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Changement climatique : qui croit encore les climato-sceptiques ?

media Ça chauffe pour la planète ! AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE

Une très large majorité de scientifiques s’accorde pour dire que la réduction des émissions de gaz à effet de serre est la manière de parvenir à limiter à un niveau raisonnable la hausse des températures de notre planète. De leur côté, les climato-sceptiques refusent ce constat affirmant que si le climat change, c’est parce qu’il l’a toujours fait.

On les appelle les climato-sceptiques. Ce sont souvent des scientifiques, mais pas toujours, qui mettent en doute la thèse selon laquelle le changement climatique que nous constatons tous serait la conséquence des activités humaines qui génèrent de plus en plus d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Pour eux, le climat change parce qu’il en a toujours été ainsi et quoiqu’on fasse, pensent-ils, on n’y pourra pas grand-chose. 

Pas de scepticisme à la météo
 
En France, un présentateur météo à la télévision publique vient d’être licencié après avoir publié un livre dans lequel il relativise les effets du réchauffement climatique. Dans son ouvrage Climat investigation, Philippe Verdier se veut le défenseur des « très nombreuses conséquences heureuses et positives du réchauffement » tout en insistant sur les « incertitudes des scientifiques ».
 
L’auteur, qui n’est pas climatologue et qui se défend d’être un climato-sceptique, met également en doute la probité des membres du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), dont les rapports d’évaluation servent de référence. Les mésaventures du « M. Météo » de France 2 ont beau n’être qu’anecdotiques, elles montrent que les climato-sceptiques n’ont pas disparu du paysage hexagonal même s’ils sont un peu moins visibles.
 
Leur chef de file, le géophysicien Claude Allègre, ancien ministre de l’Education nationale, a incarné jusqu’en 2013 ceux qui remettent en cause les thèses du GIEC. Un accident cardiaque l’a depuis éloigné des plateaux de télé où il croisait le fer plus souvent qu’à son tour.
 
La faute au soleil ou pas
 

Pour les climato-sceptiques, la fluctuation de l’activité solaire explique en bonne partie les changements climatiques. dr

Moins médiatisé, mais tout aussi convaincu, Vincent Courtillot, lui aussi géophysicien tricolore, soutient que les variations du climat s’expliquent notamment par la fluctuation de l’activité solaire et non par l’accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère terrestre. Si le rôle du soleil est évidemment pris en compte par tous les climatologues, il n’en reste pas moins que l’impact sur le climat mondial des gaz à effet de serre (GES) est au moins égal à l’ensemble des facteurs naturels. C’est d’ailleurs la position de plus de 97 % des chercheurs qui travaillent sur les causes du réchauffement climatique des cinquante dernières années.  
 
Cette thèse a fait son chemin, y compris auprès du grand public. En effet, selon une étude de l’Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), les Français sont 63% à juger que les thèses du GIEC sur le rôle des gaz à effet de serre (GES) dans le réchauffement est désormais une certitude pour la plupart des scientifiques contre 37% d'un avis inverse. Et 72% pensent que ce phénomène est dû aux activités humaines.  
 
La Floride prend l’eau, le gouverneur ferme les yeux
 

La Floride est de plus en plus souvent frappée par des tempêtes et des cyclones. Ici, la tempête Isaac à Tampa, en 2012. AFP/Mladen Antonov

Si la chose semble entendue en France par la majorité, il n’en est pas de même aux Etats-Unis où la question du changement climatique est nettement politisée. Un sondage réalisé en 2014 par le Pew Research Center établissait ainsi que 80 % des sondés se disant démocrates admettaient le rôle de l’activité humaine dans le changement climatique actuel contre 10 % de ceux qui se revendiquaient  du parti républicain.
 
En Floride, même les expressions « changement climatique », « réchauffement de la planète » ou « hausse du niveau de la mer » ont été rayés des discours officiels dans cet Etat dirigé par le gouverneur républicain Rick Scott. L’agence de l’environnement de la Floride est fermement incitée à suivre la même ligne, alors que cet Etat est directement menacé par une augmentation du niveau de l’océan plus rapide que prévu.
 
Qui finance les climato-sceptiques
 
A l’inverse, l’Etat de New York vient d’ouvrir une enquête sur le groupe pétrolier ExxonMobil. La justice, qui a assigné le groupe, cherche à savoir s’il a financé des recherches climato-sceptiques et caché à la communauté financière des études montrant le rôle néfaste des énergies fossiles dans le changement climatique. Ces méthodes, si elles sont avérées, rappellent celles utilisées notamment par l’industrie du tabac. ExxonMobil nie toute action en ce sens et assure « faire des efforts pour participer à la lutte en faveur du climat ».
 
Les climato-réalistes comme ils préfèrent être appelés, sont peut-être moins visibles en France, mais ils sont loin d’avoir baissé les bras et les débats sont toujours vifs via des blogs ou sur des sites « complotistes ». Des philosophes comme Drieu Godefredi s’insurgent contre la toute-puissance du GIEC dont il souhaite le démantèlement au nom de la sauvegarde contre ce qu’il nomme l’« écologisme dans son versant le plus extrême ». 

En désignant comme responsables les phénomènes naturels sur lesquels nous n’avons aucune prise (soleil, axe de la Terre…), les climato-sceptiques s’exonèrent du même coup du devoir d’agir. Une attitude qui est chaudement soutenue par exemple par le pétrolier Chevron. La compagnie américaine qui, tout en affirmant partager les inquiétudes de la communauté internationale sur le climat, s’empresse aussitôt de mettre en garde contre tout frein à l’activité économique.  

 

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