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    France

    Les kamikazes: une arme peu coûteuse très utilisée par les jihadistes

    media Les secouristes près de la salle de concert du Bataclan après l'attaque terroriste du vendredi 13 novembre 2015 à Paris, France. AFP PHOTO / DOMINIQUE FAGET

    L'attaque à Paris, le vendredi 13 novembre 2015, innovait par son ampleur, mais aussi par son procédé : le recours à des ceintures d'explosifs et à des kamikazes est inédit en France. Cette méthode, peu onéreuse et cruellement efficace, tend à se répandre à travers le monde.

    Vendredi, à Paris, des jihadistes se sont équipés de ceintures d'explosifs et se sont fait sauter plutôt que de tomber face aux forces de police. Un peu d'explosif artisanal (du peroxyde d'acétone), des détonateurs d'origine encore inconnue, une poignée de boulons pour causer un maximum de dommages aux malheureux qui les entourent... Rien de bien coûteux. Le procédé est inédit dans l'Hexagone. « Les pays faisant face aux problèmes des attentats par engins explosifs, et spécifiquement aux attaques suicides, ne cessent d'augmenter, explique Grégory Robin, expert en lutte contre ces menaces et chercheur à l'Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE). D'autres pays européens pourraient se rajouter prochainement à cette macabre liste. »

    Si l'Afghanistan, l'Irak, la Syrie ou le Mali étaient familiers de ce type d'attaques, c'est une menace nouvelle pour plusieurs pays comme le Tchad, le Cameroun, le Liban et donc, la France. Ce procédé, dont l'application moderne trouve ses origines dans les années 1980, est utilisé de plus en plus souvent, selon des données de l'Institut pour les études de sécurité nationale (INSS). En 2012, selon ces données, quelque 2 223 personnes avaient été tuées dans 340 attaques. En 2013, le bilan grimpe encore à 3 100 tués, dans 291 attaques. Un attentat-suicide fait quatre fois plus de victimes qu'un attentat normal. « C'est une tactique privilégiée, employée chaque jour et à grande ampleur par le groupe Etat islamique », note Grégory Robin.

    Opérations commandos bon marché

    Parmi les méthodes utilisées par les groupes terroristes, de Boko Haram à l'organisation Etat islamique, le kamikaze est un outil presque comme les autres. « Ils choisissent les vecteurs les plus adaptés à leurs cibles, en fonction des moyens dont ils disposent, explique Grégory Robin. Ce sont aujourd'hui des opérations militaires à la manière de commandos. Elles comportent des phases de préparation, de reconnaissance et d'actions opérées à différents niveaux. » « L'individu recruté par le groupe terroriste est un vecteur, poursuit-il. Il transporte une charge explosive, à la manière d'un missile. Il peut être dirigé, stoppé, on peut lui faire changer de cibles et le faire exploser au moment voulu. »

    Le kamikaze est soumis à une forte hiérarchie et se trouve tout en bas de l'échelle. Son commanditaire lui fournit des objectifs. C'est aussi lui qui s'applique à conditionner pour de telles missions des individus perçus comme prédisposés : « L'identification se fait lorsque le volontaire rejoint l'organisation, durant les phases d'entraînement où les commanditaires identifient son potentiel en fonction de ses faiblesses morales identifiées, de son hypersensibilité et de sa motivation », raconte Grégory Robin. Un exercice d'autant plus facile dans le cas des volontaires étrangers du groupe Etat islamique qui se sont déjà largement endoctrinés, chez eux, avant de s'engager.

    Même sans bombe, la logique de l'attaque suicide est de plus en plus répandue. « Les frères Kouachi ne voulaient pas s'en sortir. Ils sont sortis se faire tuer lorsqu'ils ont estimé ne plus pouvoir causer de dégâts, estime Abou Djaffar, blogueur et ancien des services de renseignement. Que ce soit un choc pour la population, c'est normal. Mais on s'y attendait : les militaires français ont été confrontés à des kamikazes au combat, en 2013, à Arlit et à Agadez, au Niger. »

    Mission impossible pour les autorités ?

    Intercepter un kamikaze est particulièrement complexe pour les services de sécurité. Difficiles à détecter, ils peuvent facilement camoufler leur armement. Lorsque le kamikaze a lancé son opération, les policiers n'ont souvent qu'un temps extrêmement court pour réagir. S'il a le sentiment d'être piégé, l'attaquant active en général sa charge explosive. Le seul moyen de les en empêcher, explique Grégory Robin, c'est « uniquement par la mise en place de moyens humains et techniques, tels que l'infiltration ou la surveillance des cellules terroristes si elles sont détectées en amont ».

    « C'est la même chose pour toutes les opérations terroristes, confirme Abou Djaffar. Lorsque l'attaque est lancée, c'est déjà un échec en soi. Si des kamikazes parviennent à accéder à un endroit très peuplé, il est très difficile de pouvoir les arrêter. Les Israéliens, qui sont ceux qui ont été le plus confrontés à cette menace, n'hésitent pas : ils isolent l'assaillant et l'abattent d'abord, pour désamorcer ensuite. »

    Une source dans les services de renseignement français admet que « c'était une chose que nous craignions, mais qui restait peu envisagée, car très consommateur en personnel ». Des hommes ou des femmes prêts à partir au combat sans aucune chance de retour devraient être rares. « Daech utilise quotidiennement des " suicide bombers ", corrige Grégory Robin. Sur certaines offensives, ils peuvent en utiliser une dizaine. Mais c'est en Syrie et en Irak. Combien pourraient être mobilisés en Europe ? Aucune idée. Mais je me dis que sur les 250 jihadistes revenus en France, une partie doit avoir la capacité de mener ce genre d'attaques. »

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