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    France

    «Opération Ménilmontant»: social contre social

    media Le Terrain d'éducation physique de Ménilmontant situé au 49-53 avenue de Ménilmontant, en face du cimetière du Père Lachaise, à Paris, juillet 2015. RFI/ Elisa Drago

    La mairie du XIe arrondissement de Paris a lancé une vaste opération immobilière, de près de 10 000 m2, en face du cimetière du Père-Lachaise, en lieu et place du Terrain d’éducation physique de Ménilmontant et d'un jardin partagé, propriété de la Ville de Paris. Le projet, validé en 2011 par le Conseil de Paris, s'accélère. Le démarrage des travaux est prévu au premier trimestre 2016, le stade vient d'être fermé. Un vent de colère gronde chez les riverains. Deux visions sociales s’affrontent.

    Il s’agit de la « dernière grande opportunité foncière » du XIe arrondissement de Paris et « elles sont rares » dans le quartier. C’est par ces mots que Patrick Bloche, député socialiste, ancien maire du XIe arrondissement, et actuel conseiller à l’urbanisme, porteur du projet, nous présente l’« opération Ménilmontant ». Un plan d'aménagement du 49-53 avenue Ménilmontant qui prévoit : la construction de plus de 80 logements sociaux, une « meilleure propreté » du XIe arrondissement avec la création d’un Centre de valorisation et d’apport des encombrants (CVAE, déchetterie) ; une offre sportive « décuplée », avec un gymnase, un terrain de sport au-dessus et un terrain de basket à côté. « Un projet d'intérêt général pour répondre aux besoins des habitants du XIe arrondissement », souligne-t-il.

    « On va privatiser des moyens collectifs », rétorque Charles Gani, vice-président de « Sauvons notre stade », l’association constituée par les riverains opposés au projet, dès sa présentation en octobre 2011 par Patrick Bloche, alors maire du XIe arrondissement.

    Question de priorités

    Le bras de fer est engagé. Au centre de la polémique : la disparition du Terrain d’éducation physique (TEP) de Ménilmontant, dans l’est de Paris. Situé en face du célèbre cimetière du Père-Lachaise, le TEP est le dernier terrain de sport et de loisirs de plein air du XIe arrondissement (Images interactives de la situation actuelle et du projet, en bas de page).

    « 4 300 m2 de sociabilité », précise la pétition lancée par les riverains. Cette surface comprend un espace de verdure à l’entrée, un vaste terrain qui permet de jouer au football, au basket et handball, ainsi qu’une piste d'athlétisme. Un espace gratuitement mis à la disposition de tous et qui accueille également des activités de loisirs, notamment le festival Onze Bouge et la Fête de la musique.

    La délivrance du permis de construire est imminente. Le projet sélectionné a été élaboré par le cabinet d’architectes Nadau Lavergne. L’aménagement confié à Paris Habitat OPH, qui gère la moitié des logements sociaux de la capitale. La livraison de l’ouvrage est prévue au premier trimestre 2018.

    La mairie ne comprend pas cette opposition farouche à ce plan d'aménagement. Après tout, cette opération vise à répondre aux besoins en logements sociaux, « la priorité » dans le XIe arrondissement. Le XIe est « en retard », « alors que Paris va vers les 25%, le XIe n'en est qu'à 12% », précise Patrick Bloche.

    « Nous ne sommes pas contre les logements sociaux. Sociaux ou pas sociaux, là n'est pas la question », souligne « Sauvons notre stade », qui met l'accent sur le seuil déjà critique de la densité du XIe arrondissement, le plus densément peuplé des arrondissements de Paris.

    Le dialogue de sourds

    La rupture est consommée. Pour Patrick Bloche ce projet est cohérent. Mieux. Il sortirait le quartier d'une sorte de torpeur. « On va mettre de l’activité » dans un quartier « un peu dévitalisé, un peu mort, un peu triste », assure le député et conseiller municipal du XIe arrondissement qui pointe « la peur du changement » d'« une minorité ».

    « Sauvons notre stade » envisage d'attaquer le permis de construire en justice et dénonce les faux procès, en « immobilisme » de l'élu socialiste et d'une municipalité, incapables de prendre la mesure du rôle social actuel de ce terrain, selon Marie-Thérèse Dides. « On nous prend pour des petits bourgeois qui ne pensons qu'à nous, s'insurge la présidente de l'association. On ne se bat pas pour avoir une belle vue ! ». Défendre le stade, c'est « préserver le bien vivre ensemble », insiste-t-elle.

    Le vécu du stade

    Pour Patrick Bloche, le fait de « substituer à ce stade mal entretenu deux terrains de sport et un gymnase ne changera rien à la mixité sociale ». « Au contraire, dit-il, cela permettra à beaucoup plus de jeunes de pouvoir faire d'autres sports ». Niko, militant de quartier, force le trait : « c'est comme créer 50 baby-foots à la place d'un terrain de foot ».

    Vent debout contre le « bétonnage » du stade, Niko cite Malcolm X et promet de se battre par « tous les moyens nécessaires » au sein d'un collectif dont il a déjà choisi le nom : « les yeux du stade ».

    D'autres controverses

    L'« opération Ménilmontant » fâche les riverains pour d'autres raisons encore. Sanitaires, notamment, avec l'installation en sous-sol d'un Centre de valorisation et d'apport des encombrants (CVAE, déchetterie) juste en dessous des équipements sportifs envisagés. Surtout que l'installation d'un CVAE à cet endroit n'est pas apparue d'emblée dans la concertation proposée par la mairie en forme de questionnaire. Le lieu lui-même, mais aussi la circulation qu'il induit, inquiètent. 
 D'autant que disparaît également, dans le projet municipal, le grand jardin partagé des « Jeunes Pouces », adossé au stade actuel.

    Inauguré en 2010, cultivé et animé par les habitants, cet espace vert favorise les rencontres, crée du lien social.« 822 m2 d'espace éducatif et thérapeutique », insiste « Sauvons notre stade ». Patrick Bloche assure que la mairie travaille avec l'association « Pouce, on plante ! », qui gère le jardin partagé, afin « qu'il puisse être transféré au coeur du lot » dans le cadre de cette opération immobilière. Ses responsables n'ont toutefois pas souhaité donner leur avis sur ce projet qui, en transformant radicalement les lieux, génère déjà la nostalgie de ses adeptes. C'est le cas de Jinjur, une Américaine adhérente de l'association « Pouce, on plante ! ». Elle « regrette la disparition de ce lieu », un jardin « sauvage » et « rare ».

    Le vécu du jardin partagé

    Aujourd'hui :

    Situation du TEP de Ménilmontant et du jardin partagé des Jeunes Pouces - IMAGE INTERACTIVE

    Demain :

    Le projet des architectes Nadau Lavergne :

     

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    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.