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    France

    Hollande: «Le pacte de sécurité l'emporte sur le pacte de stabilité»

    media Le président François Hollande, après son discours devant les parlementaires français réunis en Congrès à Versailles, le 16 novembre 2015. REUTERS/Philippe Wojazer

    De nouveaux raids ont eu lieu dans la nuit de lundi à mardi en Syrie. Inscription dans les faits d'une stratégie sécuritaire et militaire dévoilée un peu plus tôt lundi 16 novembre par le président français, trois jours après les attentats de Paris. « Nous devons détruire » le groupe Etat islamique et réorganiser nos forces de sécurité, a indiqué le chef de l'Etat français à Versailles. Et de demander une révision de la Constitution pour permettre aux pouvoirs publics « d’agir contre le terrorisme de guerre », avant d'annoncer de nouveaux effectifs, quitte à s'affranchir de l'objectif de réduction des déficits.

    Il y a eu les mots, martiaux, qui ont été prononcés dans un silence imposant et pesant devant les sénateurs et députés français réunis en Congrès au château de Versailles : « Le terrorisme ne détruira pas la République, car c'est la République qui détruira le terrorisme. » Et puis il y a eu les annonces, qui ne laissent aucun doute sur le tournant assumé par François Hollande. On est loin de « l'esprit de Charlie » et des réponses apportées après les attentats de janvier. La panoplie du « général Hollande » est 100 % sécuritaire.

    Objectif : lutter contre « le terrorisme de guerre », aussi bien à l'intérieur des frontières qu'à l'extérieur. Sur le pan extérieur, la lutte antiterroriste passe désormais, selon le président français, par une intensification des frappes en Syrie. Cela a commencé dès dimanche soir avec un raid massif impliquant douze avions, dont dix appareils de combat, et cela a continué dans la nuit de lundi à mardi avec une deuxième vague. L'armée française a en effet mené, la nuit dernière, de nouvelles frappes aériennes dans la région de Raqqa, le fief de l'organisation EI.

    Elles ont ciblé, selon l'état-major, des cibles distinctes de la première vague de dimanche soir : un autre centre de commandement et un autre camp d'entraînement du groupe Etat islamique. Pour quelle efficacité ? Trop tôt pour le dire - de toutes les façons, les bilans ne sont jamais publiés. Quoi qu'il en soit, l'intensification va avoir lieu, puisque le président a confirmé que le porte-avions Charles-de-Gaulle appareillera jeudi, avec 18 appareils Rafale à bord, pour le golfe arabo-persique. Son arrivée, prévue début décembre, vise à tripler les capacités d'action dans la région, indique-t-on à Paris.

    Lundi devant le Parlement réuni en Congrès, François Hollande a également annoncé qu'il rencontrerait ses homologues américain et russe, Barack Obama et Vladimir Poutine, dès les prochains jours, pour bâtir une grande coalition visant à détruire le groupe EI. Or, les Russes aident directement les troupes de Bachar el-Assad, contre l'opposition syrienne et l'organisation Etat islamique, sur terre et dans les airs. Jusqu'alors, la France s'était refusée à toute collaboration militaire avec la Russie en Syrie et avait armé l'opposition syrienne. C'est donc un retournement de situation.

    Nouvelle donne, nouvelles priorités budgétaires

    Sur le plan intérieur, l'état d'urgence, décrété samedi, a fait basculer la France dans un régime juridique exceptionnel. Et cette situation pourrait s'inscrire dans la durée, puisque François Hollande a annoncé la prolongation de l'état d'urgence pour trois mois. Pour rappel, cette situation permet d'instaurer un couvre-feu, d'interdire la circulation, les manifestations, etc. Sur le plan judiciaire, l'état d'urgence autorise des perquisitions à toute heure du jour et de la nuit et rend légales les assignations à résidence. D'ailleurs, ces dernières heures, plus de 140 assignations ont été prononcées.

    Ce n'est qu'un début, ont annoncé les autorités. Le Parlement sera donc saisi mercredi d'un projet de loi prolongeant l'état d'urgence. Et comme ce dernier n'est pas défini dans la Constitution, François Hollande veut y remédier, pour transformer l'exceptionnel en norme et faire face aux nouvelles menaces. Cela nécessitera de voter de nouvelles lois et surtout de modifier la Loi fondamentale. Le processus, s'il arrive à son terme, sera long.

    Dans sa nouvelle logique sécuritaire, François Hollande souhaite aussi pouvoir expulser plus, et déchoir de la nationalité française toute personne binationale liée au terrorisme, même si elle est née française. Mais aussi alourdir le quantum des peines pour les crimes et délits liés au terrorisme ou encore renforcer le principe de légitime défense pour les policiers. Sans compter que les Francais rentrant de Syrie pourraient être assignés à résidence et soumis à un visa de retour.

    Le président a décidé de renforcer considérablement les effectifs de la fonction publique. Quelque 5 000 emplois de policiers et gendarmes seront créés, 2 500 personnels au ministère de la Justice et dans l'administration pénitentiaire, 1 000 douaniers. L'armée va également sauver les 9 200 postes qui auraient dû être supprimés entre 2017 et 2019. Cela se fera au bénéfice des unités opérationnelles.

    Enfin, le chef de l'Etat demande la mise en place d'une véritable « garde nationale », qui pourrait réunir jusqu'à 40 000 réservistes. Si l'on fait l'addition, cette politique va, d'un point de vue financier, coûter très cher. Mais peu importe, car François Hollande a prévenu : « Dans ces circonstances, je considère que le pacte de sécurité l'emporte sur le pacte de stabilité budgétaire européen. » Adieu la lutte contre les déficits ? La fin du quinquennat prend décidément un nouveau visage.

    François Hollande: «Dans ces circonstances, je considère que le pacte de sécurité l'emporte sur le pacte de stabilité» 17/11/2015 - par RFI Écouter

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