTERS/Benoit Tessier

Lorsque l’on évoque le réchauffement climatique, on pense généralement à la fonte de la banquise ou encore à l’archipel des Maldives, qui voit la mer s’élever de plus en plus haut. Pourtant, en France, en un siècle, la température moyenne a augmenté de 1 degré. Et les conséquences sont nombreuses.

Un degré de hausse des températures en un siècle : le chiffre ne paraît pas alarmant, mais il est suffisant pour que les premiers changements s’opèrent. Particulièrement remarquables sur la faune et la flore des forêts françaises. Ainsi, des chercheurs du CNRS ont constaté une augmentation croissante de la mortalité des jeunes faons depuis 27 ans. En cause, des printemps de plus en plus précoces — parfois jusqu’à deux semaines plus tôt —, et des chevreuils incapables d’adapter leur période de mise bas. La naissance des faons ne coïncide donc plus avec le pic printanier, moment où les ressources végétales dont ils ont besoin pour se fortifier sont abondantes. Sans cette manne, beaucoup de jeunes meurent prématurément et les chevreuils sont moins nombreux dans les forêts.

Des transferts de végétation

Selon l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), les sapins français sont particulièrement concernés par le réchauffement climatique. Ce sont les sécheresses répétées, notamment dans le sud-est du pays et sur le mont Ventoux, qui sont ici en cause. S’il fait plus chaud, même au-dessus de 1 400 mètres d’altitude — zone de prédilection des sapins —, les conifères ont besoin de plus d’eau pour se développer. Mais on constate une baisse des précipitations liée aux épisodes de forte chaleur. Moins d’eau et des températures de plus en plus élevées, c’est l’épineux problème auquel sont confrontés les sapins.

A l’inverse, certaines essences comme le chêne vert de Méditerranée poussent de mieux en mieux dans des régions septentrionales. Ils pourraient même atteindre la Loire d’ici une dizaine d’années. En France, les forêts jouent un rôle capital puisqu’elles permettent de capter 15 % des émissions annuelles de CO2.

Plus de degrés dans le vin

La situation géographique du vignoble bordelais et son positionnement par rapport à l’anticyclone des Açores en font un endroit particulièrement sensible au réchauffement, d’après les climatologues. Plus le soleil « tape » sur les cépages, plus ceux-ci se chargent en sucre. Or, c’est le taux de sucre qui détermine ensuite le degré d’alcool d’un vin.

Pour l’instant, les viticulteurs préviennent que ce ne sera pas demain la veille que l’on trouvera un Saint-Emilion à 18 ou 20 degrés. Mais déjà, certains pensent qu’il faudra modifier le cahier des charges de l’AOC (appellation d’origine contrôlée) des vins de Bordeaux dans les années qui viennent. Car s’il est possible de rajouter du sucre dans les fûts lorsqu’une année a manqué d’ensoleillement, il est en revanche très difficile de retirer le sucre déjà présent dans le raisin. Et seul 1 à 1,5 degré peut ainsi être gagné.

Tempêtes et montées des eaux

Située à l’extrême ouest du pays, à quelques kilomètres des côtes du Finistère, l’île de Sein compte 140 habitants l’hiver. La hauteur moyenne de ce bout de terre, cerné par les flots agités de la mer d’Iroise, est de seulement deux mètres au-dessus du niveau de la mer. Et depuis 2008, de mémoire de Sénans, les habitants, les violentes tempêtes sont de plus en plus nombreuses.

Bien sûr, des digues ont été construites et elles sont régulièrement renforcées. Mais c’est inexorable, l’eau gagne entre 1 et 3 millimètres par an, selon les études. Si bien que, lors d’une tempête l’hiver dernier, la mer est parvenue jusqu’à la centrale à fioul de l’île. Un endroit pourtant éminemment stratégique pour la vie locale. Fatalistes, les habitants, très attachés à leur île, assurent que s’ils doivent mettre des bottes pour se déplacer dans les ruelles, ils en mettront.

Enfin, la terre ferme est elle aussi concernée. Déjà en 2010, en Vendée, des inondations lors de la tempête Xinthia avaient causé la mort de 47 personnes.


Promesses insuffisantes, selon l'ONU

A un mois de la COP21, l'ONU annonce que les engagements des pays ne sont pas suffisants. Les Nations unies ont publié vendredi les promesses d'efforts des pays pour réduire les émissions de gaz polluants. Le bilan est encourageant car les participants détaillent les mesures qu'ils ont décidées. Mais ces contraintes ne sont pas suffisantes pour atteindre l'objectif de rester sous les 2 degrés de réchauffement.

Depuis un mois, l'ONU fait ses comptes. 155 pays ont remis à l'organisation des Nations unies leur dossier recensant les efforts qu'ils sont prêts à fournir pour limiter le réchauffement. Au total, ces Etats représentent plus de 86% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. C'est dire si le résultat de cette analyse est solide.

Mais les chiffres sont têtus. Et en lieu et place des 2 degrés de réchauffement fixés par la COP21, l'addition de toutes ces promesses d'engagement tend plus vers les 2,7 degrés d'augmentation d'ici à 2100. En 2030, on estime que 56.7 gigatonnes équivalent CO2 seront émises dans le monde contre 49 gigatonnes en 2010. Rapporté à la population cela correspond à une baisse de 5% par habitant en 20 ans.

Les Etats vont donc devoir faire mieux. « Ces contributions ne sont pas le dernier mot de ce que les pays sont prêts à accomplir » note Christiana Figueres, la secrétaire exécutive des Nations unies au changement climatique. Gagner encore au moins 0.7 degrés sous forme de promesses d'engagement des Etats apparaît donc comme l'un des objectifs cruciaux de la Cop21 à Paris.

On ne sait pas quelle sera l'effectivité de ces promesses, si elles seront vraiment mises en oeuvre et de ce point de vue là, l'accord de Paris doit apporter un certain nombre de garanties.
Sandrine Maljean-Dubois experte en diplomatie de l'Environnement, chercheuse au CNRS 31/10/2015 - par Marina Mielczarek Écouter

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