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    Corse: les nouveaux dirigeants nationalistes appellent au calme

    media Le président de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni et le président du Conseil exécutif Gilles Simeoni, lors de leur rencontre avec des représentants de la communauté musulmane sur l'île de Beauté, le 28 décembre 2015. PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

    Les nouveaux dirigeants nationalistes de Corse ont fermement condamné, ce lundi 28 décembre, les manifestations racistes du week-end à Ajaccio, aux « antipodes » de leur conception de l'île, et ont appelé à « l'apaisement ». « Il faut revenir à une situation apaisée », a déclaré le président de l'Assemblée, l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni, lors d'une visite à la caserne des pompiers agressés le soir de Noël.

    « L'agression inqualifiable dont vous avez été victime ne doit pas servir de prétexte à des déferlements racistes, a déclaré Jean-Guy Talamoni devant les pompiers. Il faut de la fermeté, il faut réaffirmer les principes. »

    « Ce qui s'est passé ces dernières heures est en contradiction formelle avec ce que nous sommes au plus profondément », a ajouté le président de l'Assemblée de Corse, pointant l'extrême droite. « On sait qu'il y a un certain nombre de groupuscules d'extrême droite qui s'agitent en Corse depuis quelques mois », avait-il affirmé plus tôt, appelant à « faire en sorte que cette greffe ne puisse pas prendre dans la société corse. [...] Il s'agit d'idéologies importées, qui n'ont rien a voir avec notre pensée politique, notre culture », avait-il insisté.

    Racisme

    Le nouveau président de l'exécutif, Gilles Simeoni, autre figure du nationalisme corse, qui s'est lui aussi rendu à la caserne, avait déclaré dans la matinée que ce mouvement « est totalement aux antipodes de tous les phénomènes de racisme, de xénophobie ou d'exclusion. [...] Notre nationalisme est une démarche progressiste, qui est l'affirmation de l'existence d'un peuple, le peuple corse, et la conception du peuple corse est ouverte, généreuse, accueillante », a-t-il assuré à Europe 1.

    « Pendant la Seconde Guerre mondiale, les juifs étaient protégés en Corse, il n'y a pas eu de déportation des juifs, ce qui faisait dire à certains responsables de la communauté juive que la Corse a été l'île des Justes », avait également souligné le président de l'Assemblée Jean-Guy Talamoni, sur France Inter.

    « Cette île des Justes ne peut pas accepter qu'il y ait des dégradations de lieu de culte. C'est quelque chose d'absolument incompatible avec notre tradition politique, avec notre culture », a-t-il poursuivi, après le saccage d'une salle de prière musulmane vendredi.

    Soutien aux pompiers

    Quelques dizaines d'Ajacciens se sont regroupés ce lundi matin, avant la visite des leaders nationalistes, devant la caserne des pompiers, pour leur manifester leur soutien. « On a carrément compris qu'on n'était pas les bienvenus, ni la police, ni les pompiers, ce soir-là sur cette intervention, a témoigné Yohann, l'un des pompiers agressés. C'était "vous êtes pas chez vous, allez-vous en, sales Corses, cassez-vous" », a-t-il raconté sur RTL

    Deux suspects, interpellés dimanche, ont vu leur garde à vue prolongée lundi, a indiqué à l'Agence France-Presse (AFP) le procureur de la République Eric Bouillard. Un autre suspect aurait quitté l'île, a par ailleurs indiqué une source judiciaire, précisant que l'un de ses proches était entendu lundi comme témoin par la police, précise l'AFP.

    Les violences de la nuit de Noël ont déclenché une série de manifestations et de débordements racistes qui font l'objet d'une enquête judiciaire. Le préfet de Corse a décidé de « sanctuariser » le quartier populaire des Jardins de l'Empereur en y interdisant tout rassemblement jusqu'au 4 janvier. Lundi, la situation était calme, selon plusieurs journalistes sur place.

    (Avec AFP)

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