GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mardi 6 Décembre
Mercredi 7 Décembre
Jeudi 8 Décembre
Vendredi 9 Décembre
Aujourd'hui
Dimanche 11 Décembre
Lundi 12 Décembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Urgent
    Présidentielle au Ghana: le président sortant a concédé sa défaite (parti)
    Dernières infos
    France

    Mort de Pierre Boulez, le maestro de tout un siècle

    media Pierre Boulez lors de son concert avec l’orchestre de Paris sous la pyramide du Louvre, en décembre 2011. Le maestro est décédé le 5 janvier 2016 à Baden-Baden. MIGUEL MEDINA / AFP

    Compositeur et chef d’orchestre vénéré dans le monde entier, Pierre Boulez est décédé, à l’âge de 90 ans, le mardi 5 janvier à Baden-Baden, lieu de sa résidence en Allemagne où il vivait depuis les années 1960. Personnage éminent du XXe siècle musical avant-gardiste, le maestro avait marqué son époque avec ses concerts et compositions, mais aussi avec des institutions initiées par lui comme l’Ensemble intercontemporain, l’Ircam, la Cité de la Musique ou la Philharmonie.

    C'était en novembre 2012, au théâtre des Bouffes du Nord, lors d'une de ses toutes dernières apparitions à Paris. Malgré son grand âge et ses soucis de santé, le maestro avait tenu à être présent à la première d'une de ses pièces composées en 1948, le Livre pour quatuor, interprété par le Quatuor Diotima entre Schoenberg et Beethoven. Avec le pas hésitant, mais la volonté intacte, Pierre Boulez avait sublimé cette soirée. Tous les spectateurs étaient conscients d’être en présence d’une personnalité qui avait traversé et changé la musique du XXe siècle.

    Pierre Boulez, un chef d'orchestre hors norme

    Sa dernière très grande création, il ne l'a plus vue de ses propres yeux. Avec ses soucis de santé et de vue ces dernières années, Pierre Boulez n'a ni assisté à l'inauguration de la Philharmonie en janvier 2015 ni au concert à son honneur lors de son 90e anniversaire dans cette salle grandiose pour laquelle il avait œuvré avec tout son cœur et son influence politique depuis 40 ans.

    Car le maestro était un chef d'orchestre hors norme pour une raison simple: il n'a pas été seulement une institution dans l'univers musical mondial. Il a été aussi à l'origine de la création de trois institutions musicales de renom mondial : l’Ensemble intercontemporain, fondé en 1976, l'Ircam, créé en 1977, et la Philharmonie réalisée en 2015 par Jean Nouvel, la star mondiale de l'architecture.

    Né le 26 mars 1925 à Montbrison dans la Loire, Pierre Boulez est issu d’une famille bourgeoise. À l’âge de sept ans, il commence à étudier le piano, trois ans plus tard, il se met déjà à interpréter des pièces de Frédéric Chopin. À 18 ans, il déménage à Paris. Son concours d’entrée pour la classe de piano est un échec, par contre, il réussit à intégrer la classe d’harmonie d’Olivier Messiaen.

    De la « Première sonate pour piano » au « Sacre du Printemps »

    Après la guerre, à l’âge de 21 ans, il compose sa Première sonate pour piano. Pour gagner sa vie, il n’hésite pas à jouer aux Folies Bergère. Entre 1946 et 1956, il fait aussi partie de la légendaire compagnie de théâtre Renaud-Barrault en tant que « chef de la musique » avant de percer dans le monde de la musique avec Le Marteau sans maître, composée entre 1953 et 1955 sur des textes de René Char.

    En 1956, au Venezuela, remplaçant le chef d’orchestre Hermann Scherchen, Boulez dirige pour la première fois une grande formation symphonique. À la fin des années 1950, l’Orchestre symphonique du Südwestfunk l’appelle pour diriger l’orchestre à Baden-Baden, ville de sa future résidence. Cela sera un tremplin pour sa carrière. En 1963, au Théâtre des Champs-Élysées, il marque le cinquantenaire du Sacre du printemps de Stravinsky avec son interprétation presque violente. Autre date fondatrice de ce génie musical : sa création du Parsifal le plus rapide de l’histoire de Bayreuth, en 1966. Un succès répété et multiplié entre 1976 et 1980 avec la Tetralogie mise en scène par Patrice Chéreau, entrée dans les annales du Festival de Bayreuth.

    L'Opéra de Paris, un « ghetto plein de merde et de poussière »

    Célébré dans le monde entier, Pierre Boulez se sentait souvent mal compris et mal aimé dans son propre pays. Désavoué en 1966 par le ministre de la Culture André Malraux pour prendre la tête de la direction de la musique, de l’art lyrique et de la danse, Pierre Boulez claque la porte en fustigeant l’Opéra de Paris d’être un « ghetto plein de merde et de poussière ». Ses plus grands succès, il les doit dorénavant à ses collaborations avec des orchestres à l'étranger : de Cleveland en passant par l’orchestre philharmonique de New York succédant à Leonard Bernstein, en passant par le BBC Symphony Orchestra à Londres. Dans les années 1970, aucun orchestre français ne fait appel à ses talents. C’est en 1976 qu’il rentre en France pour faire naître et diriger l’Ensemble intercontemporain, entièrement dédié à la musique contemporaine.

    Avec sa grande tête de penseur, ses yeux pétillants, ses oreilles d’une très grande écoute et ses mains d'un sculpteur modulant les sons et l'espace, Boulez dégageait un mélange de subtilité et de radicalité, une fusion entre la force de l'esprit et d’une musicalité incarnée. Il préférait diriger ses orchestres sans baguette, sans doute par volonté d’aller à l'essentiel sans béquilles.

    Sa recherche de l'excellence l'a souvent poussé à chercher la rencontre avec le grand public. Ses concerts sous la grande pyramide du Louvre représentent bien cette quête de l'universalité, de la qualité et de la popularité.

    Une œuvre trempée dans l’insolence et la radicalité intemporelle

    Aujourd’hui, comment commémorer Boulez ? Essayons Répons, œuvre fétiche et emblématique de la musique spatialisée, créée en 1981 et retravaillée à plusieurs reprises. Le maître croyait dur comme fer à la création continue. Ce chef d’œuvre présenté en juin dernier à la Philharmonie englobe aussi bien des allusions à la musique liturgique, le chant grégorien ou l’architecture qu’une mise en espace où le public entoure l’orchestre comme dans une arène. En dehors du cercle, les six solistes côtoient un système électroacoustique sophistiqué élaboré par l’Ircam pour être dirigés en temps réel par un ingénieur qui enregistre et traficote les sons diffusés dans la salle.

    Parions que même 50 ans après la mort du maître, la musique de Boulez n'aura rien perdu de son insolence et de sa radicalité intemporelle.

    Pierre Boulez était un homme de tradition.
    François Meimoun, compositeur et auteur de « Pierre Boulez : La Naissance d’un compositeur » (éditions Aedam musicae, 2010) 06/01/2016 - par Elisabeth Lequeret Écouter

    Mes œuvres ne sont pas finies…
    Pierre Boulez sur ses compositions, dans l’émission Culture Vive de RFI en 2008. 06/01/2016 - par Pascal Paradou Écouter

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.