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    France

    Attentats à Paris: la vie malgré le drame dans le XIe arrondissement

    media Rue Alibert, dans le XIe arrondissement de Paris, deux jours après les attentats. Anne Bernas/RFI

    Deux jours après les attentats du 13 novembre à Paris, la vie tente de reprendre. Dans les quartiers touchés de plein fouet par les attaques de vendredi soir, les commerces rouvrent et les habitants, solidaires, silencieux, entament la semaine dans le recueillement. Les stigmates du carnage demeurent omniprésents.

    Ce lundi matin à Paris, les différents lieux frappés par les attentats de vendredi soir portent toujours les stigmates du drame. La station de métro Oberkampf, toute proche de la salle de concerts du Bataclan, demeure fermée. Seule la station République est ouverte pour accéder au boulevard Voltaire.

    D’ordinaire très animée, la place de la République est encore, quarante-huit heures après le drame, un lieu de recueillement où les Parisiens, entourés des médias du monde entier, viennent déposer des fleurs, des drapeaux, des messages de soutien, de paix ou de rage. Le bitume est parsemé de la cire des bougies qui ont brûlé toute la nuit et qui, ce lundi matin encore, sont allumées par les passants. La scène rappelle tristement celle des jours qui ont suivi les attentats de janvier dernier.

    Une partie du boulevard Voltaire toujours fermée

    A quelques pas de là, le boulevard Voltaire est désert. Impossible d’accéder au numéro 50, adresse du Bataclan où s’est déroulé ce 13 novembre l’attentat le plus sanglant. Selon un dernier bilan, 85 personnes y ont trouvé la mort. La zone est bouclée par un périmètre de sécurité et seuls les riverains sont autorisés à fouler les trottoirs alentours.

    Jacques franchit la barrière. Il vit au 6e étage d’un immeuble au numéro 32 du boulevard. « J’étais chez moi vendredi soir, j’ai tout vu, tout entendu », raconte-t-il,  anéanti. Pessimiste devant la désolation qui règne dans son quartier, il concède pourtant que la vie « doit reprendre et continuer ». A 82 ans, ce médecin à la retraite ne cache pas son dépit et sa colère : « Ceux qui ont fait ça, ce n’est pas pour des raisons politiques ou religieuses ou que sais-je encore, ce sont des grands malades mentaux au sens propre du terme, des illuminés schizophrènes qui devraient être enfermés dans des hôpitaux psychiatriques. Mais ça, personne ne le dit. »

    Le recueillement se poursuit place de la République, lundi 16 novembre 2015 au matin. Anne Bernas/RFI

    Des bougies en signe d'espoir

    « Je n’ai pas pu rentrer chez moi avant samedi », témoigne Sooksun, qui vit au 41 boulevard Voltaire. « L’ambiance est bizarre, poursuit-elle, c’est tellement calme. Il va falloir du temps pour que le quartier vive de nouveau ». Dans l’immeuble qui fait face au sien, depuis quarante-huit heures, une famille fait en sorte que son balcon soit paré de cierges en permanence. Le choc est tel que peu de monde est enclin à parler. Tout se déroule dans le calme et le recueillement après les scènes d’apocalypse qui se sont emparées du secteur vendredi. C’est un deuil général qui règne, mais les habitants du quartier reprennent tant bien que mal leurs habitudes.

    La majorité des commerces du quartier sont restés exceptionnellement fermés durant le week-end et peinent ce lundi matin à rouvrir. A l’instar de la boulangerie la plus proche de la salle de spectacles. « C’est une atmosphère étrange qui plane ici, raconte la boulangère. Je ne suis pas revenue depuis vendredi soir après la fermeture vers 20 heures. »

    Le bar-restaurant La Bonne Bière, criblé de balles le 13 novembre. Anne Bernas/RFI

    Un élan de solidarité et de compassion générale

    Autre lieu du XIe arrondissement de Paris, même ambiance. Une atmosphère lourde règne en ce début de semaine au croisement de la rue du Faubourg-du-Temple et de la rue de la Fontaine-au-Roi. Ici vendredi à 21h30, le bar-restaurant La Bonne Bière et la pizzeria Cosa Nostra ont été attaqués à l’arme automatique. La vitrine du bar est criblée d’impacts de balles, les verres des clients demeurent posés sur les tables. Cinq personnes sont mortes sur le coup, huit sont toujours dans un « état d’urgence absolue ». Aujourd'hui comme durant tout le week-end, les hommages s'amoncellent devant les lieux du carnage.

    Pour Abdu, gérant du supermarché Franprix qui fait face au bistrot, la compassion entre les riverains est énorme : « Il y a un réel élan de solidarité dans le quartier. Les gens se recueillent, ils défilent chez moi acheter des fleurs dans le calme. Mais tout le monde se parle. Ceux qui vivent ici racontent où ils étaient vendredi soir, qui est décédé et qui est toujours en vie, ils demandent des nouvelles des autres ». Mais, assure Abdu, « la vie va reprendre au fil des jours. On ne doit pas avoir peur ».

    La rue Alibert peine à se remettre du drame

    Pourtant, Françoise, elle, demeure envahie par l’angoisse et le stress. Gardienne de

    Le Carillon, au 18 rue Alibert dans le XIe arrondissement de Paris, ce lundi matin 16 novembre 2015. Anne Bernas/RFI

    l’immeuble du 10 rue Alibert, elle était à sa fenêtre lorsque ce 13 novembre, les terroristes ont attaqué le bar Le Carillon et le restaurant Le petit Cambodge à deux pas de chez elle.

    Ce lundi matin, elle balaie le trottoir, les traits tirés et les yeux rougis. « La vie doit reprendre, évidemment, mais ça sera long. Ce matin à 7h, alors que d’ordinaire la rue grouille de monde, il n’y avait personne d’autre que les médias ou les gens qui venaient se recueillir devant les lieux du drame. Mais les habitants du quartier ont encore très peur qu’un nouveau drame se produise. » Et Françoise de raconter que ce dimanche, lorsqu’il y a eu un mouvement de foule, les gens ont paniqué et des dizaines de personnes se sont précipitées dans le sous-sol de son immeuble pour se mettre à l’abri.

    Ce lundi 16 novembre dans le XIe arrondissement de la Ville Lumière, la vie reprend ainsi, silencieusement, tant bien que mal. Les lieux de fêtes vont rouvrir et les sourires vont réapparaître sur les visages des habitants du quartier. Parce qu'ici comme ailleurs, « la terreur ne l'emportera pas sur la vie ».

    Si on s'arrête de vivre, ils auront gagnés. Et j'ai pas envie qu'ils gagnent.
    Hommages et recueillement sur la place de la République Les Parisiens, entre émotion et réaction. 17/11/2015 - par Pierre Olivier Écouter

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