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    France

    Attentats de Paris: les premières failles du renseignement?

    media Omar Ismaïl Mostefaï était entré en Syrie via la Bulgarie et la Turquie. Ici, un policier bulgare à la frontière avec la Turquie (photo d'illustration). AFP PHOTO / DIMITAR DILKOFF

    Quatre jours après les attentats qui ont frappé Paris et Saint-Denis vendredi 13 novembre, les services de renseignement belge et français commencent à être la cible de critique. Ankara affirme ainsi avoir averti Paris sur le passage, il y a deux ans, de l'un des kamikazes du Bataclan.

    Quatre jours après les attentats qui ont frappé Paris vendredi 13 novembre, la Belgique est pointée du doigt. Des membres hauts placés dans le renseignement en France et dans les agences de sécurité de coopération internationale reprochent à Bruxelles de ne pas fournir assez d'informations.

    La Belgique semble avoir mis du temps à prendre la mesure de la menace. Il aura fallu attendre 2014 et les premières initiatives franco-belges pour lutter contre la radicalisation et le départ de volontaires jihadistes vers la Syrie et vers le Proche-Orient, pour que les forces belges de sécurité et de renseignement se mobilisent plus. Il aura surtout fallu attendre le démantèlement de la cellule de Verviers pour que soit créé un Conseil national de sécurité en Belgique, et qu'un centre de crise prenne véritablement la mesure du problème et que la Belgique fasse beaucoup plus.

    Pendant longtemps, la multiplication des gouvernements en Belgique et des prérogatives de chacun a créé une faille. Pendant longtemps aussi, le pays a laissé entrer sur son territoire des prédicateurs salafistes.

    Quand la Turquie alertait la France

    Les services de renseignement français ne sont pas non plus épargnés par les critiques. On a ainsi appris lundi 16 novembre qu'Omar Ismaïl Mostefaï, le premier assaillant des attentats de Paris identifié, était entré légalement en Turquie en 2013 par la Bulgarie. Quand il rejoint la Syrie en décembre 2014, Ankara prévient une première fois Paris. Sept mois plus tard, en juin dernier, les autorités turques avertissent à nouveau leurs homologues français. A ce moment-là, les services de sécurité turcs viennent probablement de perdre la trace du jihadiste français et se doutent qu'il est reparti vers l'Hexagone, mais sans que sa sortie du territoire soit enregistrée.

    « Ce n'est pas le moment de se rejeter mutuellement les responsabilités, a déclaré à notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion, un officiel sous couvert d'anonymat. Mais il nous faut divulguer ces informations pour éclairer le parcours du kamikaze ». Cette accusation de négligence à peine voilée est assez surprenante. Jusqu'à présent, c'étaient surtout les services de sécurité européens et particulièrement français qui reprochaient aux Turcs de ne pas partager suffisamment leurs informations sur les jihadistes. Pour ce responsable en tout cas, cet exemple montre combien la coopération et le partage de renseignements sont importants pour lutter efficacement contre le terrorisme.

    Omar Ismaïl Mostefaï n’est pas le seul des assaillants de Paris à être passé entre les mailles du filet. Un autre kamikaze identifié du Bataclan, Samy Amimour, était connu de la justice. Il avait été mis en examen en 2012 pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste « après un projet de départ avorté vers le Yémen ». En septembre 2013, il était parti en Syrie en violation de son contrôle judiciaire. Un mandat d’arrêt international avait alors été lancé contre lui.

    « Un souci de contrôle aux frontières Schengen »

    Pour Louis Caprioli, ancien sous-directeur chargé de la lutte contre le terrorisme à la Direction de la surveillance du territoire (ancêtre de la DGSI), ce départ en Syrie a été largement facilité par la libre circulation en Europe. « Il peut quitter le territoire puisqu’on est dans le cadre de Schengen, passer en Turquie où ils ont des complicités, et de Turquie gagner la Syrie sans aucun problème », a-t-il assuré à l’antenne de RFI.

    Interrogé par l’Agence France-Presse sur ce même sujet, Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE, l’admet sans ambages : « On a un souci de contrôle aux frontières Schengen, et un gros ». « Son arrivée aurait dû provoquer la levée d’un drapeau rouge. Mais ces gars maîtrisent bien les techniques d’entrée et de sortie de Schengen, pour l’avoir beaucoup pratiqué. »

    Pour les services de renseignement, les suivre à la trace est d’autant plus compliqué qu’ils ne sont pas des cas isolés. A ce jour, 10 000 personnes font l’objet d’une fiche S. Parmi elles, plus de la moitié sont fichées comme étant des islamistes radicaux ou des individus pouvant avoir un lien avec la mouvance terroriste. « Je ne compte pas les personnes qui sont liées à la scène irakienne, des gens dont on a des signalements de radicalisation. On est sur des masses considérables d’individus sur lesquels il convient de travailler », a indiqué Louis Caprioli sur RFI.

    Dans son discours devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles, le président François Hollande a annoncé la création de 8 500 nouveaux postes dans la sécurité et la justice.

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