COP21: 24 militants écologistes assignés à résidence - France - RFI

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COP21: 24 militants écologistes assignés à résidence

media Un policier patrouille à l'entrée du parc des expositions du Bourget où se tient la COP21. REUTERS/Christian Hartmann

Vingt-quatre militants écologistes jugés susceptibles de manifester à l'occasion de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique, qui débute lundi près de Paris, ont été assignés à résidence. Cette mesure décidée dans le cadre de l'état d'urgence après les attentats du 13 novembre a été vivement critiquée par des acteurs du monde associatif. Des marches prévues en marge de la COP21 qui devaient rassembler des milliers de personnes ont par ailleurs été interdites pour des raisons de sécurité. Certains collectifs locaux ont par conséquent prévu des formes alternatives de mobilisation.

« Même en état d'urgence prolongé, il faut que les libertés des Français soient respectées ». Voilà la version sobre des critiques d'Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts qui, plus frontalement, estime qu'il n'est « pas acceptable que des militants de l'écologie soient pris pour cible ».

Ce message a également été porté au président de la République François Hollande qui recevait ce samedi des représentants d'organisations mobilisées contre le changement climatique. Et ses invités lui ont fait part de leur inquiétude. Les militants concernés par ses assignations à résidence sont pacifistes, assure Jean-François Julliard, le directeur général de Greenpeace France.

« On a clairement dit au président de la République et aux deux ministres qu’on était inquiets du climat dans lequel allait commencer cette COP parce qu'autant on comprenait l’enjeu sécuritaire après les attaques à Paris autant là on ne comprend plus aujourd’hui avec plus d’une vingtaine de militants climatiques qui ont été mis sous assignation à résidence, donc ils n’ont plus le droit de sortir de chez eux pendant les 15 jours de la COP », rapporte Jean-François Julliard.

A l'en croire, le chef de l'Etat s'est montré réceptif et veillera à ce que ce type de restrictions de libertés ne se reproduise plus. Mais le ministre de l'Intérieur, lui, ne se dédie en rien. Bernard Cazeneuve assure que les personnes ainsi assignées se sont livrées, par le passé, à des « actes violents à l'occasion de manifestations ». Qui plus est, dit-il, « elles avaient exprimé le souhait de ne pas respecter les principes de l'état d'urgence ». Et si le doute était encore possible, le ministre conclut : « j'assume totalement cette fermeté ».

Une décision qui révolte Benoît Hartmann, le porte-parole de la fédération France Nature Environnement. « Nous faisons tous, nous associations, partie de la Coalition climat 21 et l’une des personnes qui travaille dans cette coalition pour nous a été assignée à résidence sans raison valable puisqu’elle ne fait partie d’aucun mouvement extrême et qu’elle est au même titre que nous membre de cette Coalition climat 21. »

Privées de manifs à Paris, les ONG se mobilisent autrement

L'état d'urgence interdit également les grands rassemblements, mais les organisations entendent tout de même faire donner de la voix. Pas de marche, cela ne veut pas dire ne pas être présent dans la rue.

A défaut de défilé, une chaîne humaine sera formée là où la manifestation devait se dérouler. Ne pas battre le pavé, cela ne veut pas dire ne pas le recouvrir. Si les marcheurs ne sont pas les bienvenus, rien n'interdit à leurs chaussures d'être là. L'organisation Avaaz a ainsi récupéré des milliers de paires de souliers. Et dans la matinée, l'emblématique place de la République sera recouverte de ces mocassins, escarpins ou brodequins. Il y aura même des mules papales, cadeau du souverain pontife à la lutte contre le changement climatique.

Ne pas descendre dans la rue ne veut pas dire non plus ne pas exercer son droit de regard. Sur les réseaux sociaux, une photo de vos yeux, accompagnée du mot dièse #EyesOnParis, se voudra le symbole d'une attention qui ne saurait être relâchée.

Enfin, ne pas scander de slogans dans les rues ne veut pas dire ne pas se faire entendre. Une « grande clameur » veut résonner dans Paris une fois par jour à 20h en semaine, midi le week-end. Instruments de musique, de cuisine ou téléphone portable: tout est bon pour « faire du son ».

→ A (RE)DECOUVRIR : le Wedocumentaire RFI, Le climat et moi

L'emblématique place de la République commence à être recouverte de chaussures. Paris, le 28 novembre 2015. REUTESR/Eric Gaillard

 

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