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    France: les 30 ans du Rafale

    media Avions de combat Rafale. JEAN-LUC BRUNET/AFP

    C'était il y a 30 ans, le 14 décembre 1985. Pour la première fois, l'avion de chasse français Rafale était présenté au public. C'était la première sortie officielle de l'avion quelques mois avant le premier vol qui devait se dérouler le 4 juillet 1986. A l’époque, le débat était vif autour de cet avion, entre les partisans d’un avion appareil 100% français et ceux d’une collaboration européenne. Finalement, la France décida de faire cavalier seul, et lança deux ans plus tard le programme.

    Jean-Claude Hironde, est surnommé « le père du Rafale ». Il dirigea les équipes de Dassault qui ont dessiné l'avion. Ce jour-là il était très fier. « Le 14 décembre 1985, nous avion mis l’avion dans l’usine des prototypes de Dassault, qui se situait à Saint-Cloud, sur les quais de Seine, près de Paris. C’était la première fois que le grand public pouvait voir l’avion assemblé, avec ses voilures, ses trains, sa dérive, c’était une grande fierté pour moi et mes équipes », confiait-il à RFI, lors d’un entretien réalisé en 2010.

    Vingt ans de développement

    Il aura fallu attendre deux décennies pour que l'avion entre en service dans l'armée de l'air française, sur la base aérienne de St-Dizier en 2006. En réalité l'avion présenté en 1985 n'était qu'un lointain cousin de l'appareil actuel. Il s’agissait d’un laboratoire volant destiné à valider la solution aérodynamique retenue pour le futur avion de combat français. Une configuration dite « aile-delta et canards » du nom des surfaces mobiles placées à l’avant de l’avion, servant à améliorer l’agilité en vol et les performances à basse vitesse de l’appareil. L’avion était aussi équipé de commandes de vol électriques « numériques » totalement nouvelles à cette époque.

    Vue originale des tuyères des réacteurs M88 du Rafale. Olivier Fourt/RFI

    Enfin le premier Rafale, désigné « ACX/Rafale-A » volera jusqu’en 1989 avec des réacteurs américains GE-F404, en attendant la mise au point du moteur français Snecma M88 qui l’équipe aujourd’hui. « Il y a deux raisons qui expliquent la longueur d’un tel programme d’armement : d’abord le Rafale est un projet complexe, mais ensuite c’est vrai que le Rafale est un avion qui a été conçu au moment de la guerre froide, et l’Union Soviétique s’est effondrée 5 ans après, donc il y a eu des réductions budgétaires en France, et cela a conduit à un étalement du programme de 5 à 10 ans », explique Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l’IRIS.

    Moins d’avions

    Au final, le Rafale est un avion quasiment 100% français, qui devrait être acheté à 225 exemplaires au total, pour les besoins de l’armée de l'air et la marine. C’est 60 avions de moins que ce qui était prévu avant le Livre blanc sur la défense de 2013. Avant ça, l'Etat comptait acheter 286 Rafale, ce qui portait alors le coût total du programme à 41 milliards d'euros. Un rapide calcul permet d’établir que chaque contribuable français a dû en moyenne sortir un peu plus de 3 euros par mois, pour le Rafale pendant 30 ans.

    Contactée par RFI, la Direction générale de l’armement (DGA) qui gère les grands programmes d’armement en France, n’a pas été en mesure de chiffrer le coût du programme en 2015, compte tenu des réductions de commandes liées à la nouvelle Loi de programmation militaire (LPM) et des premiers débouchés à l’exportation. « En principe, mécaniquement commander moins d’avion conduit à une augmentation du prix unitaire de l’appareil », laisse-t-on entendre de source industrielle. En 2013, le coût total par avion était estimé par la Cour des comptes à 142 millions euros, « ce qui n’est sûrement pas le prix -catalogue- du Rafale, c’est-à-dire le prix affiché aux clients étrangers », commente un expert du secteur militaire qui précise : « les acheteurs étrangers, payent leurs Rafale beaucoup moins cher » ! Combien exactement ? « Secret », répond-on à Paris.

    Retour sur investissement ?

    Après plusieurs occasions manquées comme au Maroc ou Brésil au début des années 2010, l’avion français prend enfin son envol à l’exportation grâce à une rigoureuse politique d’exportation menée par l’Etat et le constructeur. « L’Etat créait les conditions du partenariat, le constructeur négocie les prix », martèle-t-on à la Défense depuis l’arrivée de Jean-Yves Le Drian. Terminée donc la confusion des genres qui aurait coulé plusieurs contrats à l’exportation du temps de Nicolas Sarkozy. La méthode fonctionne en 2015. Les contrats « Rafale » font tourner la tête : 5 milliards d'euros en Egypte en comptant l'armement du Rafale mais aussi une Frégate d'une valeur de 500 millions d'euros et plus de 6 milliards annoncés au Qatar. Dassault attendait toujours, ces derniers jours, le chèque d’acompte en provenance de Doha. A ce stade, cela fait 48 avions au total à l’exportation. « C’est la garantie de maintenir au moins 7 000 emplois en France, le secteur de la défense est un secteur de souveraineté. Ces emplois sont non-délocalisables, nous avons déjà multiplié par trois nos cadences de production », assure la direction de Dassault.

    Il y a des moments ou l’on sait à quoi servent le travail, l’investissement, l’effort (…). Vive le Rafale, vive la République et vive la France
    François Hollande devant les ouvriers de Dassault en mars 2015 - Article d'Olivier Fourt

    « Le Rafale a traversé l’histoire politique de ce pays, il avait été remis en cause au début de la décennie 1990 par le Premier ministre de l’époque, Michel Rocard, et Français Mitterrand avait tenu à ce que programme continue (…) c’est la question de l’autonomie stratégie de la France chère au général De Gaulle mais aussi au président Mitterrand, c’est l’idée de ne pas dépendre des autres pour sa sécurité, (…) de fait la gauche s’est toujours retrouvé à soutenir Dassault alors qu’elle ne le souhaitait pas au départ ! », conclut Jean Pierre Maulny.

    La méthode Hollande

    Après l'arrivée au pouvoir de François Hollande, en 2012, l'Etat a même garanti à Dassault une commande annuelle de 11 avions par an, tout en espérant des ventes à l'exportation pour remplacer une partie des commandes nationales et ainsi étaler la facture nationale. Ainsi les trois premiers Rafale livrés à l’Egypte étaient à l’origine destinés à l’armée de l’air française qui récupérera plus tard les avions commandés.

    C’est l’armée de l’air qui devra prendre en charge les nouveaux pilotes arabes formés en France sur le Rafale. Cette partie formation fait l’objet d’un contrat précis, mais mobilise les hommes et les moyens de l’armée française. Fin janvier en Inde, il est question de l'achat par New Delhi de 36 avions de combats Rafale fabriqués en France. Ce qui fera une centaine de Rafale à construire pour l’exportation en attendant que le contrat lancé aux Emirats arabes unis en 2009 par Nicolas Sarkozy se débloque enfin.
     

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