Lancement de la COP21: une unité affichée mais déjà des fractures - France - RFI

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Lancement de la COP21: une unité affichée mais déjà des fractures

media François Hollande en compagnie du Premier ministre indien Narendra Modi et du président américain Barack Obama, à la Cop21, le 30 novembre 2015. REUTERS/Ian Langsdon/Pool

Au premier jour de la conférence sur le climat à Paris, les chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier ont appelé à une action urgente contre le réchauffement climatique. Toutefois, les lignes de fractures entre les pays du Nord et du Sud sont vite réapparues.

« Les bons sentiments, les déclarations d’intention ne suffiront pas », avait prévenu le président français François Hollande à l'ouverture de la grande Conférence sur le climat, lundi, appelant à conclure un accord « universel, différencié et contraignant ». Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lui avait emboîté le pas, exhortant l’assemblée à répondre aux défis climatiques « avec courage et vision » et à ne pas s’en tenir à des « demi-mesures ».

Mais si nombre de chefs d'Etat ou de gouvernement ont semblé avancer dans le même sens, chacun y est allé de son bémol.

Ainsi le président américain Barack Obama a plaidé pour une stratégie à long terme et a dit sa foi dans le progrès pour développer des technologies propres, mais sans se prononcer sur le caractère contraignant ou non de futur accord.

Le chef de l’Etat russe, Vladimir Poutine, a soutenu de son coté les objectifs de la COP21, tout en défendant sa propre politique de développement des énergies renouvelables ou de réduction des gaz à effet de serre.

Les pays en développement attendent des financements

Pour les présidents chinois et indien, les pays développés doivent assumer leurs « responsabilités » et leurs « engagements » à financer les politiques climatiques du Sud, et les pays en voie de développement doivent être « autorisés à se développer ».

Quant aux dirigeants africains, ils espèrent qu'à cette occasion les pays du Nord leur donneront les moyens de réparer les dégâts causés à leur continent, alors qu'ils ne sont eux mêmes responsables que de 4% des émissions de gaz à effet de serre de la planète.

Des ONG vigilantes

Mais que l'on attende beaucoup du voisin ou non, les contributions de chaque pays doivent déjà se concrétiser sur le terrain. « Nous avons eu des annonces, se réjouit Pierre Cannet, porte-parole de l’ONG WWF France, […] mais il va falloir que ces initiatives donnent l’impulsion sur des sujets clés. Elles doivent être [respectées] pour pouvoir tenir cet objectif des 2°C maximum de hausse de la température moyenne mondiale. »

Même enthousiasme chez Jean-François Julliard, de Greenpeace, mais celui-ci avertit : le discours d’Hollande « n’est pas le premier beau discours que l’on entend dans des COP ». « Certains chefs d’Etat affichaient effectivement un certain volontarisme. J’ai entendu par exemple Barack Obama qui annonçait certains investissements financiers importants dans le domaine des [énergies] renouvelables, c’est quelque chose d’important parce que ça va être signal très fort, je l’espère, au monde économique et financier, qui doute encore de [leur] rentabilité. J’ai entendu aussi des discours qui m’ont paru assez sidérants en termes de "greenwashing" comme celui de Vladimir Poutine, par exemple, qui disait que la Russie avait fait beaucoup pour lutter contre le dérèglement climatique. Non, s’il y a un pays qui ne fait rien pour lutter contre le dérèglement climatique, c’est la Russie. »

Retrouvez le déroulé de cette première journée minute par minute


 ■ Pour le pape François, le monde est « au bord du suicide »

Rentré lundi soir de République centrafricaine, dernière étape d'une tournée africaine qui l'a également mené au Kenya et en Ouganda, le pape François a répondu aux questions des journalistes qui l'accompagnent. Il a particulièrement lancé un appel vigoureux aux participants au sommet sur le climat de Paris

Le pape François n'en est pas à son premier appel en vue d'un accord global sur le réchauffement climatique à Paris. Le dernier avait résonné au siège des Nations unies à Nairobi, la semaine passée, où il avait clairement prévenu qu'il serait catastrophique que la COP21 se termine avec un accord à minima qui ne serve qu'à tranquilliser les consciences.

Maintenant qu'est ouverte la conférence, ses propos se font plus pressants, rapporte Antoine-Marie Izoard, correspondant de RFI à bord de l'avion du pape. Il n'y va pas par quatre chemins : « notre planète est à la limite d'un suicide car depuis la première conférence sur le climat à Kyoto en 1997, on a fait peu de choses et chaque année, les problèmes sont plus graves », regrette le souverain pontife.

Le chef de l'Eglise catholique, qui a consacré une encyclique à la sauvegarde de la création en prônant une écologie intégrale et humaine, évoque la fonte des glaciers au Groenland ou encore ce pays du Pacifique qui achète des terres pour déménager, car avec la montée du niveau de la mer, il n'existera plus d'ici 20 ans. Convaincu que la quasi-totalité de ceux qui participent à la COP21 sont conscients de l'urgence, le pape leur lance tout de même ce dernier avertissement : « c'est maintenant, ou jamais ! »

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