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    France

    Après les attaques de Paris, les blessés affluent dans les hôpitaux

    media Les proches des victimes rassemblés devant l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, après les attaques sanglantes à Paris, les 13 et 14 novembre 2015. REUTERS/Gonazlo Fuentes

    Les hôpitaux de Paris ont déclenché le « plan blanc » ce vendredi 13 novembre. Une procédure mise en place en cas de situation de crise et pour faire face à l'afflux d'un grand nombre de blessés. C'est le cas de l'hôpital Georges Pompidou dans le sud de Paris, où plusieurs dizaines de blessés ont été soignés. Reportage.

    Dans les couloirs du service des urgences, les équipes s'affairent. Seize blessés doivent arriver d'une minute à l'autre. Les brancards vides sont amenés à l'extérieur. Quelques secondes d'attentes interminables. « On fait ce qu'on nous dit de faire, on va où on nous dit d'aller et on attend, c'est tout », confie un jeune homme.

    REPORTAGE
    On a l'impression d'être pendant la guerre.
    A l'hôpital Pompidou à Paris 14/11/2015 - par RFI Écouter

    La plupart des victimes arrivent en marchant, couverture de survie sur le dos, étiquette de triage autour du cou. Un à un, les blessés sont pris en charge et conduits à l'intérieur. Une demi-heure plus tard, l'effervescence retombe le temps d'une cigarette. Habillée d'une blouse vert amande, Alexia Merlin est infirmière. Elle est sous le choc.

    « On a l'impression d'être pendant la guerre. Moi je suis encore jeune diplômée donc ça ne m'est encore jamais arrivé. J'espère que ça n'arrivera plus jamais. On avait déjà eu Charlie Hebdo. On avait été mis en "plan blanc" mais on n'avait pas reçu beaucoup de victimes. Là c'est la guerre. »

    Cellule psychologique

    Dans les blocs opératoires réquisitionnés, les victimes sont assises ou allongées. Pas de cris, pas de larmes, les regards sont perdus. Une cellule psychologique a été mise en place à la mairie du XIe arrondissement. L’un des psychiatres en charge de cette cellule décrit sa mission : avec ses collègues, il a d'abord tenté d’effectuer une sorte de patrouille dans le quartier à la recherche de personnes qui pourraient errer, déboussolées, choquées par les événements de la nuit dernière.

    Dans un deuxième temps, la cellule a été ouverte dans la salle des fêtes du 11e. Et plusieurs dizaines de personnes ont été reçues par les médecins psychiatres. « Ces personnes nous racontent l’horreur ! », confie le psychiatre, décrivant des gens en état de choc, dont certains sont encore en état de sidération, quand d'autres sont dans l’émotion et racontent des scènes de guerre. Certaines de ces personnes étaient en première ligne.

    « Notre rôle, explique le psychiatre, c’est d’aider ces gens à recoller avec la réalité, à revenir sur terre. » Les personnes reçues en mairie ne sont pour l’instant pas emmenées vers les hôpitaux, car ces derniers sont submergés par l’afflux de blessés et auraient du mal à accueillir en plus des personnes en besoin de traitement psychiatrique.

    On a libéré les blocs opératoires, on a vidé les urgences pour pouvoir accueillir plusieurs dizaines de blessés.
    Philippe Juvin, chef du service des urgences de l'hôpital Georges Pompidou 14/11/2015 - par Alice Pozycki Écouter

    Don du sang

    Au lendemain des attentats, malgré la peur et la tension ambiante, de nombreux donneurs ont afflué vers les établissements de don du sang de la capitale. C'était le cas dès ce matin rue de Châteaudun, dans le IXe arrondissement. « J'aurais très bien pu hier me trouver à République au moment de la fusillade puisque c'est un endroit où je sors. Ce matin, en me levant, je me suis demandé comment je pouvais montrer ma solidarité, le fait que je suis concerné et impliqué dans cet événement ; je me suis dit que le meilleur moyen était de venir donner du sang », explique un donneur.

    L'afflux est tel que les établissements de don du sang leur demandent de rentrer chez eux et de revenir la semaine prochaine, mais plusieurs personnes restent malgré tout, espérant pouvoir participer à cet élan de solidarité.


    Le « plan blanc », un dispositif sanitaire déployé en cas de situation de crise

    Dispositif de mobilisation maximale pour des situations sanitaires exceptionnelles, le « plan blanc » existe depuis 2004. Il permet d'organiser et de redéployer les moyens humains et matériels en cas d'urgence, pour répondre par exemple à une épidémie, à un risque biologique, nucléaire, ou lorsqu'il faut comme ce vendredi soir 13 novembre faire face à un important afflux de victimes.

    Concrètement, lorsqu'il est déclenché, ce plan permet de suspendre des activités qui ne sont pas jugées indispensables, comme certaines opérations chirurgicales. Il permet aussi d'ouvrir des lits supplémentaires et de mobiliser tout le personnel disponible, infirmiers, brancardiers, aides soignants. Depuis la nuit dernière, dans les hôpitaux parisiens, certains médecins en congés, mais aussi en grève, ont donc repris du service.

    A leur arrivée aux urgences, les blessés sont triés en fonction de la gravité de leurs blessures. Il s'agit de soigner efficacement les premières détresses vitales, et de repérer ceux qui peuvent attendre. Un autre volet de ce dispositif concerne la cellule psychologique mise en place dans ces situations de crise. Un soutien bien souvent indispensable pour les victimes et leurs familles.

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