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    France

    Retour sur l'affaire Tapie-Crédit Lyonnais

    media Bernard Tapie sur le plateau du JT de France 2, le 1er juillet 2013. Dufour / Reuters

    Bernard Tapie a été condamné par la cour d’appel de Paris, jeudi 3 décembre, à rembourser 405 millions d’euros à l’Etat français pour mettre un terme au litige qui l’oppose au Crédit Lyonnais. Retour sur un conflit devenu une « affaire d’Etat » et sur son principal protagoniste : Bernard Tapie.
     

    L’affaire débute en 1990 lorsque Bernard Tapie rachète la marque Adidas, alors au bord du gouffre financier. En trois ans, l’homme d’affaires va la relancer avec un plan de restructuration aussi lourd qu’efficace. Dès 1993, Adidas, devenue la marque « aux trois bandes », renoue avec les bénéfices.

    Appelé à entrer au gouvernement de Pierre Bérégovoy en tant que ministre de la Ville, Bernard Tapie se retire des affaires (condition posée par le président socialiste, François Mitterrand) et décide alors de revendre l’équipementier sportif. Il confie l’opération à sa banque de l'époque, le Crédit Lyonnais, qui trouve assez rapidement des acquéreurs.

    La vente est finalisée en 1993 : Adidas est cédé à un groupement d’acheteurs pour un peu plus de 2 milliards de francs, soit 320 millions d'euros. Un an plus tard, l’entreprise est revendue intégralement à l’un des acheteurs initiaux, Robert Louis-Dreyfus, pour 3,5 milliards de francs. Bernard Tapie se dit « trahi » par sa banque et attaque le Crédit Lyonnais en justice.

    Le conflit s’enlise et dure pendant 13 ans

    En 2007, Nicolas Sarkozy est devenu président. Le Crédit Lyonnais, lui, est au bord de la faillite et ses comptes sont désormais gérés par une structure publique, le Consortium de réalisation (CDR) qui va accepter qu'un tribunal arbitral privé prenne une décision dans ce dossier.

    C'est chose faite en 2008 lorsque 400 millions d'euros sont accordés, au titre de dommages et intérêts, à Bernard Tapie. Déjà, à l'époque, des voix s'élèvent pour contester cette décision.

    En 2012, dès l'arrivée au pouvoir de François Hollande, une enquête pénale est ouverte. Les soupçons de fraude autour de la décision de 2008 conduisent les magistrats à placer six personnes en examen, dont Bernard Tapie et la ministre de l'Economie de l'époque, Christine Lagarde. Ce dossier est toujours en cours d'instruction.

    Sur le plan civil, la justice rétracte l’accord d’indemnisation de 2008 en première instance. L’appel formé par les avocats de Bernard Tapie était jugé au mois de septembre 2015 et le jugement a donc été rendu ce jeudi 3 décembre : Bernard Tapie n’a pas été floué par sa banque historique et doit rembourser 404 millions d'euros auxquels s’ajoutent les intérêts depuis 2008 et les frais d’arbitrage et de justice, soit plus d’un million d’euros.

    Dans les colonnes du journal Le Monde, ce vendredi 4 décembre, Bernard Tapie se dit « K.O. », « ruiné de chez ruiné », et affirme n'avoir, en fait, jamais vraiment touché les 400 millions accordés en 2008. Son avocat, maître Emmanuel Gaillard, a annoncé qu'il se pourvoyait en cassation, mais ce pourvoi n'est pas suspensif et le Consortium de réalisation (CDR) peut donc immédiatement exiger le remboursement. Ce jeudi, les avocats du CDR ont mis Bernard Tapie en garde contre toute tentative d'organiser son insolvabilité.

    Bernard Tapie, un homme au parcours aussi incroyable que chaotique

    Aujourd’hui âgé de 72 ans, issu d'une famille modeste de l’Ariège installée en région parisienne en 1923, Bernard Tapie a fait fortune dans les années 1980 en reprenant des sociétés en difficultés. Sa réussite, sa verve et un certain charisme en font, à la même époque, l'exemple de la « réussite à la française ».

    Après un premier essai infructueux sous les couleurs du RPR où il échoue à obtenir l’investiture dans une circonscription de Marseille, Bernard Tapie est lancé en politique après une rencontre avec François Mitterrand. Le président socialiste souhaite se représenter sur le thème de l’ouverture et cherche donc des personnalités fortes pour rejoindre les rangs de la majorité présidentielle.

    En 1988, Bernard Tapie se présente aux élections législatives dans la 6e circonscription de Marseille, réputée imprenable à la droite. Il échoue face au candidat RPR Guy Teyssier, mais le Conseil constitutionnel annule l’élection et Bernard Tapie est finalement élu député en 1989, sous l’étiquette « majorité présidentielle ». Ses scores aux deux élections feront dire à François Mitterrand : « Il m’épate ». Bernard Tapie deviendra alors le fer de lance de la majorité présidentielle contre l’extrême droite de Jean-Marie Le Pen. En septembre 1989, l'homme d'affaires sera ainsi le seul membre de la majorité présidentielle à « oser » aller affronter le président du Front national lors d’un débat télévisé sur la chaîne TF1.

    Trois ans plus tard, en 1992, il entre au gouvernement de Pierre Bérégovoy au poste de ministre de la Ville. Bernard Tapie est alors au sommet de sa gloire. Président de l'Olympique de Marseille depuis 1986, homme d'affaires à succès, son entrée au gouvernement est perçue d’un mauvais œil jusque dans les rangs socialistes. A partir de 1992, les ennuis judiciaires se succèdent. Jusqu'à la case prison, en 1996, dans l'affaire du match truqué entre Marseille et Valenciennes. Bernard Tapie sera incarcéré pendant six mois.

    S’ensuit une longue traversée du désert, jusqu’en 2007 et cette « victoire » dans l'affaire du Crédit Lyonnais qui vient de se transformer en une cuisante défaite pour cet homme qui s'est essayé à tout, même à la musique. Sans succès.

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