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COP21: nouveau projet d'accord, nombreuses incertitudes

media Le ministre français des Affaires étrangères et président de la COP21 Laurent Fabius a présenté une nouvelle ébauche d'accord, mercredi 9 décembre au Bourget. REUTERS/Stephane Mahe

Le sprint final est engagé au Bourget pour parvenir d'ici vendredi soir à un accord mondial pour contrer le réchauffement de la planète. Le ministre français des Affaires étrangères a présenté ce mercredi 9 décembre la version remaniée et allégée du document initial. Un nouveau texte loin de régler les points qui fâchent.

Avec nos envoyés spéciaux au Bourget,  Achim Lippold, Christine Siebert et Marie-Pierre Olphand

Tout le monde s’attendait à une séance tendue, mercredi soir. Et en effet, beaucoup de délégations ont exprimé leur mécontentement avec le texte présenté par Laurent Fabius. Beaucoup de questions restent à trancher : le financement, les objectifs climatiques à long terme, et la différenciation, c'est-à-dire que l’effort en faveur du climat doit être réalisé en fonction du pouvoir économique de chaque pays.

Sur l'ambition climatique à long terme, le négociateur de la Barbade a insisté : la COP doit absolument limiter le réchauffement à 1,5 degré et non à 2 degrés. « L’objectif doit être 1,5. C’est ça ce qui nous permet de survivre », a-t-il rappelé.

La surprise est venu du négociateur chinois Zhenhua Xie qui a salué au nom du groupe Basic, composé par la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud) la nouvelle version du texte : « Nous pensons que le texte actuel est ouvert, équilibré et peut servir de base pour continuer de rechercher des solutions aux autres questions », a-t-il déclaré.

Encore une nouvelle version pour vendredi après-midi

La bonne nouvelle, c’est que les négociations ont avancé sur d’autres thèmes comme par exemple l’adaptation aux changements climatiques. Du coup, le texte présenté par Laurent Fabius contient beaucoup moins d’options qu’auparavant. Le document a été réduit de 48 à 29 pages. Actuellement, les délégations sont en train de se pencher sur cette nouvelle version, qui n’est donc pas une version définitive mais une version qui intègre les propositions faites jusqu’à présent par les différents groupes de travail.

En tout cas, Laurent Fabius, lui, persiste et signe. Il souhaite que l’accord soit adopté au plus tard vendredi soir. Après cette réunion qui a duré presque trois heures mercredi soir, les délégations se sont remises au travail. Encore une fois la nuit aura été longue au Bourget. Le visage marqué par la fatigue, le président de la COP21 Laurent Fabius a poussé les négociateurs à chercher rapidement des compromis. « L'objectif c'est de pouvoir à partir de nos travaux de cette nuit présenter demain, en début d'après-midi, une nouvelle version du texte qui serait la plus rapprochée possible de ce que sera notre accord final vendredi », a-t-il souligné.

Négociations intensives en vue

Après avoir présenté ce nouveau texte mercredi dans la journée, Laurent Fabius avait salué « la bonne volonté des uns et des autres », grâce à laquelle « des points ont avancé, des compromis ont été déjà trouvés sur plusieurs points. C'est une bonne chose ». Mais le président de la COP21 a aussi regretté à demi-mots les points de blocage, rappelant que l'objectif est toujours « d'arriver en temps et en heure à un accord qui soit contraignant, universel et équitable, et qui permette enfin de lutter efficacement contre le dérèglement climatique. »

Nicolas Hulot, l'envoyé spécial de François Hollande pour la protection de la planète a quant à lui rappelé les deux principaux points à clarifier d'ici jeudi 10 décembre. « La chose la plus importante c'est que la clause de révision à la hausse doit prendre effet à partir de 2020. La situation ne nous permet pas d'attendre plus longtemps. Il en vaut de même pour les financements. Il est essentiel que la somme de 100 milliards soit bien considérée comme un plancher et que cette promesse de financement soit elle aussi soumise à un processus de révision à la hausse. »

Déception des ONG

De leur côté, les ONG jugent la nouvelle copie du texte décevante. « Nous ne constatons pas de progrès significatif, bien au contraire, a regretté Célia Gautier du réseau action climat France au micro de notre envoyée spéciale au Bourget Christine Siebert. Il reste encore trop de questions en suspens et les compromis qui sont en train de se dessiner derrière des portes closes, nous le sentons bien, se font encore et toujours au détriment des populations les plus vulnérables. »

Même si elle reconnaît « quelques avancées de processus, de forme », il n'y en a « toujours pas sur le fond », regrette Célia Gautier. Elle souligne également « deux visions diamétralement opposées dans le texte ». Un texte qui selon elle, « nous amènerait vers un monde à 3 degrés de réchauffement ou plus, et non pas 2 degrés de réchauffement maximum, qui est le seuil adopté par la communauté internationale. »

Washington va doubler son aide aux pays pauvres

Comment comptabiliser le soutien (prêts, dons, public, privé) et quels pays doivent contribuer ? Soucieux d'apporter une réponse à cette question qui bloque les discussions, John Kerry, le secrétaire d'Etat américain, a annoncé mercredi doubler l'aide américaine d'ici 2020 destinés aux pays en développement pour l'adaptation au dérèglement climatique. En 2014, cette aide s'est élevée à 430 millions de dollars. John Kerry a encore une souligné que la contribution de chaque pays doit se faire en fonction de son pouvoir économique et qu’un accord ne pourra pas être contraignant.

« Chaque pays doit s’engager en fonction des ses propres capacités », a déclaré le secrétaire d'Etat américain, rappelant que « ces capacités vont évoluer avec le temps », puisque des pays passeront à terme dans la catégorie des pays développés. « En sortant de cette conférence de Paris, chacun fera ce qu’il pourra, mais aucun pays n’est obligé de faire plus que ce dont il est capable et aucun pays ne devrait être intimidé à ce sujet. »

John Kerry a rappelé le souhait des Etats-Unis de ne pas voir de « punitions ni de sanctions ». En revanche, il admet qu'il faut un contrôle. « Nous participons tous à cette conférence en tant que partenaires. C’est ce qui fait que l’accord doit et peut fonctionner. Mais je souligne aussi que le droit de venir ici à la table de négociations avec des objectifs climatiques affichés ne veut pas dire qu’un pays qui signe cet accord peut ensuite ne pas respecter ses engagements. »

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