Climat et santé: 50 ans de progrès menacés - France - RFI

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Climat et santé: 50 ans de progrès menacés

media A cause du dérèglement climatique, les phénomènes météorologiques extrêmes sont plus fréquents. Ici, au Japon, après le passage du typhon Etau, le 10 septembre 2015. REUTERS/Kyodo

Plus chaud, plus froid, plus sec, plus violent, le climat des décennies futures, tel que le définissent les experts, n'est guère réjouissant. Ce changement climatique qui est largement amorcé a déjà un impact mesurable sur la santé des hommes de la planète ce qui en fait un enjeu crucial de la COP21.

Le dernier épisode de canicule en France, en juillet 2015, a été à l’origine de 700 décès supplémentaires. Encore, la période de forte chaleur a-t-elle été limitée à une petite semaine. Mais selon les prévisionnistes du Groupe intergouvernemental d’Études sur le Climat (GIEC), il faut s’attendre à des étés plus chauds et avec une population vieillissante, à plus de morts si on ne parvient pas à endiguer une catastrophe annoncée.  

Chaleur et pollution, un cocktail mortel
 
En Europe, chacun garde en mémoire l’été 2003 où, du 1er au 20 août, la chaleur a terrassé les villes : 70 000 décès prématurés en Europe, dont 20 000 en France, soit une hausse de 60 % par rapport à une période normale. Ce qui a constitué un « traumatisme collectif », pour reprendre les mots de la ministre de Santé Marisol Touraine, pourrait n'être qu’un petit échantillon de ce qui nous attend.
 
Au cours des 130 dernières années, la température a augmenté d’environ 0,85 °C dans le monde. Mais, récemment, le rythme s’est accéléré : on est à plus de 0,18 °C par décennie. Vu comme ça, ce n’est guère impressionnant, sauf si on veut bien observer les conséquences qui en découlent. À cause de ce petit « plus », le niveau des mers s’élève, les glaciers fondent, les phénomènes météorologiques extrêmes sont plus fréquents.
 
Ces modifications climatiques entraînent également une hausse de la pollution de l’air. La chaleur favorise en effet la teneur en ozone de l’air en même temps que d’autres polluants ce qui fait le lit des maladies cardiovasculaires et respiratoires. D’ores et déjà, ce phénomène fait 30 000 morts en France chaque année. Le pire n’est certainement pas derrière nous si l'on en croit la revue scientifique Nature, qui en 2013, prévoyait à l’horizon 2100, trois millions de décès prématurés par an à cause du dérèglement climatique, dont la majorité se produiront dans les pays en développement.
 

 
Reculer de 50 ans
 
Le changement climatique menace de détériorer 50 ans de gains de développement, notamment dans le domaine de la santé, mais une action rapide pourrait faire de ce siècle la « plus grande opportunité de la santé mondiale », affirme un rapport de la Commission Lancet sur la santé et le changement climatique qui réunit des experts européens et chinois. C’est désormais une évidence pour tous les intervenants des questions sanitaires et écologiques, on ne peut pas faire du sur-place parce que faute d’avancer on est condamné à reculer.
 
De son côté, l’OMS vient de s’adresser à la communauté mondiale pour mobiliser tous les efforts en vue d’un accord solide et efficace sur le climat afin de contenir le réchauffement à +2°C. L’organisation souhaite qu’à la COP21 émergent des interventions de nature « à freiner le changement climatique et à améliorer la santé de façon à réduire le nombre de décès par cancers, affections respiratoires et maladies cardiovasculaires imputables à la pollution atmosphérique qui dépasse actuellement 7 millions par an ».
 
À quelques jours du coup d’envoi à Paris de la COP21, les engagements pris par 146 pays permettaient d’envisager une hausse des températures limitée entre 2,7°C et 3°C. « Ce n’est en aucun cas suffisant », car cela est toujours synonyme de dérèglements climatiques majeurs, « mais cela est beaucoup plus bas que les 4 ou 5 degrés ou plus du réchauffement projetés avant les engagements », a observé Christina Figueres, la secrétaire générale de la Convention climat de l’ONU.   
 
Multiplication d’insectes et d’épidémies
 

La montée des températures favorise le déplacement du moustique-tigre (Aedes albopictus), vecteur du chikungunya et de la dengue, vers des régions jusque-là épargnées. (Photo : Michel Dukhan/ IRD)

Si on n'agit pas avec suffisamment de force, la montée généralisée des températures aura pour effet de déplacer des insectes vecteurs de maladie comme le paludisme, le chikungunya ou encore la dengue, vers des contrées jusque-là indemnes. L’arrivée de ces insectes au milieu de populations à l’immunité nulle provoquera des épidémies comme cela s’est produit à La Réunion en 2005-2006 avec le chikungunya.
 
À l’inverse, la chaleur et une moindre pluviométrie, pourraient débarrasser certaines régions du continent noir de ces mêmes moustiques responsables de centaines de milliers de cas de paludisme. Avec évidemment, en contrepartie, un effet négatif sur l’agriculture qui dépend de la fiabilité des réserves d’eau.
 
Or, les changements climatiques sont susceptibles de perturber ces ressources par des inondations, des sécheresses ou une plus grande variabilité. L’agriculture peut également être perturbée par des incendies, conséquences des sécheresses et des canicules. L’impact est d’autant plus important dans les pays où les rendements sont réduits ou soumis à un risque d’échec, en Afrique subsaharienne notamment.
 
Éviter 2 millions de cancers de la peau
 
Au milieu de ces conséquences inquiétantes, on peut quand même se réjouir de quelques effets bénéfiques qu’apportera la montée en température sur la Terre. Ainsi, une augmentation de la chaleur pour les pays au climat rigoureux diminuera la fréquence des périodes de froid extrême et épargnera de nombreuses victimes. Mais ce bénéfice sera bien mince à côté des morts attribuables aux canicules qui, selon le GIEC, seront environ cinq fois plus nombreuses que les morts hivernales évitées.
 
Au même chapitre des bonnes nouvelles, la couche d’ozone est en train de se reformer et serait même reconstituée d’ici 2050. Si les prévisions de l’Organisation météorologique mondiale du programme des Nations unies se vérifient, cela permettrait d’éviter 2 millions de cancers de la peau. L’abandon de certains composants, notamment les CFC, amorcé en 1987 avec le protocole de Montréal, aujourd’hui ratifié par 196 pays, a permis ce progrès rapide. 

La preuve que des actions coordonnées peuvent parvenir à agir sur l’augmentation de nos émissions de dioxyde de carbone (CO2). Mais il faudra faire beaucoup plus maintenant pour les freiner et c’est l’objectif de la réunion internationale sur le climat, la COP21 : obtenir un accord mondial pour écarter ce que les spécialistes voient comme « la plus grande menace mondiale de santé du XXIe siècle ». 

 

Pour en savoir plus: consultez notre site sur la COP21

Chronologie et chiffres clés
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Commentaires
 
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