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Changement climatique : la France est-elle un exemple à suivre ?

media Des pommes incrustées d'une tour Eiffel seront distribuées aux négociateurs de la COP21 qui se tient au Bourget, France du 30 nov. au 11 décembre 2015. AFP/ JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

La France, pays hôte de la conférence sur le climat qui se tient à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015, est-elle un exemple à suivre pour les 195 pays qui y seront représentés ? Si elle s'est mise au diapason de ce sommet crucial pour l'avenir de la planète, la France a encore une bonne marge de progression dans la lutte contre le réchauffement.

En arrivant à Paris pour participer à la COP21, les 195 chefs de délégation seront invités à croquer la pomme. Une belle pomme rouge sur laquelle est placée en inclusion la silhouette de la tour Eiffel. Une manière imaginée par le département de la Moselle (est) pour alerter les décideurs sur le changement climatique qui pourrait, s’il n’est pas maîtrisé, faire disparaître les pommes de France. 

Vertueux ou pas
 
Cette conférence diplomatique sous l'égide des Nations unies, la plus grande jamais organisée en France depuis la signature de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, a pour but de contenir le réchauffement du climat à +2°C. Pays hôte de ce sommet mondial, la France et sa politique environnementale seront scrutées comme jamais. Et en premier lieu, le site de la COP21 au Bourget, en périphérie de Paris, où se retrouveront quotidiennement plusieurs milliers de personnes. Mais dans le contexte post-attentats, les mesures de sécurité ont été nettement accentuées comme l'exige l'état d'urgence en vigueur et la présence de 147 chefs d'Etat et de gouvernement. 
 

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, le 6 octobre 2015 lors d'une visite du chantier des bâtiments de la COP21 au Bourget. REUTERS/Jacky Naegelen

Une « ville éphémère », forcément construite dans le respect du « développement durable », est sortie de terre en quelques mois. Le site, qui se veut une vitrine du respect environnemental, a attiré de nombreux mécènes. Ils ont vite compris tout l’intérêt d’être associé à un projet visant rien de moins que de « sauver la planète ».  
 
Mais, pour l’organisation écologique Greenpeace, il se trouve que la majorité de ces mécènes et commanditaires ne sont pas précisément les plus vertueux dans le domaine de la protection de l’environnement. EDF et Engie (électricité, nucléaire), Carrefour, Ikea, Suez Environnement, Michelin, Renault Nissan, La Poste, Coca-Cola, Sanofi… font partie entre autres des commanditaires officiels de la COP21 dont on attend qu’ils contribuent à hauteur d’environ 20 % des 187 millions d’euros que devrait coûter la manifestation.
 
Une participation bienvenue, mais, souligne Greenpeace France, ces entreprises sont aussi celles qui nous ont conduits là où nous sommes aujourd’hui. Leur soutien à la COP21 pourrait ainsi faire partie du programme d’écoblanchiment (greenwashing, en anglais) que certaines des entreprises les plus polluantes ont bien pratiqué pour se « verdir » et se déclarer respectueux de l’environnement.
 
Bonne volonté
 
Moins fréquents aujourd’hui parce que traqués par des associations et des ONG, ces comportements sont d’ailleurs raillés chaque année et couronnés du Prix Pinocchio, créé par les Amis de la Terre.  Un prix « spécial climat » sera remis le 3 décembre prochain, COP21 oblige.
 

La France est parvenue à diminuer de 13 % ses émissions de gaz à effet de serre en 23 ans. REUTERS/Benoit Tessier

Plus largement, la France s'est engagée vers la réduction des énergies fossiles et elle est parvenue à diminuer de 13 % ses émissions de gaz à effet de serre en 23 ans. Elle a décidé en septembre dernier l’arrêt immédiat des subventions qu’elle versait aux exportations de centrales à charbon sans dispositif anti-CO2. Un signe de bonne volonté à l’adresse des écologistes qui le réclamaient depuis une décennie. Le charbon est, parmi les énergies fossiles, celle qui émet le plus de CO2.
 
Ce geste est bien loin cependant de combler le retard certain qu’a accumulé la France pour négocier un vrai changement en direction des énergies renouvelables. Un chiffre l’illustre : en France on dénombre 100 000 emplois dans le secteur des énergies renouvelables, en Allemagne 400 000. Par contre, en matière d'émission de CO2 la France n'a pas à rougir puisqu'elle émet 50 % de moins que l'Allemagne et trois fois moins que les Etats-Unis. 
 
C’est clairement la « toute-puissance de l’industrie nucléaire » qui bloque la transition énergétique pourtant indispensable, estime Greenpeace. Le président de l’organisation écologiste a d’ailleurs exprimé son agacement en constatant que le sommet sur le climat sera alimenté par l’énergie nucléaire. « Symboliquement, a remarqué Jean-François Julliard, cela aurait été un signal fort de dire « oui » à l’énergie renouvelable ».  
 
Prêcher les convaincus
 
La perspective d’un accord a minima lors de la conférence sur le climat tétanise les militants écologistes, inquiets à juste titre. Le contenu du projet d’accord issu des négociations préparatoires qui se sont tenues à Bonn en octobre, est encore loin, avec 2,7-3°C, de l’objectif de limiter à 2°C maximum le réchauffement climatique. Pis, le programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) est encore plus pessimiste avec une prévision de 3 à 3,5°C d’augmentation à l’horizon 2100 si on s’en tient aux engagements qui seront examinés à la COP21.  
 
Côté français on s’active donc à quelques jours du sommet pour faire introduire dans l’accord final un mécanisme de révision périodique à la hausse, de façon à ne pas se condamner à l’échec si tout n’est pas acquis lors de la clôture de la COP 21. La Chine, pays qui émet le plus de gaz à effet de serre, s’est d’ores et déjà ralliée à cette option.
 
Alors que les Français sont 59 % à penser que la COP21 sera un échec, contre 40 % qui sont convaincus du contraire selon un sondage récent Odoxa pour iTélé, le gouvernement lance une campagne pour les sensibiliser aux enjeux climatiques. « Plus tard ce sera trop tard » clameront par exemple des affichages géants au risque de prêcher des convaincus. Moins du quart des Français (23 %) jugent en effet l’action du gouvernement proportionnée aux enjeux, 58 % l'estiment insuffisante et 18 % trop importante.

      
 
 
 
 
 

 

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