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    France

    2015: le FN poursuit sa progression malgré l’exclusion de son fondateur

    media Le FN de Marine Le Pen compte désormais 420 conseillers au total dans les régions et les départements. REUTERS/Yves Herman

    Pour le parti français d’extrême-droite, l’année qui s’écoule aura été riche en émotions. Une année marquée à la fois par l’exclusion de son fondateur, Jean-Marie Le Pen, mais également par de bons résultats électoraux. En rassemblant plus de 6,8 millions d’électeurs au second tour des régionales, le Front national (FN) enregistre un résultat historique. Sans être parvenu toutefois à remporter une seule collectivité.

    Le bilan est paradoxal. D’un côté, le FN n’est pas parvenu à décrocher la moindre présidence de collectivité. C’est là un échec pour sa présidente, Marine Le Pen, qui tablait sur des victoires dans quatre à cinq régions. Mais, malgré ce revers, la formation d’extrême droite poursuit sa progression. Près de 7 millions de personnes se sont portées sur ses candidats au second tour des régionales. C’est là un résultat historique. Jamais le Front national n’avait rassemblé autant d’électeurs.

    « Incontestablement le Front national élargit considérablement son audience et son influence dans la société française, explique Jérôme Fourquet est directeur du département Opinions de l’Ifop. Autre point de satisfaction qui va dans le sens de la stratégie de long terme suivie par Marine Le Pen : l’implantation locale fonctionne puisqu’on s’aperçoit que ce parti, aux élections départementales, a conquis les cantons rattachés aux communes gagnés l’année dernière et qu’aux régionales, les listes frontistes ont fait des scores spectaculaires et en progression dans ces mêmes villes. »

    Le FN compte désormais 420 conseillers dans les régions et les départements. Un nombre d’élus en nette augmentation qui devrait permettre à Marine Le Pen de réunir cette fois sans soucis les 500 parrainages requis pour se présenter à l'élection présidentielle.

    Une exclusion sans conséquence

    L’éviction de Jean-Marie Le Pen n’aura pas porté préjudice à la formation d’extrême-droite. Au contraire, cela lui aurait même permis de gagner des voix lors des régionales, à en croire Jérôme Fourquet. Quoiqu’il en soit, cette exclusion restera comme l’un des moments marquants de l’année écoulée. Le 20 août, Jean-Marie Le Pen prenait la porte du parti qu’il avait cofondé en 1972. Exclu pour ses propos sur les chambres à gaz, sur le maréchal Pétain et pour s'en être pris à sa fille Marine, la présidente du parti. Une exclusion qu'il n’a toujours pas digérée…

    Cet épisode à rebondissements aura quelque peu éclipsé les autres temps forts de l'année frontiste, comme la création d’un groupe au Parlement européen ou encore la multiplication des affaires. Dans le collimateur de la justice notamment, Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen. Explications de Marine Turchi, journaliste à Médiapart, une des meilleures spécialistes du dossier : « Jeanne et Riwal, l’entreprise prestataire numéro un du Front national, auraient mis en place un montage qui permet en gros d’être au préjudice final de l’Etat. C’est-à-dire qu’on vend des kits [de campagne] aux candidats FN, des kits qui sont visiblement surfacturés. On prête aux candidats FN de l’argent à un taux extrêmement élevé. Les intérêts sont emmagasinés par le microparti mais tout ça à la fin ce sont des dépenses électorales déclarées par les candidats quand ils ont fait plus de 5% des voix. » Dans ce dossier, pas moins de neuf personnes ont été mises en examen. Si Marine Le Pen n’est pas pour l’instant directement mise en cause, la présidente du FN a déjà refusé de se rendre à deux reprises chez les juges. Ces derniers devraient donc une nouvelle fois la convoquer en 2016.

    Les idées frontistes gagnent du terrain

    Alors quelle stratégie le FN va-t-il adopter en vue de 2017 ? Seul, le parti aura du mal à être majoritaire, on l’a vu lors des régionales. Va-t-il alors tenter d’élargir son spectre en nouant des alliances ? Réponse de Wallerand de Saint-Just, le trésorier du Front national : « Si des gens comme Philippe de Villiers ou Eric Zemmour supportent - au sens footballistique du terme - Marine Le Pen pour la présidentielle, ce sera très bien. Mais le problème reste entier : nous ne nous allierons jamais avec des gens qui ont des idées ou des programmes éloignés des nôtres. »

    Au FN, on rêve d’une recomposition du champ politique. Et de la constitution d’un pôle souverainiste autour du Front national. Un scénario loin d’être écrit, même si les idées frontistes gagnent du terrain. La déchéance de la nationalité pour les binationaux nés en France a été inclue mercredi dernier dans le projet de révision constitutionnelle proposé par François Hollande. Or, l’idée vient de l’extrême-droite. « Encore une victoire idéologique », s'est lourdement félicité, mercredi dernier, Florian Philippot, le bras droit de Marine Le Pen.

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